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	<title>Les chroniques de Thomas</title>
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		<title>Les chroniques de Thomas</title>
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		<title>Le &#171; filioque &#187; : une question qui divise l'&#201;glise ?</title>
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		<dc:creator>Thomas</dc:creator>

<category domain="http://meurgues.fr/spip/spip.php?rubrique1">Catholicisme</category>


		<description>La Commission th&#233;ologique orthodoxe-catholique d'Am&#233;rique du Nord, de 1999 &#224; 2003, a centr&#233; son dialogue sur une question reconnue pendant plus de douze si&#232;cles comme une des raisons principales de la division de nos &#201;glises : nos mani&#232;res divergentes de concevoir et de parler de l'origine du Saint-Esprit, &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de la vie de Dieu trine. &lt;br /&gt;Nos deux traditions professent la &#171; foi de Nic&#233;e &#187; comme la formulation normative de notre compr&#233;hension de Dieu et de son action dans sa cr&#233;ation, et elles (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Commission th&#233;ologique orthodoxe-catholique d'Am&#233;rique du Nord, de 1999 &#224; 2003, a centr&#233; son dialogue sur une question reconnue pendant plus de douze si&#232;cles comme une des raisons principales de la division de nos &#201;glises : nos mani&#232;res divergentes de concevoir et de parler de l'origine du Saint-Esprit, &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de la vie de Dieu trine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nos deux traditions professent la &#171; foi de Nic&#233;e &#187; comme la formulation normative de notre compr&#233;hension de Dieu et de son action dans sa cr&#233;ation, et elles consid&#232;rent la version r&#233;vis&#233;e, associ&#233;e avec le premier Concile de Constantinople (381), comme l'expression classique de cette foi. La plupart des catholiques cependant et les autres chr&#233;tiens d'Occident ont employ&#233;, au moins depuis la fin du sixi&#232;me si&#232;cle, une traduction latine de ce Credo, qui ajoute &#224; la confession que le Saint-Esprit &#171; proc&#232;de du P&#232;re &#187; les mots &#171; Filioque &#187; (&#171; et du Fils &#187;). Pour la plupart des chr&#233;tiens occidentaux ces mots restent une des formulations centrales de leur foi, proclam&#233;e dans la liturgie, et fondement de la cat&#233;ch&#232;se et de la r&#233;flexion th&#233;ologique. Pour les Catholiques et la majorit&#233; des Protestants, il s'agit simplement d'une donn&#233;e de l'enseignement courant de l'&#201;glise, et en tant que tel, partie int&#233;grante de leur compr&#233;hension du dogme de la Sainte Trinit&#233;. En effet, au moins depuis la fin du huiti&#232;me si&#232;cle la pr&#233;sence du &#171; Filioque &#187; dans la version occidentale du Credo a &#233;t&#233; une cause de scandale pour les chr&#233;tiens d'Orient, aussi bien en raison de la th&#233;ologie trinitaire qu'elle exprime, qu'en raison de son adoption par un nombre croissant d'&#201;glises en Occident comme formulation canonique d'un concile &#339;cum&#233;nique re&#231;u, sans accord &#339;cum&#233;nique pr&#233;alable. Au fur et &#224; mesure qu'au cours du moyen &#226;ge la division entre chr&#233;tiens d'Orient et d'Occident s'aggravait, la th&#233;ologie associ&#233;e avec le &#171; Filioque &#187; et les questions de la structure de l'&#201;glise et de l'autorit&#233; en son sein, soulev&#233;es par son adoption, sont devenues un symbole des diff&#233;rences, un signe &#233;vident de ce que chaque partie de la chr&#233;tient&#233; divis&#233;e trouvait comme manque ou distorsion chez l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre &#233;tude commune de cette question a impliqu&#233; notre Commission dans une intense recherche commune, une r&#233;flexion priante et des discussions intenses. Nous esp&#233;rons que beaucoup d'&#233;tudes pr&#233;sent&#233;es au cours des ann&#233;es par les membres de notre Commission pourront &#234;tre publi&#233;es en un volume pour pr&#233;senter le contexte acad&#233;mique de notre d&#233;claration commune. Un th&#232;me aussi complexe que celui trait&#233;, aussi bien du point de vue historique que du point de vue th&#233;ologique, exige des explications d&#233;taill&#233;es pour discerner clairement les vraies questions. Nos discussions et notre d&#233;claration commune ne mettront pas fin automatiquement &#224; des si&#232;cles de d&#233;saccord entre nos &#201;glises. Mais nous esp&#233;rons qu'elles contribueront &#224; la croissance de l'entente et du respect mutuels, et que, au temps voulu par Dieu, nos &#201;glises ne consid&#233;reront plus comme une cause de s&#233;paration la mani&#232;re dont nous r&#233;fl&#233;chissons &#224; et parlons de cet Esprit, dont le fruit est amour et paix (cf. Gal 5, 22).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;I. Le Saint-Esprit dans les &#201;critures&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-400x574/Trinidad-400x574.jpg' width='400' height='574' alt=&quot;&quot; /&gt;
&lt;/span&gt;Dans l'Ancien Testament &#171; l'esprit de Dieu &#187;, ou &#171; l'esprit du Seigneur &#187; se pr&#233;sente plut&#244;t comme une manifestation de la puissance cr&#233;atrice de Dieu &#8211; le &#171; souffle &#187; de Dieu (ruach YHWH) &#8211; fa&#231;onnant le monde comme un lieu ordonn&#233; et habitable pour son peuple et suscitant des individus pour conduire son peuple sur le chemin de la saintet&#233;. Dans les premiers versets de la Gen&#232;se, l'esprit de Dieu &#171; plane &#224; la surface des eaux &#187; pour ordonner le chaos [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; id=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Gn 1, 2' &gt;1&lt;/a&gt;]. Dans les r&#233;cits historiques d'Isra&#235;l, le m&#234;me esprit &#171; s'agite &#187; dans les chefs du peuple [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb2&quot; name=&quot;nh2&quot; id=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Juges 13, 25 : Samson' &gt;2&lt;/a&gt;]. C'est lui qui fait proph&#232;tes les rois et les chefs militaires [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb3&quot; name=&quot;nh3&quot; id=&quot;nh3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] 1 Sam 10, 9-12 ; 19, 18-24 : Saul et David' &gt;3&lt;/a&gt;]. C'est lui qui permet aux proph&#232;tes de &#171; porter la bonne nouvelle aux afflig&#233;s &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb4&quot; name=&quot;nh4&quot; id=&quot;nh4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] Is 61, 1 ; cf. 42, 1 ; 2 R 2, 9' &gt;4&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Seigneur dit &#224; Mo&#239;se qu'il a &#171; rempli &#187; Be&#231;alel, l'artisan, &#171; de l'esprit de Dieu &#187;, afin de lui permettre de fa&#231;onner tout le mobilier du tabernacle en accord avec le projet divin [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb5&quot; name=&quot;nh5&quot; id=&quot;nh5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Ex 31, 3' &gt;5&lt;/a&gt;]. Quelquefois le &#171; saint-esprit &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb6&quot; name=&quot;nh6&quot; id=&quot;nh6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] Ps 51, 13' &gt;6&lt;/a&gt;] ou l' &#171; esprit bon &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb7&quot; name=&quot;nh7&quot; id=&quot;nh7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] Ps 143, 10' &gt;7&lt;/a&gt;] du Seigneur semble manifester sa conduite dans les personnes et dans la nation toute enti&#232;re, purifiant leurs esprits [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb8&quot; name=&quot;nh8&quot; id=&quot;nh8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] Ps 51, 12-14' &gt;8&lt;/a&gt;] et les aidant &#224; garder ses commandements, mais attrist&#233; par leur p&#233;ch&#233;. La puissante vision de la restauration d'Isra&#235;l par le proph&#232;te &#201;z&#233;chiel, victoire sur la d&#233;faite de la mort et de l'exil, le &#171; souffle &#187; qui retourne aux cadavres dess&#233;ch&#233;s du peuple, devient une image du souffle m&#234;me de Dieu recr&#233;ant le peuple : &#171; Je mettrai mon esprit en vous et vous vivrez&#8230; &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb9&quot; name=&quot;nh9&quot; id=&quot;nh9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[9] Ez 37, 14' &gt;9&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#233;crits du Nouveau Testament parlent habituellement de l'Esprit de Dieu (pneuma Theou) d'une mani&#232;re plus personnelle et l'associent intimement &#224; la personne et &#224; la mission de J&#233;sus. Matthieu et Luc indiquent clairement que Marie con&#231;oit J&#233;sus en son sein par la puissance du Saint-Esprit, qui la &#171; couvre de son ombre &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb10&quot; name=&quot;nh10&quot; id=&quot;nh10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[10] Mt 1, 18. 20 ; Lc 1, 35' &gt;10&lt;/a&gt;]. Les quatre &#233;vangiles attestent que Jean le Baptiste, qui lui-m&#234;me &#233;tait &#171; rempli de l'Esprit Saint depuis le sein de sa m&#232;re &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb11&quot; name=&quot;nh11&quot; id=&quot;nh11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[11] Lc 1, 15' &gt;11&lt;/a&gt;], a t&#233;moign&#233; de la descente du m&#234;me Esprit sur J&#233;sus, dans une manifestation visible de la puissance et de l'&#233;lection de Dieu, au moment du bapt&#234;me de J&#233;sus [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb12&quot; name=&quot;nh12&quot; id=&quot;nh12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[12] Mt 3, 16 ; Mc 1, 10 ; Lc 3,22 ; Jn 1, 33' &gt;12&lt;/a&gt;]. Le Saint-Esprit conduit J&#233;sus au d&#233;sert pour lutter contre le diable [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb13&quot; name=&quot;nh13&quot; id=&quot;nh13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[13] Mt 4, 1 ; Lc 4, 1' &gt;13&lt;/a&gt;], le remplit de la force proph&#233;tique au d&#233;but de sa mission [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb14&quot; name=&quot;nh14&quot; id=&quot;nh14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[14] Lc 4, 18-21' &gt;14&lt;/a&gt;] et se manifeste dans ses exorcismes [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb15&quot; name=&quot;nh15&quot; id=&quot;nh15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[15] Mt 12, 28-32' &gt;15&lt;/a&gt;]. Jean le Baptiste a caract&#233;ris&#233; la mission de J&#233;sus comme un &#171; bapt&#234;me &#187; de ses disciples &#171; par le Saint-Esprit et par le feu &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb16&quot; name=&quot;nh16&quot; id=&quot;nh16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[16] Mt 3, 11 ; Lc 3, 16 ; cf. Jn 1, 33' &gt;16&lt;/a&gt;], proph&#233;tie accomplie par les merveilles de la Pentec&#244;te [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb17&quot; name=&quot;nh17&quot; id=&quot;nh17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[17] Act 1, 5' &gt;17&lt;/a&gt;], lorsque les disciples furent &#171; rev&#234;tus de la force d'en haut &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb18&quot; name=&quot;nh18&quot; id=&quot;nh18&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[18] Lc 24, 49 ; Act 1, 8' &gt;18&lt;/a&gt;]. Le r&#233;cit des Actes montre que l'Esprit Saint unifie continuellement la communaut&#233; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb19&quot; name=&quot;nh19&quot; id=&quot;nh19&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[19] 4, 31-32' &gt;19&lt;/a&gt;], rend Etienne capable de t&#233;moigner de J&#233;sus par sa vie [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb20&quot; name=&quot;nh20&quot; id=&quot;nh20&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[20] 8, 55' &gt;20&lt;/a&gt;]. Sa pr&#233;sence charismatique chez les pa&#239;ens croyants rend &#233;vident qu'eux aussi sont appel&#233;s &#224; &#234;tre baptis&#233;s en Christ [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb21&quot; name=&quot;nh21&quot; id=&quot;nh21&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[21] Act 10, 47' &gt;21&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lors de son discours d'adieu dans l'&#201;vangile de Jean, J&#233;sus parle du Saint-Esprit comme de celui qui continuera son &#339;uvre dans le monde apr&#232;s son retour au P&#232;re. Il est &#171; l'Esprit de la v&#233;rit&#233; &#187;, qui agira comme &#171; un autre avocat (parakl&#232;tos) &#187; pour enseigner et guider ses disciples [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb22&quot; name=&quot;nh22&quot; id=&quot;nh22&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[22] Jn 14, 16-17' &gt;22&lt;/a&gt;], leur rappelant tout ce que J&#233;sus lui-m&#234;me a enseign&#233; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb23&quot; name=&quot;nh23&quot; id=&quot;nh23&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[23] Jn 14, 26' &gt;23&lt;/a&gt;]. Dans cette section de l'&#201;vangile J&#233;sus nous donne de mieux percevoir la relation entre cet &#171; avocat &#187;, lui-m&#234;me et son P&#232;re. J&#233;sus promet de l'envoyer &#171; d'aupr&#232;s du P&#232;re &#187;, comme &#171; l'Esprit de la v&#233;rit&#233; qui proc&#232;de du P&#232;re &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb24&quot; name=&quot;nh24&quot; id=&quot;nh24&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[24] Jn 15, 26' &gt;24&lt;/a&gt;]. La v&#233;rit&#233; qu'Il enseigne sera celle que J&#233;sus a r&#233;v&#233;l&#233;e dans sa personne [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb25&quot; name=&quot;nh25&quot; id=&quot;nh25&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[25] cf. Jn 1, 14 ; 14, 6' &gt;25&lt;/a&gt;] : &#171; Il me glorifiera, parce qu'Il prendra ce qui est &#224; moi et vous l'annoncera. Tout ce que le P&#232;re a est &#224; moi. C'est pourquoi j'ai dit qu'il prendra ce qui est &#224; moi et vous l'annoncera &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb26&quot; name=&quot;nh26&quot; id=&quot;nh26&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[26] Jn 16, 14-15' &gt;26&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;p&#238;tre aux H&#233;breux pr&#233;sente l'Esprit seulement comme celui qui parle dans les &#201;critures avec sa voix propre [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb27&quot; name=&quot;nh27&quot; id=&quot;nh27&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[27] H&#233;b 3, 7 ; 9, 8' &gt;27&lt;/a&gt;]. Dans les lettres de Paul, le Saint-Esprit de Dieu est aussi celui qui a d&#233;finitivement &#171; &#233;tabli &#187; J&#233;sus comme &#171; Fils de Dieu en puissance &#187; en devenant l'agent de sa r&#233;surrection [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb28&quot; name=&quot;nh28&quot; id=&quot;nh28&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[28] Rom 1, 4 ; 8, 11' &gt;28&lt;/a&gt;]. Le m&#234;me Esprit, qui maintenant nous a &#233;t&#233; communiqu&#233;, nous rend conformes au Seigneur ressuscit&#233;, nous donnant l'esp&#233;rance de la r&#233;surrection et de la vie [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb29&quot; name=&quot;nh29&quot; id=&quot;nh29&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[29] Rom 8, 11' &gt;29&lt;/a&gt;], faisant de nous des enfants et des h&#233;ritiers de Dieu [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb30&quot; name=&quot;nh30&quot; id=&quot;nh30&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[30] Rom 8, 14-17' &gt;30&lt;/a&gt;], et transformant nos mots et m&#234;me notre g&#233;missement en une pri&#232;re traduisant l'esp&#233;rance [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb31&quot; name=&quot;nh31&quot; id=&quot;nh31&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[31] Rom 8, 23-27' &gt;31&lt;/a&gt;]. &#171; Et l'esp&#233;rance ne d&#233;&#231;oit pas parce que l'amour de Dieu a &#233;t&#233; r&#233;pandu dans nos c&#339;urs par l'Esprit Saint qui nous a &#233;t&#233; donn&#233; &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb32&quot; name=&quot;nh32&quot; id=&quot;nh32&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[32] Rom 5, 5' &gt;32&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;II. Consid&#233;rations d'ordre historique&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au cours des premiers si&#232;cles de l'&#201;glise, les traditions latines et grecques ont rendu t&#233;moignage &#224; la m&#234;me foi apostolique, mais ont d&#233;crit de mani&#232;res diff&#233;rentes la relation entre les Personnes de la Trinit&#233;. La diff&#233;rence refl&#233;tait en g&#233;n&#233;ral certains d&#233;fis pastoraux de l'&#201;glise en Occident et en Orient. Le Credo de Nic&#233;e (325) articulait la foi de l'&#201;glise face &#224; l'h&#233;r&#233;sie arienne qui niait la pleine divinit&#233; du Christ. Au cours des ann&#233;es qui suivirent le Concile de Nic&#233;e, l'&#201;glise devait encore faire face &#224; des opinions contestant aussi bien la pleine divinit&#233; et la pleine humanit&#233; du Christ que la divinit&#233; du Saint-Esprit. Face &#224; ces d&#233;fis, les p&#232;res au Concile de Constantinople (381) ont confirm&#233; la foi de Nic&#233;e et ont propos&#233; un Credo plus explicite, bas&#233; sur celui de Nic&#233;e, mais avec des ajouts significatifs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La confession &#233;largie de ce Credo concernant le Saint-Esprit est particuli&#232;rement digne d'attention. Elle est nettement influenc&#233;e par le trait&#233; classique &#171; Du Saint-Esprit &#187; de Basile de C&#233;sar&#233;e, probablement achev&#233; quelques six ans auparavant. Le Credo de Constantinople a confess&#233; la foi de l'&#201;glise dans la divinit&#233; de l'Esprit en disant : &#171; et dans le Saint-Esprit, Seigneur et Vivificateur, qui proc&#232;de (ekporeuetai) du P&#232;re ; qui avec le P&#232;re et le Fils est ador&#233; et glorifi&#233;, qui a parl&#233; par les proph&#232;tes &#187;. Bien que le Credo ait &#233;vit&#233; d'appeler l'Esprit explicitement &#171; Dieu &#187;, ou d'affirmer, comme l'avaient fait Athanase et Gr&#233;goire de Nazianze, que l'Esprit est &#171; de la m&#234;me substance &#187; que le P&#232;re et le Fils (affirmations qui sans nul doute auraient pu para&#238;tre extr&#234;mes &#224; certains contemporains de grande prudence th&#233;ologique), le Concile cependant avait l'intention de confesser par ce texte la foi de l'&#201;glise dans la pleine divinit&#233; de l'Esprit Saint, en s'opposant notamment &#224; ceux qui consid&#233;raient l'Esprit comme une cr&#233;ature. Le Concile, dans le m&#234;me temps, ne se pr&#233;occupait pas de sp&#233;cifier le mode de l'origine de l'Esprit, ou de sp&#233;cifier les relations de l'Esprit avec le P&#232;re et le Fils.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les actes du Concile de Constantinople sont perdus. Mais le texte de son Credo est cit&#233; et formellement reconnu comme normatif, tout comme le Credo de Nic&#233;e, dans l'&#233;nonc&#233; de foi formul&#233; au Concile de Chalc&#233;doine (451).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En moins d'un si&#232;cle le Credo de 381 a fini par devenir la norme dans la d&#233;finition de la foi, et au d&#233;but du sixi&#232;me si&#232;cle, il &#233;tait m&#234;me proclam&#233; au cours de l'Eucharistie &#224; Antioche, Constantinople et en d'autres r&#233;gions de l'Orient. Dans certaines r&#233;gions des &#201;glises d'Occident aussi le Credo fut introduit dans l'Eucharistie, peut-&#234;tre &#224; partir du 3e Concile de Tol&#232;de en 589. Le Credo cependant n'a pas &#233;t&#233; ins&#233;r&#233; dans l'Eucharistie &#224; Rome avant le 11e si&#232;cle, ce qui a eu une certaine importance dans le processus de l'acceptation officielle par l'Occident du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'existe aucune attestation claire du processus qui a conduit &#224; ins&#233;rer l'expression &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; dans le Credo de 381 avant le 6&#232;me si&#232;cle. L'id&#233;e que l'Esprit proc&#232;de &#171; du P&#232;re par le Fils &#187; est soutenue par un certain nombre de th&#233;ologiens latins anciens, comme faisant partie de leur insistance sur l'unit&#233; ordonn&#233;e des trois Personnes dans l'unique Myst&#232;re divin [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb33&quot; name=&quot;nh33&quot; id=&quot;nh33&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[33] par ex. Tertullien, Adversus Praxean 4 et 5' &gt;33&lt;/a&gt;]. Tertullien, &#233;crivant au d&#233;but du 3e si&#232;cle, souligne que le P&#232;re, le Fils et le Saint-Esprit partagent une m&#234;me substance divine, une m&#234;me qualit&#233;, une m&#234;me puissance [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb34&quot; name=&quot;nh34&quot; id=&quot;nh34&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[34] ibid. 2' &gt;34&lt;/a&gt;], qu'il con&#231;oit comme d&#233;coulant du P&#232;re, et transmis par le Fils &#224; l'Esprit [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb35&quot; name=&quot;nh35&quot; id=&quot;nh35&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[35] ibid. 8' &gt;35&lt;/a&gt;]. Hilaire de Poitiers au milieu du 4e si&#232;cle parle de l'Esprit &#224; la fois comme &#233;tant simplement &#171; du P&#232;re &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb36&quot; name=&quot;nh36&quot; id=&quot;nh36&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[36] De Trinitate 12, 56' &gt;36&lt;/a&gt;], et comme &#171; ayant le P&#232;re et le Fils comme source &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb37&quot; name=&quot;nh37&quot; id=&quot;nh37&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[37] ibid. 2, 29' &gt;37&lt;/a&gt;]. Dans un autre passage, Hilaire fait r&#233;f&#233;rence aux paroles de J&#233;sus &#171; Tout ce que le P&#232;re a est &#224; moi ; c'est pourquoi j'ai dit que (l'Esprit) prendra de ce qui est &#224; moi et vous l'annoncera &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb38&quot; name=&quot;nh38&quot; id=&quot;nh38&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[38] Jn 16, 15' &gt;38&lt;/a&gt;], et se demande si &#171; recevoir du Fils est la m&#234;me chose que proc&#233;der du P&#232;re &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb39&quot; name=&quot;nh39&quot; id=&quot;nh39&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[39] ibid. 8, 20' &gt;39&lt;/a&gt;]. Ambroise de Milan, &#233;crivant dans les ann&#233;es 380, soutient ouvertement que l'Esprit &#171; proc&#232;de du (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;procedit a&lt;/i&gt;) P&#232;re et du Fils &#187; sans &#234;tre jamais s&#233;par&#233; de l'un et de l'autre [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb40&quot; name=&quot;nh40&quot; id=&quot;nh40&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[40] Du Saint-Esprit 1, 11, 20' &gt;40&lt;/a&gt;]. Mais aucun de ces &#233;crivains ne consacre une r&#233;flexion explicite au mode de l'origine de l'Esprit. Tous sont plut&#244;t pr&#233;occup&#233;s &#224; souligner l'&#233;galit&#233; de dignit&#233; des trois Personnes divines comme Dieu, et tous reconnaissent que le P&#232;re seul est la source de l'&#234;tre &#233;ternel de Dieu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'emploi le plus ancien de l'expression &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; dans un contexte de Credo est la profession de foi formul&#233;e pour le roi wisigoth Reccar&#232;de au Concile local de Tol&#232;de en 589. Ce Concile r&#233;gional a anath&#233;matis&#233; ceux qui n'acceptaient pas les d&#233;crets des quatre premiers Conciles &#339;cum&#233;niques [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb41&quot; name=&quot;nh41&quot; id=&quot;nh41&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[41] canon 11' &gt;41&lt;/a&gt;], et ceux qui ne confessaient pas que le Saint-Esprit proc&#232;de du P&#232;re et du Fils [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb42&quot; name=&quot;nh42&quot; id=&quot;nh42&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[42] canon 3' &gt;42&lt;/a&gt;]. Il semble que les &#233;v&#234;ques espagnols et le roi Reccar&#232;de croyaient &#224; ce moment que l'&#233;quivalent du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; en grec faisait partie du Credo primitif de Constantinople, et apparemment ils comprenaient que le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; s'opposait &#224; l'arianisme en affirmant la relation intime entre le P&#232;re et le Fils. Sur l'ordre de Reccar&#232;de on se mit &#224; r&#233;citer le Credo au cours de l'Eucharistie en suivant la pratique orientale. D'Espagne l'emploi du Credo avec le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; se r&#233;pandait en Gaule.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Presque un si&#232;cle apr&#232;s, un Concile d'&#233;v&#234;ques anglais se tenait &#224; Hatfield en 680, pr&#233;sid&#233; par l'archev&#234;que Th&#233;odore de Cantorb&#233;ry, un byzantin auquel le pape Vitalien avait demand&#233; de servir en Angleterre. Ce Concile, d'apr&#232;s B&#232;de le V&#233;n&#233;rable [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb43&quot; name=&quot;nh43&quot; id=&quot;nh43&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[43] Hist. Eccl. Gent. Angl. 4, 15 &#8249;17&#8250;' &gt;43&lt;/a&gt;], professait explicitement sa foi comme conforme aux cinq Conciles &#339;cum&#233;niques, et d&#233;clarait &#233;galement que le Saint-Esprit proc&#232;de &#171; de mani&#232;re ineffable (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;inenarrabiliter&lt;/i&gt;) &#187; du P&#232;re et du Fils.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'or&#233;e du 7e si&#232;cle, trois facteurs li&#233;s entre eux ont pu contribuer &#224; une tendance croissante &#224; inclure en Occident le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; dans le Credo de 381 et &#224; la croyance de certains latins qu'il faisait de fait partie du Credo original. En premier lieu, un courant important dans la tradition patristique occidentale, repris dans les &#339;uvres d'Augustin (354-430), a parl&#233; de la procession de l'Esprit du P&#232;re et du Fils [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb44&quot; name=&quot;nh44&quot; id=&quot;nh44&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[44] par ex. De la Trinit&#233; 4, 29 ; 15, 10. 12. 29. 37' &gt;44&lt;/a&gt;] (nous parlerons plus loin de la signification et de la terminologie de cette tradition). En second lieu, tout au long des 4e et 5e si&#232;cles, un certain nombre de Credos ont circul&#233; dans les &#201;glises, souvent dans les contextes du bapt&#234;me ou de la cat&#233;ch&#232;se. Le Credo de 381 n'&#233;tait pas consid&#233;r&#233; comme la seule expression contraignante de la foi apostolique. En Occident, le Credo des Ap&#244;tres, un Credo baptismal ancien, &#233;tait le plus r&#233;pandu, et il contenait une simple affirmation de foi dans le Saint- Esprit sans plus. En troisi&#232;me lieu cependant, et de grande importance pour la th&#233;ologie occidentale ult&#233;rieure, il y avait le soi-disant Credo athanasien (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Quicunque&lt;/i&gt;). Les Occidentaux pensaient qu'il avait &#233;t&#233; compos&#233; par Athanase d'Alexandrie, mais probablement il a son origine en Gaule vers 500 et est cit&#233; par C&#233;saire d'Arles (+ 542). Ce texte inconnu en Orient a eu une grande influence en Occident jusqu'aux temps modernes. Tr&#232;s d&#233;pendant de la mani&#232;re dont Augustin pr&#233;sente la Trinit&#233;, ce Credo affirme clairement que l'Esprit proc&#232;de du P&#232;re et du Fils. Une christologie fortement anti-arienne constitue un accent primordial de ce Credo : parler de la procession de l'Esprit du P&#232;re et du Fils signifiait que le Fils n'&#233;tait pas inf&#233;rieur au P&#232;re quant &#224; la substance comme le tenaient les ariens. Sans aucun doute, l'influence de ce Credo a encourag&#233; l'emploi du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; dans la version latine du Credo de Constantinople en Europe occidentale, du moins &#224; partir du 6e si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vers la fin du 8e si&#232;cle, l'emploi du Credo de 381 avec l'addition du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; est devenu mati&#232;re &#224; controverses aussi bien dans les discussions entre les th&#233;ologiens francs et le si&#232;ge romain, que dans la rivalit&#233; croissante entre les cours carolingienne et byzantine, qui pr&#233;tendaient l'une et l'autre &#234;tre les h&#233;riti&#232;res l&#233;gitimes de l'empire romain. Dans le sillage de la lutte iconoclaste &#224; Byzance, les Carolingiens saisirent cette occasion pour mettre en question l'orthodoxie de Constantinople. Ils accord&#232;rent une grande importance &#224; l'expression &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;, qu'ils se mirent &#224; consid&#233;rer comme la pierre de touche de la foi trinitaire authentique. Une intense rivalit&#233; politique et culturelle entre Francs et Byzantins a fourni l'arri&#232;re-plan pour les d&#233;bats sur le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; tout au long des 8e et 9e si&#232;cles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Charlemagne avait re&#231;u une traduction des d&#233;cisions du 2e Concile de Nic&#233;e (787). Le Concile avait approuv&#233; d&#233;finitivement l'antique pratique de la v&#233;n&#233;ration des ic&#244;nes. Mais la traduction des actes en latin &#233;tait d&#233;fectueuse. Charlemagne envoya une d&#233;l&#233;gation au pape Hadrien Iier (772-795) pour faire part de son inqui&#233;tude. Parmi les points litigieux, les l&#233;gats de Charlemagne pr&#233;tendaient que le patriarche Taraise de Constantinople lors de son installation n'avait pas adh&#233;r&#233; &#224; la foi de Nic&#233;e et profess&#233; que l'Esprit proc&#232;de du P&#232;re et du Fils, mais avait profess&#233; sa procession du P&#232;re par le Fils [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb45&quot; name=&quot;nh45&quot; id=&quot;nh45&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[45] Mansi 13,760' &gt;45&lt;/a&gt;]. Le pape repoussa vigoureusement la protestation de Charlemagne en montrant amplement que Taraise et le Concile, sur ce point et sur d'autres, avaient maintenu la foi des P&#232;res [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb46&quot; name=&quot;nh46&quot; id=&quot;nh46&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[46] ibid., 759-810' &gt;46&lt;/a&gt;]. Apr&#232;s cet &#233;change de correspondance, Charlemagne fit &#233;crire les soi-disant &#171; Livres Carolingiens &#187; (791-794). Cet ouvrage contestait les positions et du Concile iconoclaste de 754 et du Concile de Nic&#233;e de 787 sur la v&#233;n&#233;ration des ic&#244;nes. Une nouvelle fois, en raison d'une traduction d&#233;fectueuse, les Carolingiens comprirent mal les d&#233;cisions de ce dernier Concile. Les &#171; Livres Carolingiens &#187; mettaient aussi en avant la vision carolingienne du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;. Avec l'argument que l'expression &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; faisait partie du Credo de 381, ils r&#233;affirmaient la tradition latine que l'Esprit proc&#232;de du P&#232;re et du Fils, et rejetaient comme erron&#233; l'enseignement que l'Esprit proc&#232;de du P&#232;re par le Fils.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien que les Actes du Synode local de Francfort (794) n'existent plus, d'autres t&#233;moignages indiquent qu'il a &#233;t&#233; convoqu&#233; pour combattre une variante de l'h&#233;r&#233;sie &#171; adoptianiste &#187; qu'on estimait prendre essor en Espagne. L'accent mis par plusieurs th&#233;ologiens espagnols sur l'humanit&#233; int&#233;grale du Christ semblait impliquer, aux yeux du th&#233;ologien de la cour Alcuin et d'autres, que l'homme J&#233;sus aurait &#233;t&#233; &#171; adopt&#233; &#187; par le P&#232;re au moment de son bapt&#234;me. En pr&#233;sence de Charlemagne ce concile, que le souverain semble avoir voulu faire reconna&#238;tre comme &#171; &#339;cum&#233;nique &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb47&quot; name=&quot;nh47&quot; id=&quot;nh47&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[47] voir Mansi 13, 899-906' &gt;47&lt;/a&gt;], a approuv&#233; des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Libri Carolini&lt;/i&gt; en affirmant, afin de maintenir la pleine divinit&#233; de la personne du Christ, que l'Esprit proc&#232;de du P&#232;re et du Fils. Tout comme &#224; la fin du 6e si&#232;cle la formulation latine du Credo, selon laquelle l'Esprit proc&#232;de du P&#232;re et du Fils, &#233;tait promue pour combattre une h&#233;r&#233;sie christologique pr&#233;sum&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques ann&#233;es plus tard un autre concile local, lui aussi dirig&#233; contre &#171; l'adoptianisme espagnol &#187; se tenait &#224; Fr&#233;jus-Friuli (796-797). Paulin d'Aquil&#233;e (+ 802), un associ&#233; d'Alcuin &#224; la cour de Charlemagne, y d&#233;fendit l'emploi du Credo avec le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; comme un des moyens pour s'opposer &#224; l'adoptianisme. Paulin, de fait, reconnut que le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; &#233;tait une addition au Credo de 381. Mais il la d&#233;fendait en arguant qu'elle ne s'opposait ni au sens du Credo ni &#224; l'intention des P&#232;res. L'autorit&#233; en Occident des Conciles de Fr&#233;jus et de Francfort ont fait que le Credo de 381, avec le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;, est entr&#233; largement en usage dans l'enseignement et la c&#233;l&#233;bration de l'Eucharistie dans les &#201;glises d'Europe latine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les diff&#233;rentes traditions liturgiques touchant le Credo se sont rencontr&#233;es au d&#233;but du 9&#232;me si&#232;cle &#224; J&#233;rusalem. Des moines occidentaux qui employaient le Credo latin avec le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; furent d&#233;nonc&#233;s par leurs fr&#232;res orientaux. Les moines occidentaux, s'adressant au pape L&#233;on III pour recevoir un conseil, citaient comme leur mod&#232;le l'usage dans la chapelle de Charlemagne &#224; Aix-la- Chapelle. Le pape L&#233;on r&#233;pondit en adressant une lettre &#224; &#171; toutes les &#201;glises de l'Orient &#187;. Il y d&#233;clara sa foi personnelle que le Saint-Esprit proc&#232;de &#233;ternellement du P&#232;re et du Fils. Dans sa r&#233;ponse, le pape ne distinguait pas entre son interpr&#233;tation personnelle et la l&#233;gitimit&#233; de l'addition au Credo, bien que plus tard il s'opposerait &#224; cette addition dans les liturgies c&#233;l&#233;br&#233;es &#224; Rome.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Charlemagne repris la question soulev&#233;e par la controverse de J&#233;rusalem et demanda &#224; Th&#233;odulphe d'Orl&#233;ans, l'auteur principal des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Libri Carolini&lt;/i&gt;, d'&#233;crire une d&#233;fense de l'emploi de l'expression &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;. Publi&#233; en 809, le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;De Spirito Sancto&lt;/i&gt; de Th&#233;odulphe &#233;tait surtout une compilation de citations patristiques en faveur de la th&#233;ologie du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;. Fort de cet &#233;crit Charlemagne r&#233;unit un concile &#224; Aix-la-Chapelle (809-810) pour affirmer la doctrine que l'Esprit proc&#232;de du P&#232;re et du Fils, mise en doute par les th&#233;ologiens grecs. Apr&#232;s le concile il chercha &#224; obtenir l'approbation par le pape L&#233;on de l'usage du Credo avec le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb48&quot; name=&quot;nh48&quot; id=&quot;nh48&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[48] Mansi 14, 23-76' &gt;48&lt;/a&gt;]. En 810 se tint &#224; Rome une consultation entre le pape et une d&#233;l&#233;gation venue du concile. Tout en confirmant l'orthodoxie de l'expression &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; et en approuvant son usage dans la cat&#233;ch&#232;se et les professions de foi personnelles, le pape d&#233;sapprouva explicitement son inclusion dans le texte du Credo de 381, parce que les P&#232;res de ce Concile, qui comme il le faisait remarquer n'&#233;taient pas moins inspir&#233;s par l'Esprit Saint que les &#233;v&#234;ques rassembl&#233;s &#224; Aix-la-Chapelle n'avaient pas jug&#233; bon de l'inclure. Le pape L&#233;on stipula que l'emploi du Credo pouvait &#234;tre permis, mais pas exig&#233;, dans la c&#233;l&#233;bration de l'Eucharistie. Pour pr&#233;venir les scandales, il recommandait vivement que la cour carolingienne ferait bien de ne pas l'ins&#233;rer dans la liturgie. &#192; cette &#233;poque, selon le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Liber pontificalis&lt;/i&gt;, le pape fit faire deux grands boucliers d'argent, qu'il exposa &#224; Saint-Pierre, dans lesquels &#233;tait grav&#233; le texte original du Credo de 381 en grec et en latin. Mais malgr&#233; ses directives et ce geste symbolique les Carolingiens continu&#232;rent &#224; employer le Credo avec le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; dans leurs dioc&#232;ses au cours de l'Eucharistie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les byzantins &#233;taient tr&#232;s peu au courant des diff&#233;rents d&#233;veloppements en Occident concernant le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; entre les 6e et 9e si&#232;cles. La communication s'&#233;tait faite progressivement plus mauvaise. Les luttes internes avec le monoth&#233;lisme et l'iconoclasme, la mont&#233;e de l'Islam, laissaient peu de loisir pour suivre de pr&#232;s les d&#233;veloppements th&#233;ologiques en Occident. Mais leur int&#233;r&#234;t pour le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; se fit plus grand au milieu du 9&#232;me si&#232;cle, lorsqu'il se joignit aux querelles de juridiction entre Rome et Constantinople, et aux rapports sur les activit&#233;s des missionnaires francs en Bulgarie. Quand les missionnaires byzantins furent expuls&#233;s de Bulgarie par le roi Boris sous influence occidentale, ils rentr&#232;rent &#224; Constantinople et rapport&#232;rent des informations sur les pratiques occidentales dont la r&#233;citation du Credo avec le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; faisait partie. Le Patriarche Photios de Constantinople adressa en 867 une encyclique s&#233;v&#232;re aux autres patriarches orientaux, dans laquelle il pr&#233;senta ses commentaires sur la crise politique et eccl&#233;siastique en Bulgarie et sur les tensions entre Rome et Constantinople. Dans cette lutte, il d&#233;non&#231;ait les missionnaires occidentaux en Bulgarie et critiquait les pratiques liturgiques occidentales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De fa&#231;on tr&#232;s significative le patriarche Photios appelait l'addition du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; un blasph&#232;me et pr&#233;sentait une argumentation th&#233;ologique circonstanci&#233;e contre la vision de la Trinit&#233; qu'il croyait qu'elle repr&#233;sentait. L'opposition de Photios s'appuyait sur sa vision que le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; implique deux causes dans la Trinit&#233; et qu'il diminue la monarchie du P&#232;re. Ainsi lui semblait-il que le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; obscurcissait le caract&#232;re distinctif de chaque Personne de la Trinit&#233;, et confondait leurs relations, renfermant paradoxalement les semences et du polyth&#233;isme pa&#239;en et du modalisme sabellien [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb49&quot; name=&quot;nh49&quot; id=&quot;nh49&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[49] Mystagogie IX, 11' &gt;49&lt;/a&gt;]. La lettre de 867 semble cependant ignorer compl&#232;tement la tradition patristique latine qui soutenait l'usage du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; en Occident. L'opposition de Photios au &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; sera &#233;labor&#233;e plus avant par la suite dans sa &#171; Lettre au patriarche d'Aquil&#233;e &#187; en 883 ou 884, de m&#234;me que dans sa c&#233;l&#232;bre Mystagogie du Saint-Esprit, compos&#233;e vers 886.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la conclusion de sa lettre de 867, Photios demanda la tenue d'un concile &#339;cum&#233;nique qui pourrait r&#233;soudre la question de l'interpolation du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; et &#233;clairer ses fondements th&#233;ologiques. Un concile local fut tenu &#224; Constantinople en 867 qui d&#233;posa le pape Nicolas Ier, action qui fit cro&#238;tre la tension entre les deux si&#232;ges. Nicolas Ier lui-m&#234;me avait refus&#233; de reconna&#238;tre Photios comme patriarche &#224; cause de sa soi-disante &#233;lection non-canonique. En 867, Photios fut oblig&#233; de d&#233;missionner, avec le changement du gouvernement imp&#233;rial, et il fut remplac&#233; par le patriarche Ignace, qu'il avait lui-m&#234;me remplac&#233; en 858. Un nouveau concile fut r&#233;uni &#224; Constantinople en 869 quelques mois plus tard. En pr&#233;sence des repr&#233;sentants du pape et avec l'appui de l'empereur, ce concile excommunia Photios. Dans la suite, l'Occident m&#233;di&#233;val reconnut ce concile, pour des raisons ind&#233;pendantes du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; ou de Photios, comme le 8e Concile &#339;cum&#233;nique, bien qu'il ne fut jamais reconnu comme tel en Orient.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les relations entre Rome et Constantinople ont chang&#233; lorsque Photios est redevenu patriarche en 877 apr&#232;s la mort d'Ignace. &#192; Rome, le pape Nicolas &#233;tait mort en 867. Son successeur Hadrien II (867-872) anath&#233;matisa Photios en 869. Le pape Jean VIII (872-882), lui succ&#233;dant, &#233;tait dispos&#233; &#224; reconna&#238;tre Photios comme le patriarche l&#233;gitime &#224; certaines conditions, ouvrant ainsi la voie au r&#233;tablissement de relations meilleures. Un Concile fut tenu &#224; Constantinople en 879-880 en pr&#233;sence des repr&#233;sentants de Rome et des autres patriarches orientaux. Ce Concile, que certains th&#233;ologiens orthodoxes modernes tiennent pour &#339;cum&#233;nique, annula les d&#233;cisions du Concile de 869-870 et reconnut Photios comme patriarche. Il confirma le caract&#232;re &#339;cum&#233;nique du Concile de 787 et ses d&#233;cisions contre l'iconoclasme. Aucune discussion approfondie n'e&#251;t lieu sur le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;, qui ne faisait pas encore partie du Credo profess&#233; &#224; Rome, et le Concile ne fit aucune d&#233;claration sur sa justification th&#233;ologique. Mais le Concile reconfirma formellement le texte original du Credo de 381, sans le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;, et anath&#233;matisa quiconque composerait une autre confession de foi. Le Concile, de plus, s'exprimait au sujet du si&#232;ge romain avec grand respect et attribua aux l&#233;gats du pape leurs pr&#233;rogatives traditionnelles de pr&#233;sidence, reconnaissant leurs droits d'ouvrir et de clore les discussions et de signer les documents en premier. N&#233;anmoins, les documents ne livrent aucune indication que les &#233;v&#234;ques pr&#233;sents reconnurent une quelconque primaut&#233; de juridiction au si&#232;ge de Rome au-del&#224; de la compr&#233;hension patristique de la communion des &#201;glises et de la th&#233;orie canonique de la pentarchie (6e si&#232;cle). La question difficile des revendications rivales de juridiction en Bulgarie par le pape et le patriarche de Constantinople fut laiss&#233;e &#224; la d&#233;cision de l'empereur. Apr&#232;s le Concile, le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; resta en usage dans le Credo dans certaines parties de l'Europe occidentale, malgr&#233; l'intention du pape Jean VIII, qui comme ses pr&#233;d&#233;cesseurs maintint le texte sanctionn&#233; par le Concile de 381.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une nouvelle &#233;tape dans l'histoire de la controverse s'ouvrit au d&#233;but du 11e si&#232;cle. Au cours du synode qui suivit le couronnement &#224; Rome du roi Henri II comme empereur romain en 1014, pour la premi&#232;re fois le Credo fut chant&#233; pendant la messe papale, avec le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque.&lt;/i&gt; En raison de cette initiative, l'emploi liturgique du Credo avec le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; &#233;tait d&#232;s lors g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233; dans l'&#201;glise latine comme approuv&#233; par la papaut&#233;. Son inclusion dans l'Eucharistie, apr&#232;s deux si&#232;cles de r&#233;sistance papale contre cette pratique, refl&#233;tait une nouvelle pr&#233;pond&#233;rance des empereurs germaniques sur la papaut&#233;, tout comme le sentiment grandissant qu'avait la papaut&#233; de son autorit&#233;, sous protection imp&#233;riale, au sein de l'&#201;glise toute enti&#232;re, en Occident et en Orient.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; a jou&#233; un r&#244;le important au cours des &#233;v&#233;nements tumultueux de 1054, lorsque des repr&#233;sentants des &#201;glises orientales et occidentales s'excommuni&#232;rent mutuellement. Le cardinal Humbert de Silva Candida, l&#233;gat du pape L&#233;on IX, dans le contexte des anath&#232;mes qu'il lan&#231;a contre le patriarche Michel Iier C&#233;rulaire de Constantinople et certains de ses conseillers, accusa les byzantins d'avoir supprim&#233; ind&#251;ment le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; du Credo et critiqua d'autres usages liturgiques orientaux. En r&#233;ponse &#224; ses accusations, le patriarche Michel se rendit compte que les anath&#232;mes lanc&#233;s par Humbert n'&#233;taient pas le fait de L&#233;on IX, et il lan&#231;a ses propres anath&#232;mes contre la seule d&#233;l&#233;gation du pape. L&#233;on, en effet, &#233;tait d&#233;j&#224; mort et n'avait pas encore de successeur. Le patriarche Michel condamna en m&#234;me temps l'emploi occidental du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; dans le Credo, de m&#234;me que d'autres usages liturgiques occidentaux. Cet &#233;change limit&#233; d'excommunications ne provoqua pas en soi un schisme formel entre Rome et Constantinople, quoiqu'en aient pens&#233; des historiens post&#233;rieurs. Mais il &#233;largit l'ali&#233;nation croissante entre Constantinople et Rome.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les relations entre l'&#201;glise de Rome et les &#201;glises de Constantinople, Alexandrie, Antioche et J&#233;rusalem ont souffert beaucoup pendant la p&#233;riode des Croisades, sp&#233;cialement &#224; la suite de l'inf&#226;me quatri&#232;me Croisade. En 1204, les Crois&#233;s de l'Occident mirent &#224; sac la ville de Constantinople, longtemps rivale commerciale et politique de Venise. Des hommes politiques et le clerg&#233; d'Occident avaient la haute main sur la ville, jusqu'&#224; ce que l'empereur Michel VIII Pal&#233;ologue la reprit en 1261. L'installation d'&#233;v&#234;ques occidentaux dans les territoires de Constantinople, d'Antioche et de J&#233;rusalem, loyaux &#224; Rome et aux puissances politiques d'Europe occidentale, devint un nouveau signal, tragiquement visible, du schisme. M&#234;me apr&#232;s 1261, Rome sout&#238;nt des patriarches latins sur ces trois si&#232;ges orientaux antiques. Ceci &#233;tait un signe clair pour la plupart des chr&#233;tiens d'Orient que la papaut&#233; et ses appuis politiques faisaient peu de cas de la l&#233;gitimit&#233; de leurs antiques &#201;glises.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malgr&#233; cette ali&#233;nation croissante, plusieurs tentatives notables furent entreprises entre le d&#233;but du 12e si&#232;cle et la moiti&#233; du 13e si&#232;cle pour examiner la question du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;. En 1186, l'empereur germanique Lothaire III envoya l'&#233;v&#234;que Anselme de Havelberg &#224; Constantinople pour n&#233;gocier une alliance militaire avec l'empereur Jean II Comn&#232;ne. Durant son s&#233;jour, Anselme et le m&#233;tropolite Nic&#233;tas de Nicom&#233;die eurent une s&#233;rie de discussions publiques sur des sujets qui divisaient les &#201;glises, y compris le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;. Ils conclurent que les diff&#233;rences entre les deux traditions n'&#233;taient pas aussi grandes qu'ils ne l'avaient pens&#233; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb50&quot; name=&quot;nh50&quot; id=&quot;nh50&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[50] PL 188, 1206 B &#8211; 1210 B' &gt;50&lt;/a&gt;]. Une lettre du patriarche orthodoxe Germain II (1222-1240) au pape Gr&#233;goire IX (1227- 1241) initia de nouvelles discussions entre th&#233;ologiens orientaux et occidentaux &#224; Nic&#233;e en 1234. D'autres discussions eurent lieu en 1253-1254 &#224; l'initiative de l'empereur Jean III Vatatz&#232;s (1222-1254) et du pape Innocent IV (1243-1254). Malgr&#233; ces efforts, les cons&#233;quences durables de la quatri&#232;me Croisade et la menace des Turcs, ainsi que les pr&#233;tentions de juridiction de la papaut&#233; en Orient, firent que ces initiatives bien intentionn&#233;es n'aboutirent pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceci constitue l'arri&#232;re-plan du Concile occidental tenu &#224; Lyon en 1274 (Lyon II), apr&#232;s que l'empereur byzantin eut reprit le contr&#244;le de Constantinople. Malgr&#233; les effets n&#233;gatifs des Croisades, beaucoup de byzantins &#233;taient d&#233;sireux de gu&#233;rir les blessures de la division. Ils esp&#233;r&#232;rent une aide de l'Occident contre les avanc&#233;es toujours plus grandes des Turcs. Le pape Gr&#233;goire X (1271-1276) de son c&#244;t&#233; misait avec enthousiasme sur la r&#233;union. Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; figurait parmi les sujets dont on avait convenu de discuter. Pourtant les deux &#233;v&#234;ques byzantins envoy&#233;s comme d&#233;l&#233;gu&#233;s n'eurent pas la possibilit&#233; au Concile de pr&#233;senter le point de vue oriental. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s approuv&#232;rent formellement le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; lors de la session finale du 17 juillet dans une br&#232;ve constitution, qui condamnait de plus ceux qui avaient d'autres vues sur l'origine du Saint-Esprit. D&#232;s le 6 juillet, conform&#233;ment &#224; un accord r&#233;alis&#233; auparavant entre les d&#233;l&#233;gu&#233;s du pape et l'empereur &#224; Constantinople, la r&#233;union entre les &#201;glises d'Orient et d'Occident fut proclam&#233;e. Mais cette union ne fut jamais re&#231;ue par le clerg&#233; et les fid&#232;les orientaux, pas plus que les papes ne la promurent avec vigueur en Occident. Dans ce contexte, il faut noter que le pape Paul VI, dans sa lettre comm&#233;morant le septi&#232;me centenaire du Concile (1974), a reconnu ce fait et a ajout&#233; que &#171; les latins ont choisi des textes et des formules qui exprimaient une eccl&#233;siologie con&#231;ue et d&#233;velopp&#233;e en Occident. Il est compr&#233;hensible&#8230;qu'une unit&#233; atteinte de cette mani&#232;re ne pouvait pas &#234;tre vraiment accept&#233;e par la mentalit&#233; chr&#233;tienne orientale &#187;. Un peu plus loin le pape, lorsqu'il parle du dialogue catholique-orthodoxe, fait remarquer : &#171; &#8230;il r&#233;examinera d'autres points controvers&#233;s que Gr&#233;goire X et les P&#232;res de Lyon ont estim&#233; r&#233;solus &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Concile oriental des Blachernes (Constantinople, 1285) rejeta justement les d&#233;cisions du Concile de Lyon et la th&#233;ologie pro-latine de l'ancien patriarche Jean XI Bekkos (1275-1282), sous la conduite du patriarche Gr&#233;goire II, connu aussi sous le nom de Gr&#233;goire de Chypre (1282-1289). Mais en m&#234;me temps le Concile &#233;labora une d&#233;claration importante sur la question th&#233;ologique du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;. Tout en rejetant fermement la &#171; double procession &#187; de l'Esprit du P&#232;re et du Fils, la d&#233;claration parlait d'une &#171; manifestation &#233;ternelle &#187; de l'Esprit par le Fils. La mani&#232;re de s'exprimer du patriarche Gr&#233;goire ouvrit la voie, pour le moins, &#224; une compr&#233;hension plus profonde et plus nuanc&#233;e des relations entre le P&#232;re, le Fils et Saint-Esprit, en Orient et en Occident [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb51&quot; name=&quot;nh51&quot; id=&quot;nh51&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[51] cf. infra' &gt;51&lt;/a&gt;]. Cette approche fut d&#233;velopp&#233;e ult&#233;rieurement par Gr&#233;goire Palamas (1296- 1359) dans le contexte de la distinction qu'il fit entre l'essence et les &#233;nergies des Personnes divines. Malheureusement, ces ouvertures eurent peu de r&#233;percussions sur les discussions m&#233;di&#233;vales post&#233;rieures de l'origine de l'Esprit, aussi bien dans l'&#201;glise orientale que dans l'&#201;glise occidentale. Malgr&#233; le souci manifest&#233; par les th&#233;ologiens byzantins, &#224; partir de l'&#233;poque de Photios, de s'opposer et &#224; la th&#233;ologie du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; et &#224; son insertion dans le Credo latin, on n'en trouve aucune r&#233;f&#233;rence dans le Synodikon de l'Orthodoxie, une collection comprenant plus de soixante anath&#232;mes refl&#233;tant les d&#233;cisions doctrinales des conciles orientaux jusqu'au 14e si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une autre tentative cependant fut faite pour traiter le sujet avec autorit&#233; au niveau &#339;cum&#233;nique. Le Concile de Ferrare-Florence (1438-1445) r&#233;unit de nouveau des repr&#233;sentants de l'&#201;glise de Rome et des &#201;glises de Constantinople, Alexandrie, Antioche et J&#233;rusalem, afin de discuter d'un large spectre de questions controvers&#233;es, y compris l'autorit&#233; papale et le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;. Le Concile se tenait &#224; un moment o&#249; l'Empire byzantin &#233;tait gravement menac&#233; par les Ottomans et o&#249; le monde grec pensait que l'unique espoir de Constantinople &#233;tait l'aide militaire de l'Occident. &#192; la suite de longues discussions des experts des deux parties, souvent autour de l'interpr&#233;tation de textes patristiques, l'union des &#201;glises fut d&#233;clar&#233;e le 6 juillet 1439. Le d&#233;cret, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Laetentur caeli&lt;/i&gt;, du Concile d'union reconnut la l&#233;gitimit&#233; de la th&#233;ologie occidentale de la procession &#233;ternelle de l'Esprit du P&#232;re et du Fils comme d'un seul principe et dans une seule spiration. Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; ici &#233;tait pr&#233;sent&#233; comme ayant la m&#234;me signification que la position tenue par certains P&#232;res orientaux antiques : l'Esprit est ou proc&#232;de &#171; par le Fils &#187;. Le Concile, de plus, approuva un texte qui affirmait que le pape avait &#171; la primaut&#233; sur le monde entier &#187; en tant que &#171; chef de l'&#201;glise enti&#232;re, et p&#232;re et docteur de tous les chr&#233;tiens &#187;. Malgr&#233; la participation orthodoxe &#224; ces discussions, les d&#233;cisions de Florence, de m&#234;me que les d&#233;crets d'union de Lyon II, ne furent jamais re&#231;ues par un corps repr&#233;sentatif d'&#233;v&#234;ques ou de fid&#232;les en Orient, et elles furent formellement rejet&#233;es par Constantinople en 1484.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La chute de Constantinople en 1453, les divisions provoqu&#233;es en Occident par la R&#233;forme protestante, les missions latines ult&#233;rieures dans l'ancien monde byzantin et l'&#233;tablissement d'&#201;glises orientales en communion avec Rome approfondirent le schisme et donn&#232;rent lieu &#224; une abondante litt&#233;rature pol&#233;mique de part et d'autre. Pendant plus de cinq si&#232;cles, catholiques et orthodoxes eurent peu l'occasion de discuter s&#233;rieusement le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;, et les questions connexes de la primaut&#233; et de l'autorit&#233; magist&#233;rielle de l'&#233;v&#234;que de Rome. L'Orthodoxie et le Catholicisme romain entr&#232;rent dans une p&#233;riode d'isolement mutuel formel, et chacun d&#233;veloppa la conviction d'&#234;tre le seul corps eccl&#233;sial repr&#233;sentant authentiquement la foi apostolique. Cela se v&#233;rifie, par exemple, dans l'encyclique &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;In Suprema Petri Sede&lt;/i&gt; de Pie IX (6 janvier 1848) et dans l'encyclique &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Praeclara Gratulationis Publicae&lt;/i&gt; &#187; de L&#233;on XIII (20 janvier 1894), tout comme dans l'encyclique des patriarches orthodoxes de 1848 et dans celle du patriarcat de Constantinople en 1895, qui l'une et l'autre r&#233;agissaient aux documents des papes. En 1874- 1875, des discussions &#339;cum&#233;niques furent organis&#233;es entre les &#201;glises orthodoxes et des repr&#233;sentants des vieux-catholiques et des anglicans en Allemagne. Ils furent occasionnellement repris au cours du si&#232;cle suivant, mais en g&#233;n&#233;ral peu de progr&#232;s substantiel fut fait par rapport &#224; l'opposition fig&#233;e des vues traditionnelles orientales et occidentales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une &#233;tape nouvelle des relations entre l'&#201;glise catholique et l'&#201;glise orthodoxe commen&#231;a formellement avec le Concile Vatican II (1962-1968), qui renou&#232;rent les contacts et le dialogue. &#192; partir de ce moment, un certain nombre de questions th&#233;ologiques et de faits historiques ayant conduit au schisme entre les &#201;glises b&#233;n&#233;fici&#232;rent d'un regain d'int&#233;r&#234;t. Dans ce contexte, notre &#171; North American Orthodox-Catholic Consultation &#187; fut institu&#233;e en 1965 et la &#171; Commission mixte internationale pour le dialogue th&#233;ologique entre l'&#201;glise catholique et l'&#201;glise orthodoxe &#187; en 1979. Bien qu'une commission de th&#233;ologiens venant d'un grand nombre d'&#201;glises et patronn&#233;e par &#171; Foi et Constitution &#187; du &#171; Conseil &#339;cum&#233;nique des &#201;glises &#187;, a men&#233; une &#233;tude approfondie de la question du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; en 1978 et 1979, et a publi&#233; en conclusion le &#171; memorandum de Klingenthal &#187; (1979), aucune &#233;tude commune nouvelle et circonstanci&#233;e du probl&#232;me n'a &#233;t&#233; entreprise par des repr&#233;sentants de nos &#201;glises avant notre propre &#233;tude. La premi&#232;re d&#233;claration de la &#171; Commission mixte internationale &#187; (1982), intitul&#233;e &#171; Le myst&#232;re de l'&#201;glise et de l'Eucharistie &#224; la lumi&#232;re du myst&#232;re de la Trinit&#233; &#187;, aborde rapidement le probl&#232;me du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; dans le contexte d'une discussion ample des relations entre les Personnes de la S. Trinit&#233;. La d&#233;claration &#233;crit : &#171; Sans vouloir encore r&#233;soudre les difficult&#233;s suscit&#233;es entre l'Orient et l'Occident au sujet de la relation entre le Fils et l'Esprit, nous pouvons d&#233;j&#224; dire ensemble que cet Esprit qui proc&#232;de du P&#232;re (Jn 15, 26), comme de la seule source dans la Trinit&#233;, et qui est devenu l'Esprit de notre filiation (Rm 8, 15) car il est aussi l'Esprit du Fils (Gal 4, 6), nous est communiqu&#233;, particuli&#232;rement dans l'Eucharistie, par ce Fils sur lequel il repose, dans le temps et dans l'&#233;ternit&#233; (Jn 1, 32) &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb52&quot; name=&quot;nh52&quot; id=&quot;nh52&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[52] &#167; 6' &gt;52&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plusieurs autres &#233;v&#233;nements des derni&#232;res d&#233;cennies indiquent une plus grande disponibilit&#233; de la part de Rome &#224; reconna&#238;tre le Credo original de Constantinople. Lorsque le patriarche Dimitrios Ier a visit&#233; Rome le 7 d&#233;cembre 1987, et encore pendant la visite du patriarche Bartholom&#233;e Ier &#224; Rome en juin 1995, ils ont assist&#233; &#224; une Eucharistie c&#233;l&#233;br&#233;e par le pape Jean-Paul II dans la basilique Saint-Pierre. L'une et l'autre fois, le pape et le patriarche ont proclam&#233; le Credo en grec (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;i. e.&lt;/i&gt; sans le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;). Le pape Jean-Paul II et le patriarche roumain Th&#233;octiste ont fait de m&#234;me en roumain lors de la messe papale &#224; Rome le 13 octobre 2002. Le document &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dominus Jesus&lt;/i&gt;, sur l'unicit&#233; et l'universalit&#233; salvifique de J&#233;sus-Christ et de l'&#201;glise, publi&#233; par la Congr&#233;gation pour la Doctrine de la Foi le 6 ao&#251;t 2000, ouvre ses r&#233;flexions th&#233;ologiques sur l'enseignement essentiel de l'&#201;glise par le texte du Credo de 381, de nouveau sans l'addition du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;. Puisque aucune interpr&#233;tation n'a &#233;t&#233; donn&#233;e de ces faits, ces d&#233;veloppements sugg&#232;rent une conscience nouvelle du c&#244;t&#233; catholique du caract&#232;re unique du texte original grec du Credo, qui repr&#233;sente la formulation la plus authentique de la foi qui unit les chr&#233;tient&#233;s orientale et occidentale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peu de temps apr&#232;s la rencontre &#224; Rome entre le pape Jean-Paul II et le patriarche &#339;cum&#233;nique Bartholom&#233;e Ier le Vatican a publi&#233; le document &#171; Les traditions grecque et latine concernant la procession du Saint-Esprit &#187; (13 septembre 1995). Dans son intention, ce texte voulait fournir une nouvelle contribution au dialogue sur ce sujet controvers&#233; entre nos &#201;glises. Parmi les multiples observations &#233;mises ce texte dit : &#171; l'&#201;glise catholique reconna&#238;t la valeur conciliaire, &#339;cum&#233;nique, normative et irr&#233;vocable du symbole de foi profess&#233; en grec au second Concile &#339;cum&#233;nique de Constantinople en 381, en tant que l'expression de l'unique foi commune de l'&#201;glise et de tous les chr&#233;tiens. Aucune confession de foi, propre &#224; une tradition liturgique particuli&#232;re, ne peut contredire cette expression de foi enseign&#233;e et profess&#233;e par l'&#201;glise indivise &#187;. Quoique l'&#201;glise catholique de toute &#233;vidence ne consid&#232;re pas que le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; soit en contradiction avec le Credo de 381, il ne faudrait pas minimiser la port&#233;e de ce passage dans la d&#233;claration vaticane de 1995. C'est en r&#233;ponse &#224; ce document important qu'a commenc&#233; en 1999 notre propre &#233;tude du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;, et nous esp&#233;rons que la d&#233;claration pr&#233;sente aidera &#224; prolonger les &#233;changes positifs entre nos deux Commissions, dont nous avons fait l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;III. Consid&#233;rations th&#233;ologiques&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans toutes les discussions sur l'origine du Saint-Esprit dans le myst&#232;re de Dieu et les relations entre le P&#232;re, le Fils et le Saint-Esprit, l'attitude premi&#232;re &#224; cultiver est sans aucun doute l'humilit&#233; respectueuse. Nous ne pouvons affirmer que peu de choses sur le myst&#232;re de Dieu en lui-m&#234;me et nos sp&#233;culations courent toujours le danger d'afficher un degr&#233; de clart&#233; et de certitude exag&#233;r&#233;. Le pseudo-Denys nous rappelle que &#171; ni la monade, ni la triade, ni le nombre, ni l'unit&#233; ou la f&#233;condit&#233;, rien parmi les &#233;tants ou connu avec eux, ne peuvent exprimer le myst&#232;re cach&#233;, au-del&#224; de toute raison et de tout intellect, de la Sur-Divinit&#233; qui suressentiellement surpasse toute chose&#8230; &#187; (Sur les Noms Divins 13, 3). Comme chr&#233;tiens, nous confessons que notre Dieu, qui est radicalement et indivisiblement un, est le P&#232;re, le Fils et la Saint-Esprit, trois &#171; Personnes &#187;, qu'on doit ni confondre ni r&#233;duire l'une &#224; l'autre, qui sont toutes trois pleinement et litt&#233;ralement Dieu, chacune en soi et dans le tout harmonieux de leurs relations r&#233;ciproques. Ceci est simplement une reprise de ce que l'autor&#233;v&#233;lation de Dieu dans l'histoire humaine nous a appris, r&#233;v&#233;lation qui a atteint son point culminant dans notre capacit&#233; de confesser dans la force de l'Esprit Saint que J&#233;sus est le Verbe et le Fils du P&#232;re &#233;ternel. Notre langage chr&#233;tien sur Dieu doit certainement toujours &#234;tre d&#233;termin&#233; par les Saintes &#201;critures de mani&#232;re normative. Reste cependant toujours la difficile question herm&#233;neutique de savoir comment rapporter certaines expressions et textes de l'&#201;criture lorsqu'on parle de la vie intime de Dieu, et de savoir quand un passage se r&#233;f&#232;re simplement &#224; l'action de Dieu dans l' &#171; &#233;conomie &#187; de l'histoire du salut ou que nous devons comprendre qu'il parle directement de l'&#234;tre de Dieu en lui-m&#234;me. La division entre nos &#201;glises au sujet du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; aurait &#233;t&#233; moins grave si de part et d'autre au long des si&#232;cles, on &#233;tait rest&#233; davantage conscient des limites de notre connaissance de Dieu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La discussion ensuite de ce th&#232;me difficile a &#233;t&#233; souvent g&#234;n&#233;e par les distorsions de la pol&#233;mique : chacun a caricatur&#233; le point de vue de l'autre pour faire valoir ses arguments. Il n'est pas vrai, par exemple, que la th&#233;ologie orthodoxe majoritaire con&#231;oit la procession de l'Esprit comme sans rapport avec la relation du Fils avec le P&#232;re ; ou qu'elle pense que l'Esprit n' &#171; appartient &#187; pas au Fils lorsqu'Il est envoy&#233; dans l'histoire. Il n'est pas vrai non plus que la th&#233;ologie latine majoritaire aurait commenc&#233; sa r&#233;flexion trinitaire &#224; partir d'une consid&#233;ration abstraite ou non-scripturaire de l'Essence divine, ou qu'elle pose deux causes de l'existence hypostatique de l'Esprit, ou qu'elle a l'intention d'assigner au Saint-Esprit un r&#244;le subordonn&#233; au Fils, soit dans le myst&#232;re de Dieu soit dans l'histoire du salut.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre &#233;tude nous a convaincus que les traditions th&#233;ologiques d'Orient et d'Occident sont substantiellement d'accord, depuis la p&#233;riode patristique, sur un certain nombre d'assertions fondamentales concernant la Sainte Trinit&#233;, qui se r&#233;percutent dans le d&#233;bat sur le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; l'une et l'autre traditions affirment clairement que le Saint-Esprit est une hypostase distincte dans le myst&#232;re de Dieu, &#233;gal en dignit&#233; au P&#232;re et au Fils, et qu'Il n'est pas une simple cr&#233;ature ou une mani&#232;re de parler de l'action de Dieu dans les cr&#233;atures ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; sans que le Credo de 381 le dise explicitement, l'une et l'autre traditions confessent que l'Esprit Saint est Dieu, de la m&#234;me essence divine (homoousios) que le P&#232;re et le Fils ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; l'une et l'autre traditions affirment clairement que le P&#232;re est la Source premi&#232;re (arch&#232;) et la cause (aitia) derni&#232;re de l'&#202;tre divin, et donc de toutes les op&#233;rations divines : la &#171; source &#187; d'o&#249; coulent et le Fils et l'Esprit, la &#171; racine &#187; de leur &#234;tre et de leur f&#233;condit&#233;, le &#171; soleil &#187; qui irradie leur existence et leur activit&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; l'une et l'autre traditions affirment que les trois hypostases ou personnes en Dieu sont constitu&#233;es dans leur existence hypostatique et distingu&#233;es les unes des autres uniquement par leur relation d'origine, et non par telle ou telle autre caract&#233;ristique ou activit&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; d&#232;s lors, l'une et l'autre traditions affirment que toutes les op&#233;rations divines, &#224; savoir les actes par lesquels Dieu appelle &#224; l'&#234;tre la cr&#233;ation et lui donne forme pour son bien-&#234;tre en un cosmos unifi&#233; et ordonn&#233;, centr&#233; sur la cr&#233;ature humaine faite &#224; l'image de Dieu, sont l'&#339;uvre commune du P&#232;re, du Fils et du Saint-Esprit, m&#234;me si chaque Personne a un r&#244;le distinct dans ces op&#233;rations, d&#233;termin&#233; par leurs relations mutuelles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malgr&#233; cela, les traditions orientale et occidentale de r&#233;flexion sur le myst&#232;re de Dieu ont manifestement d&#233;velopp&#233; des cat&#233;gories et des conceptions qui se diff&#233;rencient profond&#233;ment. Il n'est pas possible de gommer simplement par des explications ces diff&#233;rences, pas plus que de leur donner un semblant d'&#233;quivalence par une argumentation superficielle. Il est possible de r&#233;sumer les diff&#233;rences de la mani&#232;re qui suit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;1. Le vocabulaire&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La controverse sur le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; est en premier lieu une controverse sur des mots. Plusieurs auteurs r&#233;cents ont montr&#233; qu'une part du d&#233;saccord th&#233;ologique entre nos Communions semble prendre racine dans des diff&#233;rences subtiles mais significatives concernant l'utilisation des termes-clefs employ&#233;s pour parler de l'origine divine de l'Esprit. Le texte original du Credo de 381, lorsqu'il parle du Saint-Esprit, le caract&#233;rise avec les mots de Jn 15, 26, comme &#171; celui qui proc&#232;de (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ekporeuetai&lt;/i&gt;) du P&#232;re. Influenc&#233; probablement par la tournure de Gr&#233;goire le Th&#233;ologien [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb53&quot; name=&quot;nh53&quot; id=&quot;nh53&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[53] Or. 31, 8' &gt;53&lt;/a&gt;], le Concile a fait le choix de se limiter au langage johannique, tout en changeant l&#233;g&#232;rement le texte de l'&#201;vangile (i.e. en changeant&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; to pneuma&#8230;ho para tou Patros ekporeuetai&lt;/i&gt; en &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;to pneuma to hagion&#8230; to ek tou Patros ekporeuomenon&lt;/i&gt;), afin de souligner que la &#171; procession &#187; de l'Esprit s'origine &#171; dans &#187; le r&#244;le hypostatique &#233;ternel du P&#232;re en tant qu'il est source de l'&#202;tre divin, de sorte qu'on en parle le mieux comme d'une esp&#232;ce de &#171; mouvement vers le dehors (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ek&lt;/i&gt;) &#187; de lui. La nuance sous-jacente &#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ekporeuesthai&lt;/i&gt; (&#171; proc&#233;der &#187;, &#171; sortir de &#187;) et son substantif &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ekporeusis&lt;/i&gt; (&#171; procession &#187;) semble avoir &#233;t&#233; celle d'un &#171; passage vers l'ext&#233;rieur &#187; de l'int&#233;rieur d'un point d'origine. Au moins depuis l'&#233;poque des P&#232;res cappadociens, la th&#233;ologie grecque restreint presque toujours l'emploi de ce terme &#224; l'issue de l'Esprit du P&#232;re et lui donne le statut d'un terme technique pour d&#233;signer la relation entre les deux Personnes divines. D'autres vocables grecs, tel &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;proienai&lt;/i&gt; (&#233;mettre) sont souvent employ&#233;s par les P&#232;res orientaux pour parler de la &#171; mission &#187; salvatrice de l'Esprit par le P&#232;re et le Seigneur ressuscit&#233; dans l'histoire. Le mot latin &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;procedere&lt;/i&gt; d'autre part, avec son substantif &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;processio&lt;/i&gt;, &#233;voque simplement &#171; un mouvement en avant &#187;, sans y impliquer le point de d&#233;part de ce mouvement. Il est donc employ&#233; pour traduire aussi plusieurs autres vocables th&#233;ologiques grecs, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;proienai&lt;/i&gt; y compris. Thomas d'Aquin le comprend clairement comme un terme qui indique &#171; toute esp&#232;ce d'origine &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb54&quot; name=&quot;nh54&quot; id=&quot;nh54&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[54] Summa Theologiae I, 9. 36, a. 2' &gt;54&lt;/a&gt;], et il inclut en contexte trinitaire, aussi bien sa g&#233;n&#233;ration du Fils que la spiration de l'Esprit et sa mission dans le temps. Il s'ensuit que le m&#234;me mot &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;procedere&lt;/i&gt; en latin tend &#224; d&#233;signer et l'origine primordiale de l'Esprit dans le P&#232;re &#233;ternel et sa &#171; provenance &#187; du Seigneur ressuscit&#233;, alors que la th&#233;ologie grecque emploie normalement deux mots diff&#233;rents. Bien que la diff&#233;rence entre les traditions grecque et latine dans sa compr&#233;hension de l'origine &#233;ternelle de l'Esprit est plus que verbale, la pr&#233;occupation initiale de l'&#201;glise grecque au sujet de l'insertion des mots &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; dans la traduction grecque du Credo de 381, pourrait &#234;tre due, comme Maxime le Confesseur l'a expliqu&#233; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb55&quot; name=&quot;nh55&quot; id=&quot;nh55&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[55] Lettre &#224; Marinus : PG 91, 133-136' &gt;55&lt;/a&gt;], &#224; une mauvaise compr&#233;hension de part et d'autre des diff&#233;rents champs de signification impliqu&#233;s dans les vocables grecs et latins qui d&#233;signent la &#171; procession &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;2. Les probl&#232;mes de fond&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux probl&#232;mes principaux s&#233;parent manifestement les &#201;glises d'Orient et d'Occident dans leur d&#233;bat historique sur le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;. L'un est th&#233;ologique au sens strict, et l'autre eccl&#233;siologique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;2a. Le probl&#232;me th&#233;ologique :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si on comprend la &#171; th&#233;ologie &#187; dans le sens patristique comme une r&#233;flexion sur Dieu comme Trinit&#233;, le probl&#232;me th&#233;ologique &#224; l'arri&#232;re-plan de cette dispute consiste &#224; savoir si l'on consid&#232;re que le Fils joue un r&#244;le quelconque dans l'origine de l'Esprit, en tant qu'hypostase ou &#171; Personne &#187; divine, du P&#232;re, qui est la source derni&#232;re du Myst&#232;re divin. La tradition grecque, comme nous l'avons vu, s'est g&#233;n&#233;ralement appuy&#233; sur Jean 15, 26 et sur la formulation du Credo de 381, pour affirmer que la seule chose que nous savons de l'origine hypostatique de l'Esprit, est qu'Il &#171; proc&#232;de du P&#232;re &#187; d'une mani&#232;re qui se distingue de la &#171; g&#233;n&#233;ration &#187; du Fils par le P&#232;re, mais qui lui est parall&#232;le [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb56&quot; name=&quot;nh56&quot; id=&quot;nh56&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[56] e.g. Jean Damasc&#232;ne, De la foi orthodoxe 1, 8' &gt;56&lt;/a&gt;]. Cette m&#234;me tradition n&#233;anmoins reconna&#238;t que la &#171; mission &#187; de l'Esprit dans le monde implique aussi le Fils, qui re&#231;oit l'Esprit dans son humanit&#233; lors de son bapt&#234;me, souffle l'Esprit sur les Douze le soir de la r&#233;surrection, et envoie l'Esprit avec puissance dans le monde, gr&#226;ce &#224; la pr&#233;dication charismatique des Ap&#244;tres, le jour de la Pentec&#244;te. La tradition latine d'autre part, depuis Tertullien, a eu tendance &#224; supposer que, puisque l'ordre dans lequel l'&#201;glise &#233;num&#232;re normalement les Personnes de la Trinit&#233; place l'Esprit apr&#232;s le Fils, on doit penser que l'Esprit provient &#171; du &#187; P&#232;re &#171; par &#187; le Fils. Augustin, qui en maints passages insiste sur le fait que le Saint-Esprit &#171; proc&#232;de du P&#232;re, parce qu'en tant que Dieu Il n'est pas inf&#233;rieur au Fils [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb57&quot; name=&quot;nh57&quot; id=&quot;nh57&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[57] De fide et symbolo 9, 19 ; Enchiridion 9, 3' &gt;57&lt;/a&gt;], d&#233;veloppe en d'autres textes sa compr&#233;hension classique, &#224; savoir que l'Esprit &#171; proc&#232;de &#187; aussi du Fils parce qu'Il est dans l'histoire sainte, l'Esprit et le &#171; don &#187; conjoint du P&#232;re et du Fils [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb58&quot; name=&quot;nh58&quot; id=&quot;nh58&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[58] e. g. De la Trinit&#233; 4, 20-29 ; Trait&#233;s sur l&amp;#39;&#201;vangile de Jean 99, (...)' &gt;58&lt;/a&gt;], don qui s'origine dans leur propre &#233;change &#233;ternel d'amour [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb59&quot; name=&quot;nh59&quot; id=&quot;nh59&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[59] De la Trinit&#233; 15, 17. 29' &gt;59&lt;/a&gt;]. Pour Augustin, cette participation du Fils dans la procession de l'Esprit ne contredit pas le r&#244;le du P&#232;re en tant qu'unique source derni&#232;re du Fils et de l'Esprit, mais elle est donn&#233;e par le P&#232;re dans la g&#233;n&#233;ration du Fils : &#171; Le Saint-Esprit de ce fait tient du P&#232;re lui-m&#234;me, qu'Il proc&#232;de aussi du Fils comme Il proc&#232;de du P&#232;re &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb60&quot; name=&quot;nh60&quot; id=&quot;nh60&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[60] Trait&#233;s sur l&amp;#39;&#201;vangile de Jean 99, 8' &gt;60&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une part importante de la diff&#233;rence entre les traditions latine et grecque est due manifestement &#224; la diff&#233;rence subtile entre le mot latin &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;procedere&lt;/i&gt; et le mot grec &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ekporeuesthai&lt;/i&gt;. Comme on l'a not&#233;, la &#171; provenance &#187; de l'Esprit est d&#233;sign&#233;e d'une mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale par le mot latin, sans que ce dernier connote, comme le mot grec, l'origine derni&#232;re. La &#171; procession &#187; de l'Esprit du Fils, cependant, est comprise par la th&#233;ologie latine comme une relation quelque peu diff&#233;rente de sa &#171; procession &#187; du P&#232;re, m&#234;me lorsque, selon les explications d'Anselme de Cantorb&#233;ry et de Thomas d'Aquin, la relation du P&#232;re et du Fils &#224; l'Esprit Saint est dite constituer &#171; un seul principe &#187; de l'origine de l'Esprit. M&#234;me s'Ils spirent ensemble l'Esprit, selon ses th&#233;ologiens latins ult&#233;rieurs, le P&#232;re garde la priorit&#233;, puisque Il donne au Fils tout ce qu'Il a et rend possible tout ce qu'Il fait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des th&#233;ologiens grecs &#233;galement se sont efforc&#233;s de trouver des mani&#232;res d'exprimer que le Fils, qui envoie l'Esprit dans l'histoire, joue lui aussi un certain r&#244;le m&#233;diateur dans l'&#234;tre &#233;ternel et l'activit&#233; de l'Esprit. Gr&#233;goire de Nysse, par exemple, explique que nous pouvons seulement distinguer les hypostases dans le Myst&#232;re de Dieu en &#171; croyant que l'un est la cause, l'autre de la cause ; et dans ce qui est de la cause nous reconnaissons encore une autre distinction : l'une vient directement du premier, l'autre est par celui qui vient directement du premier &#187;. Il est caract&#233;ristique de la &#171; m&#233;diation &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;mesiteia&lt;/i&gt;) du Fils dans l'origine de l'Esprit, ajoute-t-il, qu'elle pr&#233;serve &#224; la fois son &#234;tre Unique-engendr&#233; au Fils et permet que l'Esprit a une &#171; relation naturelle &#187; au P&#232;re [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb61&quot; name=&quot;nh61&quot; id=&quot;nh61&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[61] A Ablabius, GNO III/1, p. 56, 3-10' &gt;61&lt;/a&gt;]. Le Concile des Blachernes (1285), au 13e si&#232;cle, pr&#233;sid&#233; par le patriarche Gr&#233;goire II de Constantinople, alla plus loin dans l'interpr&#233;tation des textes patristiques parlant de l'&#234;tre de l'Esprit &#171; par &#187; le Fils et ce en harmonie avec la tradition orthodoxe. Dans son Tomos, le Concile proposa que l'Esprit Saint, quoique la foi chr&#233;tienne doit maintenir qu'Il re&#231;oit son existence et son identit&#233; hypostatique uniquement du P&#232;re, seule cause de l'&#202;tre divin, &#171; brille du Fils et est manifest&#233; &#233;ternellement par lui &#224; la mani&#232;re dont brille la lumi&#232;re et est manifest&#233;e par les rayons du soleil [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb62&quot; name=&quot;nh62&quot; id=&quot;nh62&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[62] PG 142, 240 C-D' &gt;62&lt;/a&gt;]. Au si&#232;cle suivant, Gr&#233;goire Palamas a propos&#233; une interpr&#233;tation similaire de cette relation dans un certain nombre de ses ouvrages. Dans sa Confession de 1351, par exemple, il affirme que le Saint-Esprit &#171; a le P&#232;re comme fondation, source et cause &#187;, mais &#171; repose dans le Fils &#187; et &#171; est envoy&#233;, &#224; savoir manifest&#233;, par le Fils &#187; (&#8230;). Du point de vue de l'&#233;nergie divine transcendante, mais pas du point de vue de la substance ou de l'&#234;tre hypostatique, &#171; l'Esprit se r&#233;pand &#224; partir du P&#232;re par le Fils, et si vous voulez, &#224; partir du Fils, sur tous ceux qui en sont dignes &#187;, communication qui peut &#234;tre appel&#233;e &#171; procession &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ekporeusis&lt;/i&gt;) au sens large [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb63&quot; name=&quot;nh63&quot; id=&quot;nh63&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[63] Trait&#233;s apodictiques I' &gt;63&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les traditions latine et grecque manifestent un certain d&#233;saccord sur la question fondamentale de l'origine &#233;ternelle de l'Esprit comme Personne divine distincte. La th&#233;ologie occidentale au moyen &#226;ge, sous l'influence d'Anselme et de Thomas d'Aquin, con&#231;oit presque unanimement l'identit&#233; de chaque Personne divine comme d&#233;finie par ses &#171; relations d'opposition &#187; aux deux autres Personnes (en d'autres mots, par les relations d'origine qui les d&#233;finissent mutuellement), et conclue que l'Esprit Saint ne pourrait pas &#234;tre distingu&#233; hypostatiquement du Fils si l'Esprit &#171; proc&#233;dait &#187; du P&#232;re seul. La compr&#233;hension latine de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;processio&lt;/i&gt; comme terme g&#233;n&#233;rique de l' &#171; origine &#187;, on peut dire aussi qu'apr&#232;s tout que le Fils &#171; proc&#232;de du P&#232;re &#187; en tant qu'engendr&#233; de lui. La th&#233;ologie orientale, recourant &#224; la tournure de Jean 15, 26 et du Credo de 381, continue de comprendre la langage de la &#171; procession &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ekporeusis&lt;/i&gt;) comme indiquant une relation causale unique, exclusive et distincte entre l'Esprit et le P&#232;re. En g&#233;n&#233;ral, elle limite le r&#244;le du Fils &#224; la &#171; manifestation &#187; et &#224; la &#171; mission &#187; de l'Esprit dans l'agir divin de la cr&#233;ation et de la r&#233;demption. Ces diff&#233;rences, bien que subtiles, sont substantielles. Le poids m&#234;me des traditions th&#233;ologiques qui les soutiennent les rend d'autant plus difficile &#224; r&#233;concilier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;2b. Le probl&#232;me eccl&#233;siologique :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'autre question pr&#233;sente, depuis la fin du 8e si&#232;cle, dans le d&#233;bat sur le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;, est celle de l'autorit&#233; pastorale et magist&#233;rielle dans l'&#201;glise ; plus sp&#233;cifiquement, celle de l'autorit&#233; de l'&#233;v&#234;que de Rome &#224; r&#233;soudre d&#233;finitivement les questions dogmatiques, simplement en vertu de sa charge. Depuis le Concile d'&#201;ph&#232;se (431), la tradition dogmatique des &#201;glises orientale et occidentale a affirm&#233; &#224; plusieurs reprises que le crit&#232;re dernier de l'orthodoxie dans l'interpr&#233;tation de l'&#201;vangile chr&#233;tien doit &#234;tre &#171; la foi de Nic&#233;e &#187;. La tradition orthodoxe consid&#232;re que les Credos et les canons formul&#233;s par les Conciles, re&#231;us par les &#201;glises apostoliques comme &#171; &#339;cum&#233;niques &#187;, sont l'expression normative de cette foi, parce qu'ils expriment la foi apostolique universelle de toujours. La tradition catholique re&#231;oit aussi les formules conciliaires comme dogmatiquement normatives, et attribue une importance unique aux sept Conciles accept&#233;s comme &#339;cum&#233;niques par les &#201;glises catholique et orthodoxe. La tradition catholique cependant, en reconnaissant la primaut&#233; universelle de l'&#233;v&#234;que de Rome en mati&#232;re de foi et de service &#224; l'unit&#233;, accepte que le pape a autorit&#233; pour confirmer le processus de r&#233;ception conciliaire et pour d&#233;finir ce qui est ou n'est pas en conflit avec la &#171; foi de Nic&#233;e &#187; et la tradition apostolique. Ainsi, alors que la th&#233;ologie orthodoxe a consid&#233;r&#233; que l'approbation finale par les papes, au 11e si&#232;cle, de l'emploi du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; dans la Credo latin comme une usurpation de l'autorit&#233; dogmatique n'appartenant qu'aux Conciles &#339;cum&#233;niques, la th&#233;ologie catholique l'a consid&#233;r&#233; comme &#233;tant un exercice l&#233;gitime de l'autorit&#233; primatiale, qui proclame et &#233;lucide la foi de l'&#201;glise. Notre &#233;tude commune nous a montr&#233; &#224; plusieurs reprises, que la question du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; est devenue un th&#232;me majeur justement &#224; des &#233;poques o&#249; des questions de pouvoir et de contr&#244;le ont pr&#233;occup&#233; nos &#201;glises. La question &#233;tait avanc&#233;e soit comme une condition pour am&#233;liorer les relations, soit comme une raison pour laisser perdurer la d&#233;sunion sans gu&#233;rir la blessure.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout comme dans le probl&#232;me th&#233;ologique de l'origine du Saint-Esprit, cette divergence dans la compr&#233;hension de la structure et de l'exercice de l'autorit&#233; en &#201;glise est certainement tr&#232;s grave. Il ne fait pas de doute que la primaut&#233; du pape, avec toutes ses implications, demeure le probl&#232;me fondamental &#224; l'arri&#232;re-plan de toutes les questions de th&#233;ologie et de pratique qui continuent de diviser nos Communions. Nous avons n&#233;anmoins trouv&#233; opportun de s&#233;parer m&#233;thodologiquement ces deux probl&#232;mes dans la discussion en cours sur le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt;, et de reconna&#238;tre qu'il faut approcher le myst&#232;re des relations entre les Personnes en Dieu par un autre biais que par la question de savoir si oui ou non il est correct que les &#201;glises d'Occident proclament la foi de Nic&#233;e en des termes qui ne co&#239;ncident pas avec le texte original du Credo de Nic&#233;e de 381.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;3. R&#233;flexions ult&#233;rieures&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On a souvent remarqu&#233; que la th&#233;ologie du Saint-Esprit est une aire sous-d&#233;velopp&#233;e de la r&#233;flexion th&#233;ologique chr&#233;tienne. Cela semble &#234;tre vrai m&#234;me pour la question de l'origine du Saint-Esprit. Quoiqu'on ait beaucoup &#233;crit sur les arguments en faveur ou contraire &#224; la th&#233;ologie du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; depuis l'&#233;poque carolingienne, presque toute cette litt&#233;rature a &#233;t&#233; de nature pol&#233;mique, r&#233;dig&#233;e pour justifier des positions consid&#233;r&#233;es de part et d'autre comme non n&#233;gociables. Peu d'effort a &#233;t&#233; fait jusqu'aux temps modernes de chercher de nouvelles voies pour exprimer et expliquer la compr&#233;hension biblique et patristique de la personne et de l'&#339;uvre de l'Esprit Saint. Cette recherche pourrait servir &#224; reconsid&#233;rer &#224; nouveaux frais la discussion et conduire toutes les &#201;glises &#224; un consensus sur des sujets essentiels en continuit&#233; avec les deux traditions. R&#233;cemment, un certain nombre de th&#233;ologiens de diff&#233;rentes &#201;glises a sugg&#233;r&#233; que le temps est venu de revenir ensemble &#224; cette question, dans un esprit authentiquement &#339;cum&#233;nique, et de chercher de nouvelles expressions dans notre articulation de la foi apostolique, qui pourraient jouir finalement d'une r&#233;ception chr&#233;tienne &#339;cum&#233;nique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre Commission accepte les d&#233;fis et soutient pareille entreprise th&#233;ologique commune. Nous esp&#233;rons qu'un processus s&#233;rieux de r&#233;flexion sur la th&#233;ologie du Saint-Esprit, fond&#233; sur les &#201;critures et l'enti&#232;re tradition de la th&#233;ologie chr&#233;tienne, et men&#233; dans un esprit d'ouverture &#224; de nouvelles formulations et structures conceptuelles en harmonie avec cette tradition, pourra aider nos &#201;glises &#224; d&#233;couvrir des profondeurs nouvelles de la foi commune et &#224; cro&#238;tre en estime pour nos p&#232;res respectifs. Nous conseillons vivement, de plus, que nos deux &#201;glises, ensemble et s&#233;par&#233;ment, persistent dans leurs efforts de r&#233;flexion sur la primaut&#233; et la synodalit&#233; au sein des structures eccl&#233;siales d'enseignement et de pratique pastorale, reconnaissant que sur ces points aussi une ouverture soutenue &#224; un d&#233;veloppement doctrinal et pratique, intimement li&#233; &#224; l'&#339;uvre de l'Esprit dans la communaut&#233;, reste une n&#233;cessit&#233; cruciale. Dans son cinqui&#232;me discours th&#233;ologique sur la divinit&#233; du Saint-Esprit Gr&#233;goire de Nazianze nous rappelle que la lente d&#233;couverte par l'&#201;glise du v&#233;ritable statut et de l'identit&#233; de l'Esprit Saint fait tout simplement partie de &#171; l'ordre de la th&#233;ologie &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;taxis t&#232;s theologias&lt;/i&gt;) gr&#226;ce auquel &#171; la lumi&#232;re se l&#232;ve pour nous graduellement &#187; dans notre intelligence du myst&#232;re salvateur de Dieu [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb64&quot; name=&quot;nh64&quot; id=&quot;nh64&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[64] Or. 31, 27' &gt;64&lt;/a&gt;]. Ce n'est que si nous &#171; &#233;coutons ce que l'Esprit dit aux &#201;glises &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb65&quot; name=&quot;nh65&quot; id=&quot;nh65&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[65] Apc 3, 22' &gt;65&lt;/a&gt;], que nous serons capables de demeurer fid&#232;les &#224; la Bonne Nouvelle pr&#234;ch&#233;e par les Ap&#244;tres, tout en croissant dans l'intelligence de cette foi. C'est la t&#226;che de la th&#233;ologie.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;IV. Recommandations&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous sommes conscients que le probl&#232;me de la th&#233;ologie du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Filioque&lt;/i&gt; et de son emploi dans le Credo, n'est pas seulement probl&#232;me entre la Communion catholique et la Communion orthodoxe. Beaucoup d'&#201;glises protestantes aussi, redevables &#224; l'h&#233;ritage th&#233;ologique de l'Occident m&#233;di&#233;val, estiment que l'expression fait partie int&#233;grante de la profession de foi chr&#233;tienne orthodoxe. M&#234;me si le dialogue entre quelques unes de ces &#201;glises et la communion orthodoxe a d&#233;j&#224; touch&#233; cette question, toute future r&#233;solution du d&#233;saccord entre l'Orient et l'Occident sur l'origine de l'Esprit doit impliquer toutes les communaut&#233;s qui professent le Credo de 381 comme norme de leur foi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pleinement consciente de ses limites, notre Commission formule n&#233;anmoins les recommandations th&#233;ologiques et pratiques &#224; l'adresse des fid&#232;les et des &#233;v&#234;ques de nos &#201;glises :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; Que nos &#201;glises s'engagent &#224; un dialogue nouveau et s&#233;rieux sur l'origine et la personne du Saint-Esprit, en recourant aux Saintes &#201;critures et &#224; toutes les richesses des traditions th&#233;ologiques de nos deux &#201;glises et qu'elles cherchent des voies constructives dans l'expression de ce qui est au c&#339;ur de notre foi dans cette question difficile ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; Que tous ceux qui sont engag&#233;s dans ce dialogue, reconnaissent express&#233;ment les limites de nos possibilit&#233;s d'avancer des affirmations d&#233;finitives sur Dieu lorsqu'il s'agit de sa vie intime.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; Que dans l'avenir, en raison des progr&#232;s faits dans la compr&#233;hension r&#233;ciproque durant les derni&#232;res d&#233;cennies, les orthodoxes et les catholiques s'abstiennent d'&#233;tiqueter comme h&#233;r&#233;tiques les traditions les unes des autres sur la procession du Saint-Esprit ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; Que les th&#233;ologiens orthodoxes et catholiques distinguent plus nettement la divinit&#233; et l'identit&#233; hypostatique du Saint-Esprit, dogme re&#231;u dans nos &#201;glises, et le mode d'origine de l'Esprit, dogme qui attend encore une solution &#339;cum&#233;nique pleine et finale ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; Que les personnes engag&#233;es dans le dialogue sur ce probl&#232;me distinguent, autant que possible, les questions th&#233;ologiques du mode d'origine du Saint-Esprit des questions eccl&#233;siologiques de la primaut&#233; et de l'autorit&#233; doctrinale dans l'&#201;glise, m&#234;me si nous examinons s&#233;rieusement ensemble les deux questions ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; Que le dialogue th&#233;ologique entre nos &#201;glises prennent attentivement en consid&#233;ration le statut des conciles ult&#233;rieurs, tenus dans l'une et l'autre &#201;glises, aux sept g&#233;n&#233;ralement re&#231;us dans nos &#201;glises ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; Que l'&#201;glise catholique, en raison de la valeur normative et dogmatiquement irr&#233;formable du Credo de 381, n'utilise que le texte grec original dans ses traductions pour usage cat&#233;ch&#233;tique et liturgique ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; Que l'&#201;glise catholique, suite &#224; un consensus th&#233;ologique grandissant, et en particulier suite aux paroles de Paul VI, d&#233;clare que la condamnation du 2e Concile de Lyon (1274) de &#171; ceux qui ont l'audace de nier que le Saint-Esprit proc&#232;de &#233;ternellement du P&#232;re et du Fils &#187; ne s'applique plus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous proposons ces recommandations &#224; nos &#201;glises, convaincus que nous sommes, gr&#226;ce &#224; une &#233;tude et des &#233;changes intensifs, que les mani&#232;res diff&#233;rentes de nos traditions de comprendre la procession du Saint-Esprit, ne doivent plus nous diviser. Nous croyons plut&#244;t que notre profession de l'antique Credo de Constantinople doit pouvoir devenir, gr&#226;ce &#224; un m&#234;me usage et &#224; nos nouvelles tentatives de compr&#233;hension r&#233;ciproque, le fondement d'une unit&#233; plus consciente dans la foi commune, que toute th&#233;ologie essaie simplement de clarifier et d'approfondir. Bien que notre expression de la v&#233;rit&#233; que Dieu r&#233;v&#232;le de son &#202;tre propre ne peut que rester toujours born&#233;e par les limites de l'entendement humain et de nos mots, nous croyons que c'est vraiment &#171; l'Esprit de v&#233;rit&#233; &#187; que J&#233;sus souffle sur son &#201;glise, qui demeure jusqu'&#224; pr&#233;sent avec nous pour &#171; nous conduire dans la v&#233;rit&#233; toute enti&#232;re &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb66&quot; name=&quot;nh66&quot; id=&quot;nh66&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[66] Jn 16 ,13' &gt;66&lt;/a&gt;]. Nous prions pour que la compr&#233;hension qu'ont nos &#201;glises de l'Esprit cesse d'&#234;tre pour nous un scandale ou un obstacle &#224; l'unit&#233; dans le Christ. Puisse l'unique v&#233;rit&#233; vers laquelle l'Esprit Saint nous conduit, &#234;tre vraiment un &#171; lien de la paix &#187; [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb67&quot; name=&quot;nh67&quot; id=&quot;nh67&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[67] Eph 4, 3' &gt;67&lt;/a&gt;] pour nous et pour tous les chr&#233;tiens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh1&quot; name=&quot;nb1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Gn 1, 2&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh2&quot; name=&quot;nb2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Juges 13, 25 : Samson&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh3&quot; name=&quot;nb3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] 1 Sam 10, 9-12 ; 19, 18-24 : Saul et David&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh4&quot; name=&quot;nb4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] Is 61, 1 ; cf. 42, 1 ; 2 R 2, 9&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh5&quot; name=&quot;nb5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Ex 31, 3&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh6&quot; name=&quot;nb6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] Ps 51, 13&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh7&quot; name=&quot;nb7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] Ps 143, 10&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh8&quot; name=&quot;nb8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] Ps 51, 12-14&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh9&quot; name=&quot;nb9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] Ez 37, 14&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh10&quot; name=&quot;nb10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;] Mt 1, 18. 20 ; Lc 1, 35&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh11&quot; name=&quot;nb11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;] Lc 1, 15&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh12&quot; name=&quot;nb12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] Mt 3, 16 ; Mc 1, 10 ; Lc 3,22 ; Jn 1, 33&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh13&quot; name=&quot;nb13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 13&quot;&gt;13&lt;/a&gt;] Mt 4, 1 ; Lc 4, 1&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh14&quot; name=&quot;nb14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 14&quot;&gt;14&lt;/a&gt;] Lc 4, 18-21&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh15&quot; name=&quot;nb15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 15&quot;&gt;15&lt;/a&gt;] Mt 12, 28-32&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh16&quot; name=&quot;nb16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 16&quot;&gt;16&lt;/a&gt;] Mt 3, 11 ; Lc 3, 16 ; cf. Jn 1, 33&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh17&quot; name=&quot;nb17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 17&quot;&gt;17&lt;/a&gt;] Act 1, 5&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh18&quot; name=&quot;nb18&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 18&quot;&gt;18&lt;/a&gt;] Lc 24, 49 ; Act 1, 8&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh19&quot; name=&quot;nb19&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 19&quot;&gt;19&lt;/a&gt;] 4, 31-32&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh20&quot; name=&quot;nb20&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 20&quot;&gt;20&lt;/a&gt;] 8, 55&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh21&quot; name=&quot;nb21&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 21&quot;&gt;21&lt;/a&gt;] Act 10, 47&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh22&quot; name=&quot;nb22&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 22&quot;&gt;22&lt;/a&gt;] Jn 14, 16-17&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh23&quot; name=&quot;nb23&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 23&quot;&gt;23&lt;/a&gt;] Jn 14, 26&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh24&quot; name=&quot;nb24&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 24&quot;&gt;24&lt;/a&gt;] Jn 15, 26&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh25&quot; name=&quot;nb25&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 25&quot;&gt;25&lt;/a&gt;] cf. Jn 1, 14 ; 14, 6&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh26&quot; name=&quot;nb26&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 26&quot;&gt;26&lt;/a&gt;] Jn 16, 14-15&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh27&quot; name=&quot;nb27&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 27&quot;&gt;27&lt;/a&gt;] H&#233;b 3, 7 ; 9, 8&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh28&quot; name=&quot;nb28&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 28&quot;&gt;28&lt;/a&gt;] Rom 1, 4 ; 8, 11&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh29&quot; name=&quot;nb29&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 29&quot;&gt;29&lt;/a&gt;] Rom 8, 11&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh30&quot; name=&quot;nb30&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 30&quot;&gt;30&lt;/a&gt;] Rom 8, 14-17&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh31&quot; name=&quot;nb31&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 31&quot;&gt;31&lt;/a&gt;] Rom 8, 23-27&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh32&quot; name=&quot;nb32&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 32&quot;&gt;32&lt;/a&gt;] Rom 5, 5&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh33&quot; name=&quot;nb33&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 33&quot;&gt;33&lt;/a&gt;] par ex. Tertullien, Adversus Praxean 4 et 5&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh34&quot; name=&quot;nb34&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 34&quot;&gt;34&lt;/a&gt;] ibid. 2&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh35&quot; name=&quot;nb35&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 35&quot;&gt;35&lt;/a&gt;] ibid. 8&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh36&quot; name=&quot;nb36&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 36&quot;&gt;36&lt;/a&gt;] De Trinitate 12, 56&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh37&quot; name=&quot;nb37&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 37&quot;&gt;37&lt;/a&gt;] ibid. 2, 29&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh38&quot; name=&quot;nb38&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 38&quot;&gt;38&lt;/a&gt;] Jn 16, 15&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh39&quot; name=&quot;nb39&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 39&quot;&gt;39&lt;/a&gt;] ibid. 8, 20&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh40&quot; name=&quot;nb40&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 40&quot;&gt;40&lt;/a&gt;] Du Saint-Esprit 1, 11, 20&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh41&quot; name=&quot;nb41&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 41&quot;&gt;41&lt;/a&gt;] canon 11&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh42&quot; name=&quot;nb42&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 42&quot;&gt;42&lt;/a&gt;] canon 3&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh43&quot; name=&quot;nb43&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 43&quot;&gt;43&lt;/a&gt;] Hist. Eccl. Gent. Angl. 4, 15 &#8249;17&#8250;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh44&quot; name=&quot;nb44&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 44&quot;&gt;44&lt;/a&gt;] par ex. De la Trinit&#233; 4, 29 ; 15, 10. 12. 29. 37&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh45&quot; name=&quot;nb45&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 45&quot;&gt;45&lt;/a&gt;] Mansi 13,760&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh46&quot; name=&quot;nb46&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 46&quot;&gt;46&lt;/a&gt;] ibid., 759-810&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh47&quot; name=&quot;nb47&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 47&quot;&gt;47&lt;/a&gt;] voir Mansi 13, 899-906&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh48&quot; name=&quot;nb48&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 48&quot;&gt;48&lt;/a&gt;] Mansi 14, 23-76&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh49&quot; name=&quot;nb49&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 49&quot;&gt;49&lt;/a&gt;] Mystagogie IX, 11&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh50&quot; name=&quot;nb50&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 50&quot;&gt;50&lt;/a&gt;] PL 188, 1206 B &#8211; 1210 B&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh51&quot; name=&quot;nb51&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 51&quot;&gt;51&lt;/a&gt;] cf. infra&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh52&quot; name=&quot;nb52&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 52&quot;&gt;52&lt;/a&gt;] &#167; 6&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh53&quot; name=&quot;nb53&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 53&quot;&gt;53&lt;/a&gt;] Or. 31, 8&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh54&quot; name=&quot;nb54&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 54&quot;&gt;54&lt;/a&gt;] Summa Theologiae I, 9. 36, a. 2&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh55&quot; name=&quot;nb55&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 55&quot;&gt;55&lt;/a&gt;] Lettre &#224; Marinus : PG 91, 133-136&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh56&quot; name=&quot;nb56&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 56&quot;&gt;56&lt;/a&gt;] e.g. Jean Damasc&#232;ne, De la foi orthodoxe 1, 8&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh57&quot; name=&quot;nb57&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 57&quot;&gt;57&lt;/a&gt;] De fide et symbolo 9, 19 ; Enchiridion 9, 3&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh58&quot; name=&quot;nb58&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 58&quot;&gt;58&lt;/a&gt;] e. g. De la Trinit&#233; 4, 20-29 ; Trait&#233;s sur l'&#201;vangile de Jean 99, 6-7&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh59&quot; name=&quot;nb59&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 59&quot;&gt;59&lt;/a&gt;] De la Trinit&#233; 15, 17. 29&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh60&quot; name=&quot;nb60&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 60&quot;&gt;60&lt;/a&gt;] Trait&#233;s sur l'&#201;vangile de Jean 99, 8&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh61&quot; name=&quot;nb61&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 61&quot;&gt;61&lt;/a&gt;] A Ablabius, GNO III/1, p. 56, 3-10&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh62&quot; name=&quot;nb62&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 62&quot;&gt;62&lt;/a&gt;] PG 142, 240 C-D&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh63&quot; name=&quot;nb63&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 63&quot;&gt;63&lt;/a&gt;] Trait&#233;s apodictiques I&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh64&quot; name=&quot;nb64&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 64&quot;&gt;64&lt;/a&gt;] Or. 31, 27&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh65&quot; name=&quot;nb65&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 65&quot;&gt;65&lt;/a&gt;] Apc 3, 22&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh66&quot; name=&quot;nb66&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 66&quot;&gt;66&lt;/a&gt;] Jn 16 ,13&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh67&quot; name=&quot;nb67&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 67&quot;&gt;67&lt;/a&gt;] Eph 4, 3&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;This approved translation was provided by the review Ir&#233;nikon of the Monastery of Chevetogne, Belgium&lt;/div&gt;
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	</item>



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		<title>Histoire Sainte et Histoire de l'Eglise</title>
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<category domain="http://meurgues.fr/spip/spip.php?rubrique1">Catholicisme</category>


		<description>Principes et notions fondamentales. &lt;br /&gt;1. Dans son infinie sagesse, Dieu avait donn&#233; pour fin derni&#232;re &#224; toutes les choses cr&#233;&#233;es par lui de procurer sa gloire en manifestant ces divines perfections. Ainsi l'homme, dans le monde visible principalement, devait favoriser et r&#233;aliser cette fin, selon sa nature raisonnable, par les actes libres de sa volont&#233;, c'est-&#224;-dire en connaissant Dieu, en l'aimant et le servant et en obtenant de lui la r&#233;compense que le Cr&#233;ateur lui aurait est ensuite donn&#233;e. Ce (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://meurgues.fr/spip/IMG/arton1.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;258&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Principes et notions fondamentales.&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1. Dans son infinie sagesse, Dieu avait donn&#233; pour fin derni&#232;re &#224; toutes les choses cr&#233;&#233;es par lui de procurer sa gloire en manifestant ces divines perfections.
Ainsi l'homme, dans le monde visible principalement, devait favoriser et r&#233;aliser cette fin, selon sa nature raisonnable, par les actes libres de sa volont&#233;, c'est-&#224;-dire en connaissant Dieu, en l'aimant et le servant et en obtenant de lui la r&#233;compense que le Cr&#233;ateur lui aurait est ensuite donn&#233;e. Ce lien moral, cette loi universelle par laquelle l'homme se trouve par nature li&#233; &#224; Dieu est ce qu'on appelle la religion naturelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2. Mais dans sa bont&#233;, Dieu a voulu pr&#233;parer &#224; l'homme une r&#233;compense bien plus grande et plus &#233;lev&#233;e qu'il ne pourrait jamais imaginer ni d&#233;sir&#233;e, car il a voulu l'associer &#224; sa propre f&#233;licit&#233;.
Il r&#233;sulte de l&#224; que, pour une telle fin, la religion naturelle ne pouvait plus suffire et qu'il a fallu que Dieu instruit si l'homme de ses devoirs religieux. On comprend donc que d&#232;s l'origine la religion dut &#234;tre r&#233;v&#233;l&#233;e, c'est-&#224;-dire d&#233;couverte, enseign&#233;e par Dieu &#224; l'homme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3. De fait, Dieu r&#233;v&#233;la la religion &#224; Adam et aux premiers patriarches qui se succ&#233;daient et, au cours de leurs tr&#232;s longues vies, pouvaient facilement transmettre aux plus jeunes les enseignements re&#231;us : jusqu'au jour o&#249; Dieu se fut form&#233; un peuple qui conserva cette religion primitive jusqu'&#224; la venue du Sauveur J&#233;sus-Christ, le Verbe de Dieu incarn&#233;. J&#233;sus ne la d&#233;truisit pas, mais la compl&#233;ta, la perfectionna et en confia la garde &#224; l'Eglise pour tous les si&#232;cles.
Voil&#224; ce que prouve l'histoire de la religion qui se confond, peut-on dire, avec l'histoire de l'humanit&#233;. Il est clair, par suite, que tout ce qui porte le nom de religions, en dehors de l'unique religion v&#233;ritable r&#233;v&#233;l&#233;e de Dieu, ce sont inventions des hommes et d&#233;viations de la V&#233;rit&#233;, dont quelques-unes conservent certains lambeaux mais unis beaucoup de mensonges et d'absurdit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4. Quant aux sectes, ou Eglises en rupture avec la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine, elles furent toujours constitu&#233;es
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; ou par des hommes pr&#233;somptueux qui abandonn&#232;rent le sentiment de l'Eglise universelle pour s'attacher volontairement et obstin&#233;ment &#224; quelque erreur &#233;mise contre la foi par eux ou par un autre, et ce sont les h&#233;r&#233;tiques ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; ou par des hommes orgueilleux et avides de domination qui, se croyant plus &#233;clair&#233;s que la sainte Eglise, entra&#238;n&#232;rent une partie de ses fils &#224; d&#233;chirer, contre la parole du Christ, l'unit&#233; catholique, se s&#233;parant du Pape et de l'Episcopat en communion avec lui, et ce sont les schismatiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au contraire, le fid&#232;le chr&#233;tien catholique qui incline sa raison devant la parole de Dieu que lui pr&#234;chent au nom de l'Eglise les pasteurs l&#233;gitimes, et qui accomplit fid&#232;lement la sainte loi divine, marche s&#251;rement dans le chemin qui le conduit &#224; sa fin derni&#232;re et, plus il s'instruit dans la religion, mieux il comprend &#224; quel point notre sainte foi est raisonnable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5. Tel fut donc exactement le mode &#233;tabli par Dieu pour la transmission perp&#233;tuelle de sa religion : la communication continue des g&#233;n&#233;rations entre elles, les anciens enseignant la v&#233;rit&#233; &#224; leurs fils qui la transmettent de m&#234;me &#224; leurs descendants. Et cela devait durer m&#234;me apr&#232;s que, au cours du temps, une partie de la loi divine fut, par la volont&#233; de Dieu, consign&#233;e dans des livres par des &#233;crivains inspir&#233;s de lui.
Ses livres &#233;crits sous l'inspiration divine s'appellent Sainte Ecriture, Livres Saints ou Sainte Bible. On appelle livres de l'Ancien Testament ceux qui furent &#233;crits avant la venue de J&#233;sus-Christ, et ceux qui furent &#233;crits apr&#232;s sont appel&#233;s livres du Nouveau Testament.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;6. Ici le mot Testament vous dire Alliance, pacte fait par Dieu avec les hommes : de les sauver par le moyen d'un R&#233;dempteur qu'il leur promet, &#224; condition qu'ils pr&#234;tent foi &#224; ses paroles et ob&#233;issance &#224; ses lois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Pacte ancien fut conclu par Dieu, d'abord avec Adam et No&#233;, ensuite plus sp&#233;cialement avec Abraham et sa descendance : il imposait la foi au R&#233;dempteur &#224; venir ou Messie, et l'observation de la loi donn&#233;e au commencement par Dieu, puis promulgu&#233;e pour son peuple par l'interm&#233;diaire de Mo&#239;se.
Le Pacte nouveau, apr&#232;s la venue de J&#233;sus-Christ, notre R&#233;dempteur et Sauveur, est conclu par Dieu avec tous ceux qui re&#231;oivent le signe, la marque &#233;tablie par lui, le bapt&#234;me, qui croient en lui et observent la loi que J&#233;sus-Christ est venu perfectionner et compl&#233;ter, la pr&#234;chant Lui-m&#234;me et l'enseignant de sa propre bouche aux Ap&#244;tres.
Ceux-ci, ayant re&#231;u du divin Ma&#238;tre l'ordre de pr&#234;cher partout le saint &#201;vangile, le pr&#234;ch&#232;rent effectivement d'une fa&#231;on orale avant qu'il ne fut &#233;crit comme il le fut ensuite par l'inspiration divine. Mais ni tous les Ap&#244;tres ni les seuls Ap&#244;tres n'&#233;crivirent et, certainement, ni les uns ni les autres n'&#233;crivirent tout ce qu'ils avaient vu et entendu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;7. D'apr&#232;s ce que nous disons ici et ce que nous avons indiqu&#233; au num&#233;ro cinq, on comprend la grande importance de la Tradition divine qui est la parole de Dieu, dite par Dieu lui-m&#234;me, de vive voix, &#224; ses premiers ministres, et venue de ceux-ci jusqu'&#224; nous par une succession continue. Aussi est-ce justement sur elle comme sur le plus solide fondement qu'est appuy&#233;e notre foi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;8. Cette Tradition divine en m&#234;me temps que la Sainte Ecriture, c'est-&#224;-dire &#224; la fois la parole de Dieu tout enti&#232;re, qu'elle soit &#233;crite ou transmise de vive voix, fut confi&#233;e par Notre-Seigneur J&#233;sus-Christ &#224; un D&#233;positaire public, perp&#233;tuel, infaillible, c'est-&#224;-dire la sainte Eglise Catholique et Apostolique.
Celle-ci se fondant pr&#233;cis&#233;ment sur cette divine Tradition, s'appuyant sur l'autorit&#233; qu'elle a re&#231;ue de Dieu et se confiant &#224; l'assistance &#224; la direction du Saint Esprit dont elle a la promesse,
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; d&#233;finit quels sont les livres qui contiennent la r&#233;v&#233;lation divine,
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; interpr&#232;te les Ecritures, en fixe le sens dans toutes les fois qu'il s'&#233;l&#232;ve un doute &#224; ce sujet,
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://meurgues.fr/spip/IMG/cache-8x11/puce-8x11.gif' width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; /&gt; d&#233;cide des choses qui regardent la foi et les m&#339;urs et juges sans appel sur toutes les questions qui, en ces mati&#232;res de supr&#234;me importance, peuvent en quelque fa&#231;on &#233;garer l'esprit et le c&#339;ur des fid&#232;les croyants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;9. Remarquons enfin que ce jugement appartient &#224; la partie d'&#233;lite de l'Eglise, appel&#233; l'Eglise enseignante, form&#233;e &#224; l'origine par les ap&#244;tres, ensuite par leurs successeurs les Ev&#234;ques, avec, &#224; leur t&#234;te, le Pape, ou Pontife Romain, successeur de saint Pierre. Le Souverain Pontife, dou&#233; par J&#233;sus-Christ de l'infaillibilit&#233; m&#234;me de l'Eglise, n&#233;cessaire pour conserver l'unit&#233; et la puret&#233; de la doctrine chr&#233;tienne, quand il parle ex cathedra, c'est-&#224;-dire comme Pasteur est Docteur de tous les chr&#233;tiens, peut, dans les choses de la foi et des m&#339;urs, faire lui-m&#234;me ses d&#233;crets et porter ses jugements, que nul ne peut rejeter sans errer dans la foi. Il peut toujours exercer sa supr&#234;me puissance en ce qui regarde m&#234;me la discipline et le bon gouvernement de l'Eglise ; et tous les fid&#232;les doivent ob&#233;ir avec une sinc&#232;re soumission d'esprit et de c&#339;ur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans cette ob&#233;issance &#224; la supr&#234;me autorit&#233; de l'Eglise et du Souverain Pontife, autorit&#233; qui nous propose les v&#233;rit&#233;s de la foi, nous impose les lois de l'Eglise et nous commande tout ce qui est n&#233;cessaire &#224; son bon gouvernement, c'est dans cette autorit&#233; que se trouve la r&#232;gle notre foi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Premi&#232;re partie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Histoire abr&#233;g&#233;e de l'Ancien Testament&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1) Cr&#233;ation du monde.&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;10. Au commencement Dieu cr&#233;a le ciel et la terre avec tout ce qu'ils renferment, et, bien qu'il e&#251;t pu accomplir en un instant ce grand ouvrage, il voulut y employer six p&#233;riodes de temps que la Sainte Ecriture appelle jours.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier jour il dit : &#171; Que la lumi&#232;re soit ! &#187; Et la lumi&#232;re fut. Le second jour, il fit le firmament ; le troisi&#232;me jour, il s&#233;para les eaux de la terre &#224; laquelle il commanda de produire des herbes, des fleurs et toute sorte de fruits ; le quatri&#232;me, il fit le soleil, la lune, et les &#233;toiles ; le cinqui&#232;me jour, il cr&#233;a les poissons et les oiseaux ; le sixi&#232;me, il cr&#233;a tous les autres animaux, et, finalement, il cr&#233;a l'homme.
Le septi&#232;me jour, Dieu cessa de cr&#233;er, et plus tard, il commanda au peuple h&#233;breu, par le minist&#232;re de Mo&#239;se, que ce septi&#232;me jour qu'il appela sabbat, c'est-&#224;-dire repos, fut sanctifi&#233; et consacr&#233; &#224; son service.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2) Cr&#233;ation de l'homme et de la femme.&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;11. Dieu cr&#233;a l'homme &#224; son image &#224; sa ressemblance, et c'est ainsi qu'il le fit : il forma son corps avec de la terre, puis il souffla sur son visage, mettant en lui une &#226;me immortelle.
Dieu donna au premier homme le nom d'Adam qui veut dire former de la terre, et le pla&#231;a en un lieu plein de d&#233;lices, appel&#233; le Paradis terrestre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;12. Mais Adam &#233;tait seul. Dieu, voulant lui donner une compagne, lui envoya un profond sommeil, et, tandis qu'il dormait, il lui enleva une c&#244;te avec laquelle il forma la femme, qu'il pr&#233;senta &#224; Adam. Celui-ci l'accueillit avec une affection reconnaissante et l'appela &#200;ve, ce qui veut dire vie, parce qu'elle deviendrait la m&#232;re de tous les vivants.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;3) Les Anges.&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;13. Avant l'homme, qui est la cr&#233;ature la plus parfaite de tout le monde sensible, Dieu avait cr&#233;&#233; une multitude infinie d'autres &#234;tres d'une nature plus &#233;lev&#233;e que l'homme, appel&#233;s Anges.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;14. Les anges, sans aucune forme ni figure sensible, parce qu'ils sont de purs esprits cr&#233;&#233;s pour subsister sans &#234;tre unis &#224; un corps, avaient &#233;t&#233; eux aussi cr&#233;&#233;s par Dieu &#224; son image, capables de le conna&#238;tre et de l'aimer, et libre de faire le bien et le mal.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;15. Au temps de l'&#233;preuve, un tr&#232;s grand nombre de ces esprits rest&#232;rent fid&#232;les &#224; Dieu, mais beaucoup d'autres p&#233;ch&#232;rent. Leur p&#233;ch&#233; fut un p&#233;ch&#233; d'orgueil, car ils voulurent &#234;tre semblables &#224; Dieu et ne pas d&#233;pendre de lui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;16. Les esprits fid&#232;les, appel&#233;s Bons Anges ou Esprits c&#233;lestes, ou simplement Anges, furent r&#233;compens&#233;s du bonheur &#233;ternel dans le paradis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;17. Les esprits infid&#232;les appel&#233;s Diables ou D&#233;mons, avec leur chef nomm&#233; Lucifer ou Satan, furent chass&#233;s du paradis et condamn&#233;s &#224; l'enfer pour toute &#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;4) P&#233;ch&#233; d'Adam et &#200;ve et leur ch&#226;timent&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;18. Dieu avait cr&#233;&#233; Adam et Eve dans un &#233;tat parfait d'innocence, de gr&#226;ce et de f&#233;licit&#233;, donc exempts de la mort et de toutes les mis&#232;res de l'&#226;me et du corps.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;19. Il leur avait permis de manger de tous les fruits du paradis terrestre, et leur avait seulement d&#233;fendu de toucher &#224; ceux d'un arbre plac&#233; au milieu du paradis et que la Sainte Ecriture appelle l' &#171; arbre de la science du bien et du mal &#187;. Il fut ainsi nomm&#233; parce que par lui, en vertu de leur ob&#233;issance, Adam et Eve auraient eu le bien, c'est-&#224;-dire une augmentation de gr&#226;ce et de f&#233;licit&#233;, ou en punition de leur d&#233;sob&#233;issance ils seraient tomb&#233;s de leur perfection, eux et leurs descendants, et auraient fait l'exp&#233;rience du mal tant spirituel que corporel.
Dieu voulait qu'Adam et &#200;ve, dans l'hommage de cette ob&#233;issance, le reconnussent pour leur Seigneur et Ma&#238;tre.
Le d&#233;mon, envieux de leur bonheur, tenta Eve. Sous la forme d'un serpent il lui parla et lui conseilla d'enfreindre le commandement re&#231;u. Eve cueillit du fruit d&#233;fendu, en go&#251;ta, engagea Adam &#224; en go&#251;ter lui aussi, et tous les deux p&#233;ch&#232;rent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;20. Ce p&#233;ch&#233; produisit pour eux et pour tout le genre humain le plus d&#233;sastreux effet.
Adam et &#200;ve perdirent la gr&#226;ce sanctifiante, l'amiti&#233; de Dieu et le droit au paradis ; il devinrent esclave du d&#233;mon et dignes de l'enfer. Le seigneur pronon&#231;a contre eux la sentence de mort ; il les bannit de ce lieu de d&#233;lices et les condamna &#224; gagner leur pain &#224; la sueur de leur front au milieu de souffrances et de fatigues innombrables.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;21. Le p&#233;ch&#233; d'Adam passa &#224; tous ses descendants except&#233;s la tr&#232;s sainte vierge : c'est celui avec lequel nous naissons et qu'on a appel&#233; p&#233;ch&#233; originel.
Le p&#233;ch&#233; originel souille notre &#226;me d&#232;s le premier instant de notre existence, nous rend ennemis de Dieu, et esclaves du d&#233;mon, exclus pour toujours du paradis, sujets &#224; la mort et &#224; toutes les autres mis&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;5) Promesse d'un R&#233;dempteur.&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;23. Dieu, pourtant, n'abandonna pas Adam et sa descendance &#224; une fin si malheureuse. Dans son infinie mis&#233;ricorde, il lui promit aussit&#244;t un Sauveur (le Messie) qui viendrait d&#233;livrer le genre humain de l'esclavage du d&#233;mon et du p&#233;ch&#233; et lui m&#233;riter le paradis. Dans la suite Dieu r&#233;p&#233;ta beaucoup d'autres fois ses promesses aux Patriarches et au peuple h&#233;breu par la bouche des proph&#232;tes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;6) Le fils d'Adam et les Patriarches&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;24. Adam et &#200;ve, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; chass&#233;s du paradis terrestre, eurent deux fils &#224; qui ils donn&#232;rent le nom de Ca&#239;n et Abel. Quand ils eurent grandi, Ca&#239;n se livra &#224; l'agriculture et Abel &#224; la garde des troupeaux. Dieu t&#233;moigna qu'il agr&#233;ait les sacrifices d'Abel qui, pieux et innocent, lui offrait le meilleur de son troupeau, et qu'il d&#233;daignait ceux de Ca&#239;n, qui lui offrait les fruits de la terre. Celui-ci plein de col&#232;re et d'envie contre son fr&#232;re, conduisit avec lui &#224; l'&#233;cart dans les champs, se jeta sur lui et le tua.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;25. Pour consoler Adam et Eve de la mort d'Abel, Dieu leur donna un autre fils qu'ils appel&#232;rent Seth et qui fut bon et craignant Dieu.
Adam, durant sa longue vie de 930 ans, eut encore beaucoup d'autres fils et filles qui, se multipliant, peupl&#232;rent peu &#224; peu la terre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;26. Parmi les descendants de Seth et des autres fils d'Adam, les vieillards, p&#232;res d'une nombreuse descendance, restaient &#224; la t&#234;te des tribus form&#233;es des familles de leurs fils et petit-fils ; ils en &#233;taient les chefs, les juges, les pr&#234;tres. L'Histoire les honore du nom v&#233;n&#233;rable de Patriarches. La providence leur accordait une tr&#232;s longue vie afin qu'ils enseignassent &#224; leur post&#233;rit&#233; la religion r&#233;v&#233;l&#233;e et que, veillant sur la traditions fid&#232;les des divines promesses, ils perp&#233;tuassent la foi au Messie &#224; venir.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;7) Le D&#233;luge&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;27. Au cours des si&#232;cles, les descendants d'Adam se pervertirent et toute la terre fut pleine de vices et de corruption.
Dieu, devant tous ces crimes, mena&#231;a d'abord, puis il punit le genre humain par un d&#233;luge universel. Il fit pleuvoir pendant quarante jours et quarante nuits, jusqu'&#224; ce que les plus hautes montagnes fussent couvertes d'eau.
Tous les hommes moururent noy&#233;s ; il n'y eut de sauv&#233;s que No&#233; et sa famille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;28. No&#233;, sur l'ordre de Dieu, cent ans avant le d&#233;luge, avait commenc&#233; &#224; fabriquer une arche, c'est-&#224;-dire une esp&#232;ce de navire, o&#249; il &#233;tait ensuite entr&#233; avec sa femme, ses fils (Sem, Cham et Japhet), leurs trois femmes et les animaux que Dieu lui avait indiqu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;8) La Tour de Babel&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;29. Les descendants de No&#233; se multipli&#232;rent bien vite et arriv&#232;rent &#224; un si grand nombre que, ne pouvant plus rester ensemble, ils durent penser &#224; se diviser. Mais, avant de se s&#233;parer, ils d&#233;cid&#232;rent de construire une tour si haute qu'elle mont&#226;t jusqu'au ciel. L'&#339;uvre avan&#231;ait &#224; grands pas quand Dieu, offens&#233; de tant d'orgueil, descendit et confondit leurs langues au point que les fiers constructeurs, ne s'entendant plus entre eux, durent se s&#233;parer sans avoir accompli leur ambitieux dessein.
La tour porta le nom de Babel, ce qui veut dire confusion.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;9) Commencement du peuple de Dieu&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;30. Apr&#232;s le d&#233;luge, les hommes ne se conserv&#232;rent pas longtemps fid&#232;les &#224; Dieu, mais retomb&#232;rent bien vite dans leurs premi&#232;res iniquit&#233;s. Ils en arriv&#232;rent m&#234;me au point de perdre la connaissance du vrai Dieu et de se livrer &#224; l'idol&#226;trie, c'est-&#224;-dire &#224; reconna&#238;tre et adorer comme des divinit&#233;s les choses cr&#233;&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;31. C'est pourquoi Dieu, pour conserver la vraie religion sur la terre, choisit un peuple, le gouverna avec une providence sp&#233;ciale, le pr&#233;servant de la corruption g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;10) L'alliance renouvel&#233;e avec Abraham&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;32. Comme p&#232;re et souche de son peuple, Dieu choisit un homme de la Chald&#233;e, appel&#233;e Abraham, descendant des anciens Patriarches par la ligne d'Heber. Le peuple qui eut en lui son origine fut appel&#233; le Peuple H&#233;breu.
Abraham s'&#233;tait conserv&#233; juste au milieu de sa nation toute livr&#233;e au culte des idoles. Pour qu'il pers&#233;v&#233;r&#226;t dans la justice, Dieu lui ordonna de sortir de son pays et de se transporter dans le pays de Chanaan, appel&#233; aussi Palestine, lui promettant qu'il le ferait chef d'un grand peuple et que le Messie na&#238;trait de sa descendance.
Comme confirmation de la parole de Dieu, Abraham eut de sa femme Sara, bien que d&#233;j&#224; avanc&#233;e en &#226;ge, un fils qu'il nomma Isaac.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;33. Pour &#233;prouver la fid&#233;lit&#233; et l'ob&#233;issance de son serviteur, Dieu lui ordonna de lui sacrifier ce fils unique qu'il aimait tant et sur lequel reposaient les promesses divines. Mais Abraham, s&#251;r de ces promesses, ne chancela pas dans la foi, et, comme il est &#233;crit dans la Sainte &#201;criture, &#171; il esp&#233;ra contre l'esp&#233;rance m&#234;me &#187; ; il disposa tout ce qu'il fallait pour le sacrifice et l'aurait accompli, mais un ange retint sa main. Dieu, en r&#233;compense de sa fid&#233;lit&#233;, le b&#233;nit et lui annon&#231;a que de ce fils descendrait le R&#233;dempteur du monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;34. Isaac, arriv&#233; &#224; l'&#226;ge de 40 ans, &#233;pousa R&#233;becca, sa cousine, qui devint m&#232;re en m&#234;me temps de deux fils. Esa&#252; et Jacob.
A Esa&#252;, comme premier-n&#233;, revenait la b&#233;n&#233;diction paternelle ; mais le Seigneur disposa que, par la sollicitude de R&#233;becca, Isaac b&#233;nit Jacob, auquel, &#224; bien vil prix, Esa&#252; avait d&#233;j&#224; c&#233;d&#233; son droit d'a&#238;nesse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;35. Alors Jacob, pour se soustraire &#224; la col&#232;re d'Esa&#252; dut fuir &#224; Haran, chez son oncle Laban, qui lui donna pour &#233;pouses ses deux filles, Lia et Rachel, et vingt ans apr&#232;s il revint chez lui tr&#232;s riche et avec une tr&#232;s nombreuse famille.
Sur le chemin du retour, avant qu'il se r&#233;concili&#226;t avec son fr&#232;re, il eut une vision dans laquelle son nom de Jacob fut chang&#233; en celui d'Isra&#235;l.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;36. Jacob fut le p&#232;re de douze fils ; les deux derniers, Joseph et Benjamin &#233;taient fils de Rachel.
Parmi les fils de Jacob, le plus sage et le plus vertueux &#233;tait Joseph, et son p&#232;re l'aimait plus que tous les autres. Aussi ses fr&#232;res se prirent-ils &#224; le ha&#239;r, et la haine les porta &#224; comploter d'abord sa mort, puis &#224; le vendre &#224; des marchands isma&#233;lites qui le conduisirent en Egypte et le revendirent &#224; Putiphar, ministre du Pharaon.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;11) Jacob et ses fils en Egypte&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;37. En Egypte, Joseph s'attira tout de suite par sa vertu l'estime et l'affection de son ma&#238;tre ; mais calomni&#233; ensuite par sa ma&#238;tresse, il fut jet&#233; en prison. Il resta l&#224; deux ans, c'est-&#224;-dire jusqu'au jour o&#249;, ayant interpr&#233;t&#233; deux songes du Pharaon, ou roi d'&#201;gypte, et proph&#233;tis&#233; que sept ann&#233;es d'abondance seraient suivies de sept ann&#233;es de disette, il fut d&#233;livr&#233; et cr&#233;&#233; vice-roi d'&#201;gypte.
Dans les ann&#233;es d'abondance, Joseph fit de grandes provisions, en sorte que, lorsque la famine commen&#231;a &#224; d&#233;soler la terre, l'&#201;gypte regorgeait de vivres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;38. De tous les points on dut y accourir pour acheter du froment. Jacob fut aussi contraint d'y envoyer ses fils, qui, &#224; premi&#232;re vue, ne reconnurent pas Joseph.. Lui cependant les reconnut, et apr&#232;s s'&#234;tre manifest&#233; &#224; eux, il les chargea d'amener en Egypte leur p&#232;re et toute sa famille.
Jacob, d&#233;sireux d'embrasser son fils ch&#233;ri, y vint, et le roi assigna pour s&#233;jour &#224; lui et aux siens la terre de Gessen.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;39. Apr&#232;s 17 ans de s&#233;jour en Egypte, Jacob, sentant venir la mort, r&#233;unit autour de lui ses douze fils ainsi que les deux fils de Joseph nomm&#233;s Ephra&#239;m et Manass&#233; ; il leur recommanda de revenir dans la terre de Chanaan et de ne pas oublier ses restes en Egypte ; il les b&#233;nit ensuite chacun en particulier, et pr&#233;dit &#224; Juda que le sceptre ou la souveraine puissance ne sortirait pas de sa descendance jusqu'&#224; la venue du Messie.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;12) Esclavage des H&#233;breux en &#201;gypte&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;40. Les descendants de Jacob, appel&#233;s H&#233;breux ou Isra&#233;lites, furent pendant quelque temps respect&#233;s et tol&#233;r&#233;s par les Egyptiens. Mais dans la suite, comme ils s'&#233;taient multipli&#233;s au point de devenir un grand peuple, un autre Pharaon, qui r&#233;gna plus tard, les &#233;crasa sous le joug de la plus dure servitude et les condamna &#224; jeter dans le Nil tous leurs enfants m&#226;les aussit&#244;t apr&#232;s leur naissance.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;13) D&#233;livrance des H&#233;breux par Mo&#239;se&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;41. Sous l'horrible esclavage d'&#201;gypte, le peuple h&#233;breu aurait p&#233;ri tout entier, et n'aurait pas revu la terre de Chanaan, si Dieu ne l'avait pas arrach&#233; miraculeusement des mains de ses barbares oppresseurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;42. Un enfant h&#233;breu du nom de Mo&#239;se avait &#233;t&#233; providentiellement sauv&#233; des eaux par la fille m&#234;me du Pharaon, et elle l'avait fait instruire et &#233;lever dans le palais de son p&#232;re.
C'est de lui que Dieu se servit pour d&#233;livrer son peuple et accomplir &#224; son &#233;gard les promesses faites &#224; Abraham.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;43. Quand Mo&#239;se fut devenu homme, Dieu lui commanda d'aller, en compagnie de son fr&#232;re Aaron, trouver le Pharaon et de lui ordonner de laisser partir les H&#233;breux de l'&#201;gypte. Le Pharaon s'y refusa. Alors Mo&#239;se, pour vaincre son c&#339;ur endurci, s'arma d'une verge et frappa l'Egypte de dix ch&#226;timents prodigieux et terribles qu'on appela les Plaies d'Egypte et dont le dernier fut qu'&#224; minuit, un Ange, commen&#231;ant par le fils du roi, tua tous les premiers-n&#233;s des &#201;gyptiens tant des hommes que des animaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;44. Dans la nuit o&#249; se produisit ce massacre, les H&#233;breux, sur l'ordre de Dieu, c&#233;l&#233;br&#232;rent pour la premi&#232;re fois la f&#234;te de la P&#226;que, qui veut dire passage du Seigneur. Tel fut le rite que Dieu leur prescrivit : chaque famille dut tuer un agneau sans tache et marquer avec son sang la porte de la maison, ce qui devait la faire &#233;pargner au passage de l'Ange ; on en devait faire r&#244;tir les chairs et les manger en habit de voyage et le b&#226;ton &#224; la main comme des gens pr&#234;ts &#224; partir.
Cet agneau &#233;tait la figure de l'Agneau immacul&#233; J&#233;sus qui, par son sang, sauverait de la mort &#233;ternelle tous les hommes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;45. Le Pharaon et tous les Egyptiens, &#224; la vue de leurs fils morts, conjur&#232;rent, sans attendre davantage, les H&#233;breux de se mettre en route et leur donn&#232;rent tout l'or et l'argent et toutes les autres choses qu'ils demand&#232;rent.
Les H&#233;breux partirent, et, trois jours apr&#232;s, ils se trouv&#232;rent aux bords de la mer Rouge.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Passage de la mer Rouge&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;46. Pharaon se repentit bien vite d'avoir laiss&#233; aller les H&#233;breux. Aussit&#244;t il se mit &#224; leur poursuite avec son arm&#233;e et les atteignit pr&#232;s de la mer.
A la vue des Egyptiens, le peuple fut saisi de crainte mais Mo&#239;se le rassura, puis il &#233;tendit sa verge au-dessus de la mer : les eaux d'une rive &#224; l'autre se partag&#232;rent jusqu'au fond, laissant un long chemin aux H&#233;breux qui pass&#232;rent &#224; pied sec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;47. Obstin&#233; dans sa perversit&#233;, le Pharaon s'engagea lui aussi dans ce chemin ; mais &#224; peine y fut-il que les eaux se rejoignirent : hommes et chevaux, tout fut noy&#233;.
Les H&#233;breux dans le d&#233;sert&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;48. Apr&#232;s avoir pass&#233; la mer Rouge, les H&#233;breux entr&#232;rent dans le d&#233;sert et ils auraient pu en tr&#232;s peu de temps arriver &#224; la terre promise, la Palestine, s'ils eussent ob&#233;i &#224; la loi de Dieu et aux commandements de leur conducteur Mo&#239;se. Mais, ils pr&#233;variqu&#232;rent et se r&#233;volt&#232;rent plusieurs fois, et Dieu les retint 40 ans dans le d&#233;sert, y laissant p&#233;rir tous ceux qui &#233;taient sortis d'&#201;gypte, &#224; l'exception de deux seulement : Caleb et Josu&#233;.
Pendant tout ce temps, Dieu pourvut &#224; leur nourriture par une esp&#232;ce de gel&#233;e blanche &#224; grains tr&#232;s menus, appel&#233;e manne, qui toutes les nuits couvrait la terre et qu'on recueillait le matin. Mais dans la nuit qui pr&#233;c&#233;dait le sabbat, jour de repos pour les H&#233;breux, la manne ne tombait pas : aussi en cueillait-on le double le matin du vendredi. Quant &#224; la boisson, Dieu y pourvoyait avec l'eau qui souvent jaillit miraculeusement du rocher frapp&#233; par la verge d'Aaron.
Une grande nu&#233;e, qui pendant le jour les d&#233;fendait des rayons du soleil et pendant la nuit se changeait en colonne de feu, les illuminait et leur montrait leur route, les accompagna pendant tout ce voyage.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;14) Les dix commandements de la loi de Dieu&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;49. Le troisi&#232;me mois apr&#232;s la sortie d'&#201;gypte, les H&#233;breux arriv&#232;rent au pied du mont Sina&#239;. Ce fut l&#224; qu'au milieu des &#233;clairs et du tonnerre Dieu parla et promulgua sa loi en dix commandements &#233;crits sur deux tables de pierre, qu'il remit &#224; Mo&#239;se sur le sommet de la montagne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;50. Mais quand, apr&#232;s quarante jours d'entretien avec le Seigneur, Mo&#239;se en descendit, il trouva le peuple qui, tomb&#233; dans l'idol&#226;trie, adorait un veau d'or. Emport&#233; d'une sainte col&#232;re devant tant d'ingratitude et d'impi&#233;t&#233;, il brisa les tables de la loi, r&#233;duisit le veau d'or en poussi&#232;re et punit de mort les principaux instigateurs de ce grave p&#233;ch&#233;.
Remont&#233; ensuite sur la montagne, il implora le pardon du Seigneur, re&#231;ut d'autres tables de la loi, et, quand il descendit, le peuple fut &#233;merveill&#233; de voir qu'il avait au front deux rayons de lumi&#232;re qui rendaient sa face resplendissante et glorieuse.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;15) Le Tabernacle et l'Arche&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;51. C'est l&#224; au pied du Sina&#239; que, sur l'ordre et selon les prescriptions de Dieu, Mo&#239;se construisit le Tabernacle et l'Arche.
Le Tabernacle &#233;tait une grande tente qu'on dressait, en guise de temple, au milieu des campements quand les H&#233;breux s'arr&#234;taient.
L'Arche &#233;tait un coffre de bois tr&#232;s pr&#233;cieux, couvert au-dedans et au dehors d'un or tr&#232;s pur, o&#249; furent mises dans la suite les tables de la loi, une mesure de manne et la verge fleurie d'Aaron.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;52. Bien souvent au d&#233;sert les H&#233;breux, murmurant contre Mo&#239;se et contre le Seigneur, s'attir&#232;rent de graves ch&#226;timents, Un des plus remarquables fut la venue de serpents venimeux dont les morsures firent p&#233;rir beaucoup de monde ; mais beaucoup, s'&#233;tant repentis, furent gu&#233;ris en regardant un serpent d'airain qui, &#233;lev&#233; par Mo&#239;se au haut d'une perche, &#233;tait une image de la croix. La vertu de cet embl&#232;me &#233;tait le symbole de la vertu qu'aurait la sainte Croix de gu&#233;rir les plaies du p&#233;ch&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;16) Josu&#233; et l'entr&#233;e dans la Terre promise&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;53. Apr&#232;s les avoir retenus pendant 40 ans dans le d&#233;sert, Dieu introduisit les H&#233;breux dans la terre promise.
Mo&#239;se la vit de loin, mais il n'y entra pas : Josu&#233; lui succ&#233;da dans le gouvernement du peuple.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;54. Pr&#233;c&#233;d&#233;s de l'Arche, ils pass&#232;rent le fleuve du Jourdain dont les eaux s'&#233;taient arr&#234;t&#233;es pour laisser un libre passage dans le lit du fleuve ; ils prirent la ville de J&#233;richo, subjugu&#232;rent dans la terre de Chanaan tous les peuples qui l'habitaient et la partag&#232;rent en douze parties, autant qu'il y avait de tribus. Ainsi Dieu se servit de son peuple pour ch&#226;tier les crimes tr&#232;s graves de ces nations.
Ces tribus prirent le nom de Ruben, Sim&#233;on, L&#233;vi, Juda, Issachar, Zabulon, Dan, Nephtali, Gad, Aser, Benjamin, fils de Jacob et d'&#201;phra&#239;m, et Manass&#233;, fils de Joseph. Mais la tribu de L&#233;vi n'eut pas de territoire : Dieu, qui l'appelait &#224; l'office sacerdotal, voulut lui tenir lieu lui-m&#234;me de part et d'h&#233;ritage. De la tribu de Juda, ainsi que l'avait proph&#233;tis&#233; Jacob mourant naquit plus tard le R&#233;dempteur du monde.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;17) Job&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;55. En ce temps-l&#224; vivait en Idum&#233;e un prince tr&#232;s riche et juste, appel&#233; Job, qui craignait Dieu et se gardait de mal faire. Le Seigneur, voulant faire de lui un mod&#232;le de patience dans les mis&#232;res les plus grandes de la vie, permit que Satan le tent&#226;t par des tribulations inou&#239;es. En peu de jours ses immenses possessions lui furent enlev&#233;es, la mort le priva de sa nombreuse famille, et lui-m&#234;me fut frapp&#233; dans tout son corps d'un ulc&#232;re affreux. Job, abattu par tant de disgr&#226;ces, ne p&#233;cha pas par impatience. Il se jeta la face contre terre et dit : &#171; Le Seigneur m'avait donn&#233;, le Seigneur m'a enlev&#233;, que son saint Nom soit b&#233;ni. &#187; Dieu, en r&#233;compense de sa r&#233;signation, le b&#233;nit, et, lui rendant la sant&#233;, et lui donna plus de prosp&#233;rit&#233; qu'auparavant.
Tout cela est lumineusement d&#233;crit dans un des livres saints intitul&#233; Job.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;18) Les H&#233;breux sous les Juges&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;56. Les H&#233;breux, s'&#233;tant rendus ma&#238;tres de la Palestine sous la conduite de Josu&#233;, ne l'abandonn&#232;rent plus, gouvern&#233;s selon la loi de Mo&#239;se, soit par les anciens du peuple, soit par les juges, soit, plus tard, par les rois.
Les Juges furent des personnes (parmi lesquelles deux femmes, D&#233;bora et Jahel), suscit&#233;es et choisies de temps en temps par Dieu pour d&#233;livrer les H&#233;breux, chaque fois qu'en ch&#226;timent de leurs p&#233;ch&#233;s ils &#233;taient tomb&#233;s sous la domination de leurs ennemis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;57. Les deux juges les plus remarquables furent Sanson et Samuel.
Samson, dou&#233; d'une force extraordinaire et merveilleuse, harcela et molesta pendant de longues ann&#233;es les Philistins, puissants ennemis de Dieu.
Trahi et ayant perdu sa force prodigieuse, il en employa les derniers restes &#224; faire crouler un temple de ses ennemis sous lequel il fut enseveli avec beaucoup d'entre eux.
Samuel, le dernier des juges, apr&#232;s une d&#233;faite des Philistins, rassembla par l'ordre de Dieu le peuple qui, en tumulte, r&#233;clamait un roi, et, en sa pr&#233;sence, il &#233;lut et consacra Sa&#252;l, de la tribu de Benjamin, comme premier roi du peuple h&#233;breu.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;19) Les H&#233;breux sous les rois&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;58. Sa&#252;l r&#233;gna longtemps, mais deux ans apr&#232;s son av&#232;nement il commit une d&#233;sob&#233;issance tr&#232;s grave envers Dieu qui le rejeta, et fit oindre et consacrer roi un jeune homme du nom de David, de la tribu de Juda. Celui-ci se rendit bient&#244;t c&#233;l&#232;bre en tuant en combat singulier un g&#233;ant philistin nomm&#233; Goliath qui insultait le peuple de Dieu rang&#233; en bataille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;59. Sa&#252;l battu par les Philistins, se donna la mort. Alors monta sur le tr&#244;ne David qui r&#233;gna sur le peuple de Dieu pendant 40 ans. Il finit de conqu&#233;rir toute la Palestine, &#233;crasant les infid&#232;les qui y restaient encore, se rendit ma&#238;tre en particulier de la ville de J&#233;rusalem qu'il choisit pour sa r&#233;sidence et dont il fit la capitale du royaume.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;60. A David succ&#233;da son fils Salomon, qui fut l'homme le plus sage qui ait jamais exist&#233;. Il &#233;difia le temple de J&#233;rusalem et eut un r&#232;gne long et glorieux. Mais dans les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, par les ruses insidieuses de femmes &#233;trang&#232;res, il tomba dans l'idol&#226;trie et on a des craintes sur son salut &#233;ternel.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;20) Partage du royaume&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;61. Au roi Salomon succ&#233;da son fils Roboam. N'ayant pas voulu all&#233;ger le poids tr&#232;s lourd des tributs impos&#233;s par son p&#232;re, il vit dix tribus se r&#233;volter et prendre pour roi le chef des conjur&#233;s J&#233;roboam. Il ne lui resta que deux tribus, celles de Juda et de Benjamin. Le peuple h&#233;breu se trouva ainsi divis&#233; en deux royaumes, le royaume d'Isra&#235;l et le royaume de Juda. Ces deux
royaumes ne se r&#233;unirent plus et chacun eut ses vicissitudes particuli&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Royaume d'Isra&#235;l et sa destruction&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;62. Les rois d'Isra&#235;l, au nombre de 19, tous pervers et livr&#233;s &#224; l'idol&#226;trie o&#249; ils entra&#238;n&#232;rent la plus grande partie du peuple des dix tribus, gouvern&#232;rent pendant 254 ans. A la fin, en punition de tant d'&#233;normes crimes, le peuple fut en partie dispers&#233;, en partie emmen&#233; en captivit&#233; en Assyrie par Salmanasar, roi des Assyriens. Et le royaume d'Isra&#235;l tomba pour ne jamais plus se relever (722 avant J.-C.).
On envoya pour repeupler le pays des colonies de gentils [&#233;trangers non-juifs], auxquels s'unirent dans la suite quelques Isra&#233;lites revenus d'Assyrie et de mauvais Juifs, et &#224; eux tous ils form&#232;rent. un peuple appel&#233; les Samaritains, ennemi acharn&#233; de la nation juive.
Parmi les Isra&#233;lites conduits en esclavage &#224; Ninive, capitale de l'Assyrie, il y eut Tobie, homme tr&#232;s saint dont il nous est rest&#233; dans les Livres saints l'histoire particuli&#232;re, bien propre &#224; faire hautement appr&#233;cier la sainte crainte, de Dieu et les dispositions de sa Providence.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;21) Royaume de Juda et captivit&#233; de Babylone&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;63. Les rois de Juda, au nombre de 20, dont quelques-uns furent pieux et bons, mais d'autres aussi criminels, r&#233;gn&#232;rent en tout 388 ans.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;64. C'est au temps de Manass&#233;, un des derniers, rois de Juda, qu'arriva ce qui est &#233;crit au livre qui a re&#231;u de h&#233;ro&#239;ne le nom de Judith ; elle tua Holopherne, g&#233;n&#233;ral chef du roi d'Assyrie de l'&#233;poque, et d&#233;livra la ville B&#233;thulie et toute la Jud&#233;e.
Plus tard, un autre roi d'Assyrie, nomm&#233; Nabuchodonosor, mit fin au royaume de Juda ; il s'empara de J&#233;rusalem salem. et la d&#233;truisit ainsi que le temple de Salomon jusqu'aux fondements ; il fit prisonnier le dernier roi S&#233;d&#233;rias, lui creva les yeux et emmena le peuple en captivit&#233; &#224; Babylone.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;22) Daniel&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;65. C'est pendant la captivit&#233; de Babylone que v&#233;cut le proph&#232;te Daniel. Choisi avec d'autres jeunes gens h&#233;breux pour &#234;tre form&#233; et attach&#233; ensuite au service personnel du roi, il s'acquit par sa vertu l'estime et l'affection de Nabuchodonosor, surtout quand il lui eut rappel&#233; et interpr&#233;t&#233; un songe qu'il avait eu et ensuite oubli&#233;.
Bien qu'aim&#233; du roi, Daniel ne fut pas &#224; l'abri des pers&#233;cutions de ses ennemis, qui, l'accusant de d&#233;sob&#233;ir aux ordres souverains en adorant son Dieu, r&#233;ussirent &#224; le faire jeter dans une fosse pleine de lions, d'o&#249; il sortit miraculeusement sain et sauf.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;23) Fin de la captivit&#233; de Babylone et retour des H&#233;breux en Jud&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;66. La captivit&#233; de Babylone dura 70 ans, apr&#232;s lesquels Cyrus rendit aux Juifs leur libert&#233;. Reconduits dans leur patrie par Zorobabel (538 avant J.-C.), ils reconstruisirent J&#233;rusalem et le temple, encourag&#233;s dans leur oeuvre sainte par N&#233;h&#233;mie, ministre du roi, et par le proph&#232;te Agg&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;67. Tous ne revinrent pas dans leur patrie. Au nombre de ceux qui rest&#232;rent sur la terre &#233;trang&#232;re se trouva, par une disposition providentielle, Esther. Choisie comme &#233;pouse par le roi Assu&#233;rus, elle sauva son peuple de la destruction &#224; laquelle le roi l'avait condamn&#233;, &#224; l'instigation de son ministre Aman qui ha&#239;ssait Mardoch&#233;e, oncle de la reine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;68. Revenus &#224; la libert&#233;, les Juifs furent d&#232;s lors plus fid&#232;les au Seigneur, vivant dans l'observation de leurs lois et reconnaissant pour chef de la nation leur grand-pr&#234;tre, mais dans une certaine d&#233;pendance tant&#244;t des rois de Perse, tant&#244;t des rois de Syrie, tant&#244;t des rois d'&#201;gypte, selon la fortune des armes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;69. Parmi ces rois, certains laiss&#232;rent les Juifs en paix, d'autres au contraire les pers&#233;cut&#232;rent pour les amener &#224; l'idol&#226;trie. Le plus cruel et le plus tyrannique fut Antiochus Epiphane, roi de Syrie, qui porta une loi en vertu de laquelle, sous peine de mort, tous ses sujets devaient embrasser la religion pa&#239;enne. Alors beaucoup de Juifs consentirent &#224; cette impi&#233;t&#233;, mais un plus grand nombre rest&#232;rent forts et se conserv&#232;rent fid&#232;les &#224; Dieu ; beaucoup d'autres enfin moururent d'un glorieux martyre. Ce fut le cas d'un saint vieillard nomm&#233; El&#233;azar, et de sept fr&#232;res, nomm&#233;s les Macchab&#233;es, avec leur m&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;24) Les Macchab&#233;es&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;70. Il s'&#233;leva alors quelques intr&#233;pides d&#233;fenseurs de la religion et de l'ind&#233;pendance de la patrie contre l'impie et cruel Antiochus. A leur t&#234;te se pla&#231;a un pr&#234;tre du nom de Mathathias, avec ses cinq fils, vertueux et intr&#233;pides comme lui. Il se retira d'abord dans les montagnes, et ayant rassembl&#233; autour de lui d'autres vaillants, il descendit et mit en d&#233;route les oppresseurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;71. Judas, surnomm&#233; Macchab&#233;e, fils de Mathathias, poursuivit la guerre commenc&#233;e par son p&#232;re, et, avec la faveur de Dieu et l' aide de ses fr&#232;res, il fonda la courte dynastie dite des Macchab&#233;es, qui, pendant 128 ans, gouvern&#232;rent la Jud&#233;e comme pontifes et princes, puis aussi comme rois.
Ce grand capitaine, appel&#233; dans les Saintes &#201;critures l'homme tr&#232;s courageux, donna un exemple insigne de la pi&#233;t&#233; envers les d&#233;funts et affirma solennellement la foi au purgatoire, en ordonnant une grande collecte d'argent qu'il envoya &#224; J&#233;rusalem pour qu'on offrit des dons et des sacrifices pour ceux qui &#233;taient tomb&#233;s dans la guerre sainte. Il fut b&#233;ni du peuple pour ses nombreuses victoires et fut la terreur de ses ennemis. Mais &#224; la fin, d&#233;bord&#233; par ceux-ci et n'&#233;tant pas soutenu par les siens, il mourut en h&#233;ros, les armes a la main, l'an 161 avant l'&#232;re chr&#233;tienne. A Judas Macchab&#233;e succ&#233;d&#232;rent l'un apr&#232;s l'autre ses deux fr&#232;res Jonathas et Simon, puis le fils de celui-ci, Jean Hyrcan, qui eut un gouvernement sage, glorieux et heureux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;72. Mais les fils et les descendants d&#233;g&#233;n&#233;r&#232;rent de la vertu des anciens et, divis&#233;s entre eux, ils s'engag&#232;rent dans des luttes malheureuses avec de puissants voisins. Bient&#244;t la Jud&#233;e eut perdu ses forces et son prestige et peu &#224; peu elle tomba sous la domination des Romains.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;25) Les Romains et la fin du royaume de Juda&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;73. Les Romains la rendirent d'abord tributaire, et peu apr&#232;s ils lui impos&#232;rent un roi de nation &#233;trang&#232;re, H&#233;rode le Grand, ainsi appel&#233; pour quelques entreprises heureuses ; mais il ne m&#233;rite certainement pas ce nom devant l'histoire qui ne peut passer sous silence les basses man&#339;uvres par lesquelles il acquit le pouvoir d&#233;sir&#233;, pouvoir qu'il employa ensuite &#224; pers&#233;cuter la personne adorable de J&#233;sus-Christ Enfant. Heureux au dehors, il v&#233;cut et mourut tr&#232;s malheureux, fin ordinaire des pers&#233;cuteurs.
Apr&#232;s lui r&#233;gn&#232;rent avec un pouvoir plus ou moins &#233;tendu trois de ses fils et deux petits-fils : mais leur gloire fut courte ; car leur royaume fut bient&#244;t chang&#233; en une province de l'empire romain et un gouverneur fut envoy&#233; pour l'administrer au nom de Rome.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;26) Les Proph&#232;tes&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;74. Dieu, pour maintenir son peuple dans l'observation de la loi ou l'y rappeler, et sp&#233;cialement pour le pr&#233;server de l'idol&#226;trie vers laquelle il &#233;tait fortement inclin&#233;, avait de tout temps suscit&#233; des hommes extraordinaires appel&#233;s Proph&#232;tes qui, sous son inspiration, annon&#231;aient les &#233;v&#233;nements futurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;75, Certains de ces Proph&#232;tes, comme Elie et Elis&#233;e, n'ont pas laiss&#233; d'&#233;crits ; mais d'eux et de leurs actes la Sainte &#201;criture a gard&#233; le souvenir.
D'autres, au nombre de seize, ont laiss&#233; leurs proph&#233;ties &#233;crites et les livres Saints les ont conserv&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;76. Quatre d'entre eux, J&#233;r&#233;mie, Daniel, Ez&#233;chiel et Isa&#239;e sont appel&#233;s grands Proph&#232;tes, parce que leurs proph&#233;ties sont plus &#233;tendues ; les douze autres sont appel&#233;s petits Proph&#232;tes, pour la raison contraire.
77. La principale mission des Proph&#232;tes &#233;tait d'entretenir bien vivant le souvenir de la promesse du Messie et de pr&#233;parer sa reconnaissance. Ils annonc&#232;rent de longs si&#232;cles auparavant le temps pr&#233;cis, de sa venue, et donn&#232;rent une telle description des circonstances de sa naissance, de sa vie, de sa passion et de sa mort qu'en lisant l'ensemble des proph&#233;ties, leurs auteurs nous apparaissent plut&#244;t comme des historiens que comme des Proph&#232;tes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;27) Quelques proph&#233;ties relatives au Messie&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;78. Voici quelques unes des proph&#233;ties relatives au temps de la venue du Messie :
Le proph&#232;te Daniel, sur la fin de la captivit&#233; de Babylone, annon&#231;ait clairement que le Messie serait cit&#233; en jugement, tortur&#233;, reni&#233; par les Juifs et tu&#233; par eux dans soixante-dix semaines d'ann&#233;es et que peu apr&#232;s J&#233;rusalem serait d&#233;truite et les Juifs dispers&#233;s, sans pouvoir jamais plus se constituer en nation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;79. Les proph&#232;tes Agg&#233;e et Malachie annon&#231;aient aux Juifs que le Messie viendrait dans le second temple, donc avant sa destruction.
Le proph&#232;te Isa&#239;e non seulement d&#233;crivait beaucoup de circonstances de la naissance et de la vie du Messie, mais il annon&#231;ait qu'apr&#232;s sa venue les gentils se convertiraient.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;80. Les faits annonc&#233;s par ces proph&#232;tes et par les autres eurent leur accomplissement. Les soixante-dix semaines s'accomplirent et J&#233;rusalem fut d&#233;truite, le second temple d&#233;truit, les Juifs furent et sont dispers&#233;s, et les gentils se sont convertis : donc le Messie doit &#234;tre venu. De plus, toutes ces proph&#233;ties ont eu leur accomplissement en la personne de J&#233;sus-Christ et en lui seul : donc il a &#233;t&#233; le vrai Messie promis.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Deuxi&#232;me partie
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Histoire abr&#233;g&#233;e du Nouveau Testament&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1) Annonciation de la sainte Vierge&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;81. Pendant le r&#232;gne d'H&#233;rode dit le Grand, vivait &#224; Nazareth, petite ville de la Galil&#233;e, une tr&#232;s sainte Vierge du nom de Marie, fianc&#233;e &#224; Joseph, que l'Evangile appelle un homme juste. Bien qu'ils fussent l'un et l'autre descendants des rois de Juda, et par suite de la famille de David, ils &#233;taient pourtant pauvres et gagnaient leur vie par leur travail.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;82. C'est &#224; cette Vierge que Dieu envoya l'Archange Gabriel, qui la salua pleine de gr&#226;ce et lui annon&#231;a qu'elle serait m&#232;re du R&#233;dempteur du monde. A la vue et aux paroles de l'Ange, Marie se troubla d'abord ; mais rassur&#233;e par lui, elle lui r&#233;pondit : Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole. A ce moment m&#234;me le Fils de Dieu, par l'op&#233;ration du Saint-Esprit, s'incarna dans son sein tr&#232;s pur, et, restant vrai Dieu, il commen&#231;a &#224; &#234;tre un vrai homme. Tel fut le commencement de la r&#233;demption du genre humain.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2) Visite &#224; sainte &#201;lisabeth et naissance de saint Jean-Baptiste&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;83. Dans son entretien avec l'Archange, Marie avait entendu que sa cousine Elisabeth, mari&#233;e &#224; un pr&#234;tre du nom de Zacharie, devait, bien qu'avanc&#233;e en &#226;ge, avoir un fils. Avec une sainte h&#226;te, Marie alla trouver sa cousine sur les montagnes de la Jud&#233;e pour la f&#233;liciter et surtout pour la servir, ainsi qu'elle le fit pendant trois mois comme une humble servante.
Ce fut &#224; cette occasion que Marie, r&#233;pondant au salut de sa cousine qui, inspir&#233;e par le Saint-Esprit, la saluait M&#232;re de Dieu, dit ce sublime cantique le Magnificat, que chante souvent l'&#201;glise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;84. Le fils d'Elisabeth fut Jean-Baptiste, l'illustre pr&#233;curseur du Messie.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;3) Naissance de J&#233;sus-Christ et circonstances de ce grand &#233;v&#233;nement&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;85. En Ce temps-l&#224; fut publi&#233; un &#233;dit par lequel l'empereur C&#233;sar-Auguste ordonnait qu'on fit le recensement de tous les sujets de l'empire romain, et qu'en vue de cela tous allassent se faire enregistrer dans la ville d'o&#249; ils tiraient leur origine. Marie et Joseph &#233;tant de la maison et de la famille de David, durent aller dans la ville de Bethl&#233;em o&#249; David &#233;tait n&#233;. Mais, comme il n'y avait plus de place dans les h&#244;telleries &#224; cause de la grande multitude venue pour donner son nom, ils se r&#233;fugi&#232;rent dans une esp&#232;ce de grotte qui servait d'&#233;table, non loin de la ville.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;86. Ce fut l&#224; qu'&#224; minuit, le Fils de Dieu, fait homme pour sauver les hommes, naquit de la Vierge Marie, qui l'enveloppa dans de pauvres langes, et le coucha dans la cr&#232;che ou mangeoire des animaux.
En cette m&#234;me nuit, un Ange apparut &#224; des bergers qui veillaient en ces parages, gardant leurs troupeaux, et leur annon&#231;a que le Sauveur du monde &#233;tait n&#233;. Les bergers accoururent stup&#233;faits &#224; l'&#233;table, trouv&#232;rent le Saint Enfant et furent ses premiers adorateurs.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;4) Ob&#233;issance de J&#233;sus et de sa tr&#232;s sainte M&#232;re &#224; la loi&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;87. Le huiti&#232;me jour apr&#232;s sa naissance, pour ob&#233;ir &#224; la loi, l'enfant fut circoncis et on lui donna le nom de J&#233;sus, comme l'Ange l'avait indiqu&#233; &#224; Marie en lui annon&#231;ant le myst&#232;re de l'Incarnation.
Pour ob&#233;ir encore &#224; la loi, Marie, bien qu'elle n'y f&#251;t pas oblig&#233;e, se pr&#233;senta au temple avec J&#233;sus, le quaranti&#232;me jour, pour la c&#233;r&#233;monie de la purification, offrant pour elle le sacrifice des femmes pauvres, une paire de tourterelles ou de colombes, et pour J&#233;sus le prix du rachat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;88. Il y avait au temple un saint vieillard nomm&#233; Sim&#233;on, auquel l'Esprit-Saint avait r&#233;v&#233;l&#233; qu'il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. Il prit dans ses bras le divin Enfant, et, le reconnaissant pour son R&#233;dempteur, il le b&#233;nit plein de joie et le salua par ce tendre cantique, Nunc dimittis, que l'Eglise chante &#224; la fin de l'office de chaque jour.
A cette heure m&#234;me survint une vieille veuve tr&#232;s pieuse qui, en voyant le divin Enfant, s'en r&#233;jouit en son coeur et parlait ensuite de lui &#224; tous ceux qui attendaient la r&#233;demption d'Isra&#235;l.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;5) Les Mages&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;89. Quelque temps apr&#232;s la naissance de J&#233;sus, entr&#232;rent &#224; J&#233;rusalem trois Mages ou Sages, venus de l'Orient qui demandaient o&#249; &#233;tait n&#233; le Roi des Juifs.
Etant dans leur pays, ils avaient observ&#233; une &#233;toile extraordinaire et, selon une antique proph&#233;tie connue en Orient, ils avaient connu en la voyant qu'&#233;tait n&#233; en Jud&#233;e l'Attendu des nations. Inspir&#233;s de Dieu et suivant le chemin indiqu&#233; par l'&#233;toile, ils &#233;taient venus l'adorer.
Alors r&#233;gnait &#224; J&#233;rusalem H&#233;rode dit le Grand, homme ambitieux et cruel. Aux paroles des Mages, il fut dans un grand trouble. Il s'informa aupr&#232;s des princes des pr&#234;tres en quel lieu devait na&#238;tre le Messie, et, ayant su que le lieu indiqu&#233; par les Proph&#232;tes &#233;tait Bethl&#233;em, il y envoya les Mages en leur recommandant de revenir promptement aupr&#232;s de lui, car, disait-il, lui aussi voulait adorer l'enfant.
Les Mages partirent. Aussit&#244;t l'&#233;toile, disparue au-dessus de J&#233;rusalem, reparut &#224; leurs yeux, les guidant vers la demeure du divin Enfant de Bethl&#233;em, au-dessus de laquelle elle s'arr&#234;ta. Ils y entr&#232;rent et trouv&#232;rent l'Enfant avec Marie, sa m&#232;re. Ils se prostern&#232;rent, l'ador&#232;rent, et, ouvrant leurs tr&#233;sors, ils lui offrirent de l'or, de l'encens et de la myrrhe, le reconnaissant comme roi, comme Dieu et comme homme mortel. La nuit suivante, ils furent avertis en songe de ne pas retourner aupr&#232;s d'H&#233;rode. Ils revinrent donc dans leur pays par un autre chemin.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;6) Massacre des Innocents et fuite en &#201;gypte&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;90. H&#233;rode attendit inutilement les Mages. Se voyant tromp&#233;, il entra dans une violente col&#232;re, et, esp&#233;rant dans sa ruse barbare atteindre aussi J&#233;sus, il ordonna de tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui se trouvaient &#224; Bethl&#233;em et aux environs.
Mais auparavant un Ange &#233;tait apparu en songe &#224; Joseph pour l'en avertir et lui ordonner de fuir en Egypte. Joseph ob&#233;it sur le champ, et, avec Marie et J&#233;sus, il alla en Egypte o&#249; il resta jusqu'&#224; la mort d'H&#233;rode. Averti alors de nouveau par l'Ange, il retourna, non &#224; Bethl&#233;em en Jud&#233;e, mais Nazareth en Galil&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;7) J&#233;sus au Temple&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;91. Quand J&#233;sus eut atteint l'&#226;ge de douze ans, il fut conduit par ses parents &#224; J&#233;rusalem pour les f&#234;tes de P&#226;que qui duraient sept jours. Apr&#232;s la f&#234;te, selon l'usage, on partit pour Nazareth, Marie avec les femmes, Joseph avec les hommes. Quand, apr&#232;s un jour de voyage, Marie et Joseph se r&#233;unirent, ils s'aper&#231;urent que J&#233;sus n'&#233;tait ni avec l'un ni avec l'autre. Apr&#232;s l'avoir cherch&#233; en vain parmi leurs parents et leurs connaissances, ils refirent d&#233;sol&#233;s le chemin de J&#233;rusalem et le trouv&#232;rent le troisi&#232;me jour au temple, assis au milieu des docteurs, les interrogeant et les &#233;coutant. Et Marie lui demanda doucement pourquoi il s'&#233;tait ainsi fait chercher. La r&#233;ponse qu'il donna fut la premi&#232;re affirmation de sa divinit&#233; : Et pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu'il me faut &#234;tre aux affaires de mon P&#232;re ?
Il s'en revint ensuite avec eux &#224; Nazareth, et depuis lors jusqu'&#224; l'&#226;ge de trente ans, l'Evangile ne nous rapporte plus rien de particulier &#224; son sujet, mais r&#233;sume toute l'histoire de cette &#233;poque en ces paroles : J&#233;sus vivait dans l'ob&#233;issance de Marie et de Joseph, et il croissait en &#226;ge, en sagesse et en gr&#226;ce devant Dieu et devant les hommes.
C'est parce que J&#233;sus passa &#224; Nazareth le temps de sa vie cach&#233;e qu'il fut appel&#233; plus tard : J&#233;sus de Nazareth.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;8) Bapt&#234;me de J&#233;sus et son je&#251;ne dans le d&#233;sert&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;92. Jean, fils de Zacharie et d'Elisabeth, destin&#233; par Dieu, comme on l'a dit, &#224; &#234;tre le pr&#233;curseur du Messie et &#224; pr&#233;parer les H&#233;breux &#224; le recevoir, s'&#233;tait retir&#233; dans le d&#233;sert pour y mener une vie de p&#233;nitence.
Quand fut venue l'heure de commencer sa mission, Jean, v&#234;tu de peau de chameau avec, autour des reins, une ceinture de cuir, vint sur les bords du fleuve du Jourdain et se mit &#224; pr&#234;cher et &#224; baptiser. Il criait : Faites p&#233;nitence, car le royaume de Dieu est proche.
Un jour, parmi la multitude, se pr&#233;sente aussi &#224; lui J&#233;sus, qui, arriv&#233; &#224; l'&#226;ge de trente ans, devait commencer &#224; se manifester au monde.
D'abord Jean, le reconnaissant, voulait se retirer, mais, c&#233;dant &#224; l'ordre de J&#233;sus, il le baptisa. Et voil&#224; que, &#224; peine J&#233;sus fut-il sorti de l'eau, les cieux s'ouvrirent, le Saint-Esprit, sous la forme d'une colombe, descendit sur lui, et on entendit une voix qui disait : Celui-ci est mon Fils bien aim&#233;.
Quand il re&#231;ut le bapt&#234;me, J&#233;sus fut conduit par l'Esprit-Saint dans le d&#233;sert, o&#249; il passa quarante jours et, quarante nuits &#224; veiller, je&#251;ner et prier. A cette occasion il voulut &#234;tre tent&#233; de diverses fa&#231;ons par le d&#233;mon pour nous enseigner &#224; vaincre les tentations.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;9) Premiers disciples de J&#233;sus et son premier miracle&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;93. Apr&#232;s une telle pr&#233;paration, J&#233;sus, pour commencer sa vie publique, retourna aupr&#232;s du fleuve du Jourdain o&#249; Jean continuait &#224; pr&#234;cher. Celui-ci, le voyant venir, s'&#233;cria : Voici l'Agneau de Dieu, voici Celui qui &#244;te les p&#233;ch&#233;s du monde. Ce t&#233;moignage et d'autres en faveur de J&#233;sus, r&#233;p&#233;t&#233;s encore le lendemain, d&#233;termin&#232;rent deux disciples de Jean &#224; suivre le divin Ma&#238;tre qui les garda avec lui ce jour-l&#224;. Un de ceux-ci appel&#233; Andr&#233; ayant rencontr&#233; son fr&#232;re nomm&#233; Simon le mena &#224; J&#233;sus qui, le regardant en face, lui dit : Tu es Simon, fils de Jona ; d&#233;sormais tu t'appelleras Pierre. Et ce furent l&#224; ses premiers disciples.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;94. Bien d'autres encore, ou appel&#233;s par lui comme Jacques, Jean, Philippe, Matthieu, ou entra&#238;n&#233;s par sa parole, se mirent &#224; sa suite. Au d&#233;but, ils ne restaient pas continuellement avec lui, mais apr&#232;s avoir &#233;cout&#233; ses discours, ils revenaient &#224; leurs familles et &#224; leurs occupations ; ce n'est que quelque temps apr&#232;s qu'ils quitt&#232;rent tout pour ne plus l'abandonner.
Un jour, avec quelques-uns d'entre eux, il fut invit&#233; &#224; un festin de noces &#224; Cana en Galil&#233;e, f&#234;te o&#249; avait &#233;t&#233; aussi invit&#233;e Marie, sa m&#232;re. C'est &#224; cette occasion que, par l'intercession de sa tr&#232;s sainte M&#232;re, il changea une grande quantit&#233; d'eau en un vin tr&#232;s exquis. Et ce fut le premier miracle de J&#233;sus, par lequel il manifesta sa gloire et confirma ses disciples dans la foi.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;10) Choix des douze ap&#244;tres&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;95. Parmi ces disciples, il en choisit douze, qu'il appela Ap&#244;tres, pour qu'ils fussent toujours avec lui et pour les envoyer pr&#234;cher. Ce furent : Simon, &#224; qui il avait donn&#233; le nom de Pierre, son fr&#232;re Andr&#233;, Jacques et Jean, fils de Z&#233;b&#233;d&#233;e, Philippe, Barth&#233;lemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d'Alph&#233;e, Jude Thadd&#233;e, Simon le Canan&#233;en et Judas Iscariote, qui le trahit. Pour chef de ces Ap&#244;tres, J&#233;sus-Christ choisit Simon Pierre, qui devait &#234;tre ensuite son Vicaire sur la terre.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;11) Pr&#233;dication de J&#233;sus&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;96. Accompagn&#233; des Ap&#244;tres et parfois pr&#233;c&#233;d&#233; par eux, pendant trois ans de suite il parcourut plusieurs fois la Jud&#233;e et la Galil&#233;e, pr&#234;chant son &#201;vangile et confirmant ses paroles par un nombre infini de miracles.
Le plus souvent, aux jours du sabbat, il entrait dans les synagogues et enseignait bien que, lorsque l'occasion et l'opportunit&#233; s'en pr&#233;sentaient, il ne d&#233;daign&#226;t pas de donner ses enseignements en quelque lieu que ce f&#251;t. Nous lisons en effet que les foules le suivaient et qu'il pr&#234;chait non seulement dans les maisons, sur les places, mais encore en rase campagne, sur les montagnes, dans les d&#233;serts, au bord de la mer, sur la mer m&#234;me, mont&#233; sur la barque de pierre.
Le c&#233;l&#232;bre discours des huit b&#233;atitudes est appel&#233; pr&#233;cis&#233;ment le discours sur la montagne du lieu o&#249; il le pronon&#231;a.
Il pr&#234;chait par l'exemple non moins que par la parole. Ses disciples, en admiration devant ses longues oraisons, le suppli&#232;rent de leur enseigner &#224; prier eux aussi, et J&#233;sus, leur enseigna la sublime pri&#232;re du Pater noster.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;97. J&#233;sus, dans ses enseignements, pour diverses raisons, parmi lesquelles fut telle de s'adapter &#224; la capacit&#233; du plus grand nombre de ses auditeurs et au g&#233;nie des peuples orientaux, se servait bien souvent de paraboles, ou comparaisons. Elles sont simples et sublimes ; celles de l'enfant prodigue, du samaritain, du bon pasteur, des dix talents, des dix vierges, du mauvais riche, de l'&#233;conome infid&#232;le, du serviteur qui ne veut pas pardonner, des vignerons, des invit&#233;s aux noces, du grain de s&#233;nev&#233;, de la semence, du pharisien et du publicain, des ouvriers, de l'ivraie et autres bien connues des bons chr&#233;tiens qui assistent &#224; l'explication du saint &#201;vangile qui se fait le dimanche dans leurs paroisses.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;12) Merveilleux effets de la parole et de la puissance du R&#233;dempteur&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;98. Ordinairement, apr&#232;s ses discours, on lui pr&#233;sentait des infirmes de toute esp&#232;ce, muets, sourds, estropi&#233;s, aveugles, l&#233;preux, et &#224; tous il rendait la sant&#233;.
Et ce n'&#233;tait pas seulement dans les synagogues qu'il allait r&#233;pandant ses gr&#226;ces et ses bienfaits ; mais en quelque lien qu'il se trouv&#226;t, s'il s'en pr&#233;sentait l'occasion, il venait au secours des malheureux, qui lui &#233;taient conduits en grand nombre de tous les points de la Palestine et des pays circonvoisins, car la renomm&#233;e de ses miracles s'&#233;tait r&#233;pandue jusque dans toute la Syrie. Il y avait sp&#233;cialement des poss&#233;d&#233;s du d&#233;mon, tr&#232;s nombreux en ce temps ; il les d&#233;livrait des mauvais esprits qui sortaient en criant : Tu es le Christ, le Fils de Dieu !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;99. Deux fois, avec quelques pains multipli&#233;s miraculeusement, il rassasia les foules qui l'avaient suivi au d&#233;sert. Aux portes de la ville de Na&#239;m il ressuscita le fils d'une veuve, qu'on portait au tombeau, et quelque temps avant sa passion, il ressuscita Lazare, mort depuis quatre jours et sentant mauvais dans son s&#233;pulcre&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;100. Le nombre des miracles, m&#234;me tr&#232;s &#233;clatants, qu'il fit dans les trois ans de sa pr&#233;dication, est infini. Par l&#224; il montrait qu'il parlait par l'ordre de Dieu, qu'il &#233;tait le Messie attendu des Patriarches, et pr&#233;dit par les Proph&#232;tes, qu'il &#233;tait le Fils de Dieu lui-m&#234;me. Et tel il se manifesta dans sa Transfiguration par la splendeur de sa gloire et par la voix du P&#232;re qui le proclamait son Fils bien aim&#233;.
A la vue de tels miracles, plusieurs se convertissaient et le suivaient, beaucoup encore l'acclamaient, cherchant parfois &#224; le faire roi.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;13) Guerre ouverte contre J&#233;sus&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;101. Les triomphes de J&#233;sus excit&#232;rent d&#232;s le commencement la jalousie des scribes, des pharisiens, des princes des pr&#234;tres et des chefs du peuple ; et cette jalousie s'accrut d'une mani&#232;re d&#233;mesur&#233;e quand il en vint &#224; d&#233;masquer leur hypocrisie et &#224; flageller leurs vices. Aussi ne tard&#232;rent-ils pas &#224; le pers&#233;cuter et &#224; le d&#233;nigrer, le traitant de poss&#233;d&#233; du d&#233;mon, et &#224; chercher le moyen de le surprendre dans ses paroles, soit pour le discr&#233;diter devant le peuple, soit pour l'accuser aupr&#232;s du gouverneur romain. Leur envie augmentait toujours quand, &#224; la suite de la r&#233;surrection de Lazare, se multiplia grandement le nombre des Juifs qui croyaient en lui. Alors ils tinrent un conseil pour le tuer, et le pontife Ca&#239;phe finit par dire : &#171; Il est n&#233;cessaire qu'un &#171; homme meure pour le peuple et que toute la nation ne &#171; p&#233;risse pas &#187;, faisant par ces paroles une proph&#233;tie sans le savoir : c'est bien en effet par la mort de J&#233;sus que le monde devait &#234;tre sauv&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;14) Cause de grande haine et trahison de Judas&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;102. Enfin leur haine arriva au comble lorsque, aux approches de la P&#226;que (c'&#233;tait la quatri&#232;me qu'il faisait &#224; J&#233;rusalem depuis le commencement de sa pr&#233;dication), dans la ville d&#233;bordante d'&#233;trangers venus de tous c&#244;t&#233;s pour la f&#234;te, J&#233;sus, mont&#233; sur un &#226;non, entra en triomphe, aux acclamations du peuple qui &#233;tait sorti &#224; sa rencontre portant des rameaux d'oliviers et des palmes, tandis que certains &#233;tendaient leurs v&#234;tements sur le chemin et que d'autres cassaient des branches d'arbres dont ils jonchaient le sol.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;103. Alors les anciens du peuple, les princes des pr&#234;tres et les scribes se r&#233;unirent dans la maison du grand-pr&#234;tre Ca&#239;phe et d&#233;cid&#232;rent de s'emparer secr&#232;tement de J&#233;sus par ruse, de peur d'un tumulte parmi le peuple. L'occasion ne se fit pas attendre. Judas Iscariote, un des douze Ap&#244;tres, poss&#233;d&#233; du d&#233;mon de l'avarice, s'offrit &#224; livrer son divin Ma&#238;tre aux mains de ses ennemis pour trente pi&#232;ces d'argent.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;15) Derni&#232;re C&#232;ne de J&#233;sus-Christ et institution du, sacrement de I'Eucharistie&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;104. C'&#233;tait le jour o&#249; on devait sacrifier et manger l'agneau pascal., A l'heure marqu&#233;e, J&#233;sus vint au lieu o&#249; Pierre et Jean, envoy&#233;s par lui, avaient tout pr&#233;par&#233; pour la C&#232;ne, et ils se mirent &#224; table.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;105. C'est dans cette derni&#232;re C&#232;ne que J&#233;sus donna aux hommes la plus grande preuve de son amour pour eux en instituant le sacrement de l'Eucharistie.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;16) Passion de N.-S. J&#233;sus-Christ&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;106. Apr&#232;s la C&#232;ne, le divin Sauveur, accompagn&#233; de ses Ap&#244;tres, sortit de la ville et, leur disant en chemin les choses les plus tendres et leur donnant les plus sublimes enseignements, il vint, selon son habitude, au jardin de Geths&#233;mani o&#249;, pensant &#224; sa passion prochaine, priant et s'offrant &#224; son P&#232;re &#201;ternel, il sua le sang et fut fortifi&#233; par un Ange.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;107. Bient&#244;t arriva Judas, le tra&#238;tre, &#224; la t&#234;te d'une troupe de gens sans aveu, arm&#233;s de b&#226;tons et d'&#233;p&#233;es : il donna &#224; J&#233;sus un baiser, signe convenu pour le faire conna&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J&#233;sus abandonn&#233; des Ap&#244;tres qui s'&#233;taient enfuis saisis de peur, fut li&#233; et encha&#238;n&#233; par ces mis&#233;rables, et, avec toute sorte de mauvais traitements, ils le tra&#238;n&#232;rent d'abord chez un prince des pr&#234;tres nomm&#233; Anne, puis chez le grand-pr&#234;tre Ca&#239;phe. Celui-ci, dans la nuit m&#234;me, rassembla le grand sanh&#233;drin qui proclama J&#233;sus digne de mort.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;108. L'assembl&#233;e des juges se s&#233;para et J&#233;sus fut remis &#224; la soldatesque qui, pendant la nuit, le vilipenda et l'outragea avec de barbares traitements.
Ce fut encore dans cette nuit que Pierre remplit d'amertume le c&#339;ur de J&#233;sus en le reniant trois fois. Mais, quand J&#233;sus le regarda, il rentra en lui-m&#234;me et pleura son p&#233;ch&#233; toute sa vie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;109. Le jour venu, le sanh&#233;drin s'assembla de nouveau, puis J&#233;sus fut conduit au gouverneur romain Ponce Pilate &#224; qui on demanda &#224; grands cris sa condamnation &#224; mort. Pilate, ayant reconnu l'innocence de J&#233;sus et la perfidie des Juifs, chercha &#224; le sauver. Et comme, &#224; l'occasion de la P&#226;que, il devait d&#233;livrer un malfaiteur, il laissa le choix au peuple entre J&#233;sus et Barabbas ! Et le peuple choisit Barabbas ! ...
Pilate, apprenant ensuite que J&#233;sus &#233;tait Galil&#233;en, l'envoya &#224; H&#233;rode Antipas, qui le m&#233;prisa, le traita comme un fou et le renvoya v&#234;tu par d&#233;rision d'une robe blanche. Enfin Pilate le fit flageller par les soldats qui, lorsque son corps ne fut plus qu'une plaie, imagin&#232;rent l'insulte atroce de mettre sur sa t&#234;te une couronne d'&#233;pines, sur ses &#233;paules un lambeau de pourpre, dans sa main un roseau, et s'amus&#232;rent de lui en le saluant roi.
Mais tout cela ne suffisant pas &#224; contenter la fureur de ses ennemis et de la foule hurlante, Pilate le condamna &#224; &#234;tre crucifi&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;110. Alors J&#233;sus dut mettre sur ses &#233;paules une lourde croix et la tra&#238;ner jusqu'au calvaire o&#249;, d&#233;pouill&#233; de ses habits, abreuv&#233; de fiel et de myrrhe, clou&#233; &#224; la croix et &#233;lev&#233; entre deux voleurs, dans les convulsions et les plus horribles tortures, apr&#232;s trois heures de la plus p&#233;nible agonie, il expira, priant pour ses bourreaux qui ne cess&#232;rent pas pour cela de s'acharner apr&#232;s lui. M&#234;me mort, il eut le c&#339;ur transperc&#233; par un violent coup de lance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;111. Aucun esprit humain ne peut imaginer, aucune langue ne peut exprimer ce que J&#233;sus dut souffrir, et dans la nuit de son arrestation, et dans les divers voyages d'un tribunal &#224; l'autre, et dans la flagellation, et dans le couronnement d'&#233;pines, et dans le crucifiement, et dans sa longue agonie ! ... Seul l'amour qui en fut cause peut en faire revivre une bien p&#226;le image dans les c&#339;urs reconnaissants.
La tr&#232;s sainte Vierge assistait avec une force d'&#226;me surhumaine &#224; la mort de son divin Fils, et elle unit les transes de son c&#339;ur aux douleurs du Crucifi&#233; pour la r&#233;demption du genre humain.
Dans sa mort comme dans sa vie, le P&#232;re c&#233;leste fit resplendir la divinit&#233; de J&#233;sus-Christ. Pendant qu'il &#233;tait sur la croix, le soleil s'obscurcit et la terre se couvrit de t&#233;n&#232;bres tr&#232;s &#233;paisses ; &#224; son dernier soupir la terre fut &#233;branl&#233;e d'un &#233;pouvantable tremblement, le voile du temple se d&#233;chira du haut en bas, et plusieurs morts sortis de leurs s&#233;pultures se montr&#232;rent dans les rues de J&#233;rusalem et apparurent &#224; beaucoup.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;17) S&#233;pulture de J&#233;sus. sa R&#233;surrection et son Ascension&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;112. J&#233;sus fut crucifi&#233; et mourut le vendredi et, le soir m&#234;me, avant le coucher du soleil, on le descendit de l'a croix et on l'ensevelit dans un s&#233;pulcre nouveau qui fut scell&#233; et entour&#233; de gardes, de peur que ses disciples ne vinssent l'enlever.
A l'aube du lendemain du sabbat, il y eut un grand tremblement de terre. J&#233;sus &#233;tait ressuscit&#233; et sorti glorieux et triomphant du tombeau. Apr&#232;s &#234;tre apparu &#224; sainte Madeleine, il apparut aux Ap&#244;tres pour les r&#233;conforter et les consoler ; et quelques saints P&#232;res pensent qu'auparavant il apparut &#224; sa tr&#232;s sainte M&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;113. J&#233;sus resta encore quarante jours sur la terre apr&#232;s sa r&#233;surrection, se montrant &#224; ses disciples en diverses apparitions et conversant avec eux. Il rassurait ses Ap&#244;tres de miraculeuse fa&#231;on, les confirmait dans la foi, leur communiquait des choses tr&#232;s &#233;lev&#233;es et leur donnait ses derniers avertissements. Enfin, le quaranti&#232;me jour, il les rassembla sur le mont des oliviers, et, apr&#232;s les avoir b&#233;nis, en leur pr&#233;sence, visiblement, il s'&#233;leva de terre et monta au ciel.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;18) Descente du Saint-Esprit. - Pr&#233;dication des Ap&#244;tres&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;114. Les Ap&#244;tres, suivant les avis de leur divin Ma&#238;tre, se retir&#232;rent aussit&#244;t au c&#233;nacle de J&#233;rusalem, et l&#224;, pendant dix jours, ils, attendirent dans la pri&#232;re le Saint-Esprit que J&#233;sus leur avait promis et qui descendit sur eux en forme de langues de feu, le matin du dixi&#232;me jour appel&#233; la Pentec&#244;te.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;115. Chang&#233;s en d'autres hommes, ils commenc&#232;rent tout &#224; coup &#224; parler diverses langues, selon que le Saint-Esprit leur donnait de parler. Les gens de toute nation r&#233;unis en ces jours &#224; J&#233;rusalem accoururent pour admirer un tel spectacle, et, &#224; un discours fait par saint Pierre sur les proph&#233;ties r&#233;alis&#233;es en la personne de J&#233;sus-Christ et sur les miracles qu'il avait op&#233;r&#233;s, trois mille personnes se convertirent.
Quelques jours apr&#232;s, saint Pierre encore, accompagn&#233; de l'Ap&#244;tre Jean, gu&#233;rit miraculeusement un boiteux de naissance, et, parlant &#224; la multitude des Juifs, il en attira cinq mille autres &#224; la foi.
Les Ap&#244;tres pr&#234;chant non seulement &#224; J&#233;rusalem mais dans toute la Jud&#233;e, le nombre des croyants allait grandissant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;116. Mais les anciens du peuple et les princes des pr&#234;tres commenc&#232;rent aussit&#244;t &#224; pers&#233;cuter les Ap&#244;tres. Il les appel&#232;rent et les reprirent vivement, leur intimant l'ordre de ne plus parler de J&#233;sus. Et ils r&#233;pondaient : Nous ne pouvons taire ce que nous avons vu et entendu ; jugez vous-m&#234;mes s'il nous est permis d'ob&#233;ir aux hommes en d&#233;sob&#233;issant &#224; Dieu. Mais ceux-ci les emprisonn&#232;rent et les maltrait&#232;rent. Ils firent mourir le diacre Etienne sous une gr&#234;le de pierres. Et les Ap&#244;tres, heureux d'avoir &#233;t&#233; jug&#233;s dignes de souffrir pour J&#233;sus-Christ, n'en &#233;taient que plus courageux pour pr&#234;cher, et le nombre des convertis &#233;tait toujours plus grand.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;19) L'ap&#244;tre Paul&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;117. Le plus c&#233;l&#232;bre des convertis &#224; l'Evangile fut Saul appel&#233; ensuite Paul, natif de Tarse. D'abord furieux ennemi et pers&#233;cuteur des chr&#233;tiens, il fut frapp&#233; par la puissance divine et devint un vase d'&#233;lection, le plus z&#233;l&#233; et le plus actif des Ap&#244;tres.
Il est incroyable que de voyages, de fatigues et de tribulations affronta ce prodige de la gr&#226;ce pour faire conna&#238;tre aux gentils le nom et la doctrine de J&#233;sus-Christ : aussi est-il appel&#233; le Docteur des nations. Pr&#234;chant la foi non avec l'appareil de la sagesse humaine, mais avec la force de Dieu qui la confirmait par des miracles, il convertissait les peuples malgr&#233; les accusations continuelles des ennemis de la Croix du Christ. Ces accusations l'amen&#232;rent providentiellement &#224; Rome, o&#249; il put lui aussi pr&#234;cher l'Evangile aux Juifs qui y habitaient et aux pa&#239;ens. Apr&#232;s d'autres p&#233;r&#233;grinations il y revint et y couronnant sa vie apostolique par le martyre, il eut la t&#234;te tranch&#233;e dans la m&#234;me pers&#233;cution de N&#233;ron o&#249; saint Pierre fut crucifi&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;118. Il nous reste de lui 14 &#233;p&#238;tres, la plupart &#233;crites aux diverses Eglises qu'il avait fond&#233;es, et elles sont un autre signe de la mission apostolique que lui avait donn&#233;e J&#233;sus-Christ, car, remarque saint Augustin, elles sont &#233;crites avec tant de clart&#233;, de largeur de vues, de profondeur et d'onction qu'elles r&#233;v&#232;lent l'esprit de Dieu.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;20) Dispersion des Ap&#244;tres dans le monde entier&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;119. Apr&#232;s avoir pr&#234;ch&#233; l'Evangile en Jud&#233;e, selon l'ordre de J&#233;sus, les Ap&#244;tres se s&#233;par&#232;rent et all&#232;rent pr&#234;cher dans le monde entier. Saint Pierre, chef du Coll&#232;ge apostolique, alla &#224; Antioche. C'est l&#224; qu'on commen&#231;a &#224; appeler Chr&#233;tiens ceux qui croyaient &#224; J&#233;sus-Christ. D'Antioche, saint Pierre vint &#224; Rome, o&#249; il fixa son si&#232;ge et il ne le transporta plus ailleurs. Il fut &#201;v&#234;que de Rome et finit sa vie dans cette ville, comme nous l'avons indiqu&#233;, par un glorieux martyre sous N&#233;ron.
Les successeurs de saint Pierre sur le Si&#232;ge de Rome h&#233;rit&#232;rent de la puissance souveraine, que le Seigneur lui avait donn&#233;e, de Ma&#238;tre infaillible de l'&#201;glise, de source de toute la juridiction et de protecteur et d&#233;fenseur de tous les chr&#233;tiens. C'est pr&#233;cis&#233;ment pour cela qu'ils ont re&#231;u le nom de Papes, ce qui veut dire P&#232;res, et ils se sont succ&#233;d&#233;s sans interruption sur la chaire de Pierre jusqu'&#224; nos jours.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;120. Tous les Ap&#244;tres, en plein accord entre eux et en communion avec Pierre, pr&#234;chaient partout la m&#234;me foi ; et les hommes se convertissaient et abandonnaient l'idol&#226;trie. Bient&#244;t le monde se remplit de chr&#233;tiens et, pour les gouverner, les Ap&#244;tres &#233;tablissaient les Ev&#234;ques qui devaient continuer leur minist&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;TROISIEME PARTIE
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;QUELQUES MOTS D'HISTOIRE DE L'&#201;GLISE&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;1) Les pers&#233;cutions et les martyrs&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;121. Mais la foi chr&#233;tienne devait passer par de bien dures &#233;preuves pour qu'il f&#251;t manifeste qu'elle venait de Dieu et qu'il &#233;tait son seul soutien. Dans les trois premiers si&#232;cles de son existence, donc pendant le cours de 300 ans, beaucoup de terribles pers&#233;cutions s&#233;virent contre les fid&#232;les de J&#233;sus-Christ par ordre des empereurs romains.
La guerre faite aux chr&#233;tiens n'&#233;tait pas continuelle, mais elle reprenait &#224; certains intervalles. Et alors, on les recherchait pour leur demander raison de leur foi, on leur enjoignait d'offrir de l'encens aux idoles, et s'ils refusaient ils &#233;taient soumis &#224; tous les affronts, &#224; toutes les peines, &#224; tous les tourments que la malice humaine pouvait imaginer, et enfin &#224; la mort.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;122. Ils ne provoquaient point leurs ennemis ; pour leurs exercices pieux et pour l'assistance au divin Sacrifice ils se r&#233;unissaient le plus souvent dans des lieux souterrains, obscurs et d&#233;serts, qui existent toujours &#224; Rome et ailleurs et qu'on appelle cimeti&#232;res ou catacombes ; mais ils ne r&#233;ussissaient pas &#224; &#233;viter les p&#233;rils de mort. Et un tr&#232;s grand nombre d'entre eux, en versant leur sang, rendirent t&#233;moignage &#224; la foi de J&#233;sus-Christ pour l'affirmation de laquelle &#233;taient morts les Ap&#244;tres et leurs imitateurs. C'est pour cela qu'on les appelle martyrs, ce qui signifie pr&#233;cis&#233;ment t&#233;moins. l'&#201;glise reconnaissait ces ch&#232;res victimes de la foi, recueillait leurs cadavres, les pla&#231;ait en de saintes s&#233;pulcres et les admettait aux honneurs des autels.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;2) Constantin et la paix de l'Eglise&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;123. l'&#201;glise n'eut de paix solide que sous Constantin qui, victorieux de ses ennemis, favoris&#233; et encourag&#233; par une vision c&#233;leste, publia des &#233;dits, d'apr&#232;s lesquels chacun restait libre de professer la religion chr&#233;tienne ; les chr&#233;tiens rentraient en possession des biens qui leur avaient &#233;t&#233; confisqu&#233;s ; personne ne pouvait les inqui&#233;ter au sujet de leur foi ; ils ne devaient plus &#234;tre exclus des charges ou emplois de l'Etat ; ils pouvaient b&#226;tir des &#233;glises ; et souvent l'empereur en soutenait les frais.
Alors tous les confesseurs de la foi qui &#233;taient en prison furent rendus &#224; la libert&#233; ; les chr&#233;tiens commenc&#232;rent &#224; c&#233;l&#233;brer leurs assembl&#233;es avec un &#233;clat public et les infid&#232;les eux-m&#234;mes &#233;prouvaient un attrait &#224; glorifier le vrai Dieu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;124. Constantin, ayant triomph&#233; de son dernier comp&#233;titeur, resta seul ma&#238;tre du monde romain et on vit la croix de J&#233;sus-Christ briller sur les &#233;tendards de l'empire.
Il divisa ensuite l'empire en Empire d'Orient et Empire d'Occident, faisant de Byzance sur le Bosphore une nouvelle capitale qu'il embellit et appela Constantinople (330 ap. J.-C.). Cette m&#233;tropole devint bient&#244;t une nouvelle Rome &#224; cause de l'autorit&#233; imp&#233;riale qui y r&#233;sidait.
Alors l'esprit d'orgueil et de nouveaut&#233; s'empara de quelques hommes d'Eglise qui y &#233;taient constitu&#233;s dans une haute dignit&#233;. Ils ambitionn&#232;rent la primaut&#233; sur le Pape et sur toute l'Eglise de J&#233;sus-Christ. De l&#224; naquirent, pendant plusieurs si&#232;cles, de tr&#232;s graves dissensions et finalement le schisme d&#233;sastreux par lequel l'Orient se s&#233;para de l'Occident (IX si&#232;cle), se soustrayant &#224; la divine autorit&#233; du Pontife Romain qui est le successeur de saint Pierre, Vicaire de J&#233;sus-Christ.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;3) Les h&#233;r&#233;sies et les Conciles&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;125. Tandis qu'elle sortait victorieuse de la guerre ext&#233;rieure avec le paganisme et triomphait de l'&#233;preuve de ses f&#233;roces pers&#233;cutions, l'&#201;glise de J&#233;sus-Christ, assaillie par des ennemis int&#233;rieurs, livrait d&#233;j&#224; une guerre intestine bien plus terrible. Guerre longue et douloureuse qui, engag&#233;e et maintenue ardente par de mauvais chr&#233;tiens ; ses fils d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s, n'a pas encore vu de fin ; mais dont l'&#201;glise sortira triomphante selon la parole infaillible du divin fondateur &#224; son premier Vicaire ici-bas, l'ap&#244;tre Pierre : &#171; Tu es Pierre, et sur cette pierre je b&#226;tirai mon Eglise et les portes de l'enfer ne pr&#233;vaudront pas contre elle &#187;. (S. Matthieu, XVI, 18).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;126. D&#233;j&#224; du temps des Ap&#244;tres s'&#233;taient lev&#233;s des hommes pervers qui, par esprit de lucre et d'ambition, troublaient et corrompaient dans le peuple la puret&#233; de la foi par de honteuses erreurs. Les Ap&#244;tres s'oppos&#232;rent &#224; eux par leur pr&#233;dication et leurs &#233;crits, et par l'infaillible sentence du premier concile qu'ils c&#233;l&#233;br&#232;rent &#224; J&#233;rusalem.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;127. Dans la suite l'esprit des t&#233;n&#232;bres ne cessa pas ses attaques venimeuses contre l'&#201;glise et contre les divines v&#233;rit&#233;s dont elle est la gardienne ind&#233;fectible ; et, suscitant toujours contre elle de nouvelles h&#233;r&#233;sies, il attaqua l'un apr&#232;s l'autre tous les dogmes de la religion chr&#233;tienne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;128. Les plus tristement fameuses parmi les h&#233;r&#233;sies furent celles : de Sabellius, qui attaquait le dogme de la Tr&#232;s Sainte Trinit&#233; ; de Man&#232;s, qui niait l'Unit&#233; de Dieu et admettait dans l'homme deux &#226;mes ; d'Arius qui ne voulait pas reconna&#238;tre la divinit&#233; de N.-S. J&#233;sus-Christ ; de Nestorius, qui d&#233;niait &#224; la Tr&#232;s sainte Vierge sa dignit&#233; &#233;lev&#233;e de M&#232;re de Dieu et distinguait en J&#233;sus-Christ deux personnes ! d'Eutych&#232;s qui n'admettait en J&#233;sus-Christ qu'une seule nature ; de Mac&#233;donius, qui combattait la divinit&#233; de l'Esprit-Saint ; de P&#233;lage, qui attaquait le dogme du p&#233;ch&#233; originel et de la n&#233;cessit&#233; de la gr&#226;ce ; des Iconoclastes, qui rejetaient le culte des saintes Images et des reliques des Saints ; de B&#233;renger, qui niait la pr&#233;sence r&#233;elle de N.-S. J&#233;sus-Christ dans le Tr&#232;s Saint-Sacrement ; de Jean Huss qui niait la primaut&#233; de saint Pierre et du Pontife Romain ; et enfin la grande h&#233;r&#233;sie du Protestantisme (XVI s.) produite et r&#233;pandue principalement par Luther et Calvin. Ces novateurs repoussaient la Tradition divine, r&#233;duisant toute la r&#233;v&#233;lation &#224; la Sainte &#201;criture et ils soustrayaient la Sainte &#201;criture elle-m&#234;me au l&#233;gitime magist&#232;re de l'&#201;glise pour la livrer follement &#224; la libre interpr&#233;tation de l'esprit priv&#233; de chacun. Ils d&#233;molissaient ainsi tous les fondements de la foi, exposaient les Livres Saints &#224; la profanation de la pr&#233;somption et de l'ignorance et ouvraient la porte &#224; toutes les erreurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;129. Le protestantisme ou, religion r&#233;form&#233;e, comme l'appel&#232;rent orgueilleusement ses fondateurs, est la somme de toutes les h&#233;r&#233;sies qui furent avant lui, qui ont &#233;t&#233; depuis et qui pourront na&#238;tre encore pour la perte des &#226;mes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;130. Par une lutte qui dure sans tr&#234;ve depuis vingt si&#232;cles, l'&#201;glise catholique ne cessa de d&#233;fendre le d&#233;p&#244;t sacr&#233; de la v&#233;rit&#233; que Dieu lui a confi&#233;e et de prot&#233;ger les fid&#232;les contre le venin des doctrines h&#233;r&#233;tiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;131. A l'exemple des Ap&#244;tres, chaque fois que le besoin publie l'a exig&#233;, l'&#201;glise rassembl&#233;e en Concile oecum&#233;nique ou g&#233;n&#233;ral, a d&#233;fini avec une limpide clart&#233; la v&#233;rit&#233; catholique, l'a propos&#233;e comme dogme de foi &#224; ses fils et a repouss&#233; de son sein les h&#233;r&#233;tiques, les frappant d'excommunication et condamnant leurs erreurs.
Le concile oecum&#233;nique ou g&#233;n&#233;ral est une auguste assembl&#233;e o&#249; sont appel&#233;s par le Pontife Romain tous les Ev&#234;ques de l'univers et autres pr&#233;lats de l'&#201;glise et qui est pr&#233;sid&#233;e par le Pape en personne ou repr&#233;sent&#233; par ses L&#233;gats. A cette assembl&#233;e, qui repr&#233;sente toute l'&#201;glise enseignante, est promise l'assistance du Saint-Esprit, et ses d&#233;cisions en mati&#232;re de foi et de m&#339;urs, une fois confirm&#233;es par le Souverain Pontife, sont s&#251;res et infaillibles comme la parole de Dieu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;132. Le concile qui condamna le protestantisme fut le Saint Concile de Trente, ainsi nomm&#233; de la ville o&#249; il tint ses s&#233;ances.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;133. Frapp&#233; de cette condamnation, le protestantisme vit se d&#233;velopper les germes de dissolution qu'il portait dans son organisme vici&#233; : les dissensions le d&#233;chir&#232;rent, et il s'y multiplia des sectes qui, se divisant et se subdivisant, le mirent en lambeaux. Aujourd'hui le nom de protestantisme ne signifie plus une croyance uniforme et r&#233;pandue, mais il cache le plus monstrueux assemblage d'erreurs priv&#233;es et individuelles, abrite toutes les h&#233;r&#233;sies et repr&#233;sente toutes les formes de r&#233;bellion contre la sainte Eglise catholique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;134. Mais l'esprit protestant, c'est-&#224;-dire l'esprit de libert&#233; effr&#233;n&#233;e et d'opposition &#224; toute autorit&#233;, ne laissa pas de se r&#233;pandre, et beaucoup d'hommes se sont lev&#233;s qui, gonfl&#233;s d'une science vaine et superbe, ou domin&#233;s par l'ambition et l'int&#233;r&#234;t, n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; cr&#233;er ou favoriser des th&#233;ories subversives de la foi, de la morale et de toute autorit&#233; divine et humaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;135. Le Souverain Pontife Pie IX, apr&#232;s avoir, dans un Syllabus, condamn&#233; beaucoup des plus essentielles propositions de ces t&#233;m&#233;raires chr&#233;tiens, avait, pour porter la cogn&#233;e &#224; la racine du mal, convoqu&#233; &#224; Rome un nouveau concile oecum&#233;nique Ce concile avait heureusement commenc&#233; son oeuvre illustre et bienfaisante dans les premi&#232;res sessions tenues dans la basilique de Saint Pierre au Vatican (d'o&#249; le nom de Concile du Vatican) lorsque, en 1870, par suite des vicissitudes des temps, il dut suspendre ses s&#233;ances.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;136. Esp&#233;rons que la temp&#234;te qui agite momentan&#233;ment l'&#201;glise s'apaisera, et que le Pontife Romain pourra reprendre et mener &#224; bout l'oeuvre providentielle du saint Concile et qu'il nous sera bient&#244;t donn&#233; de voir la v&#233;rit&#233; catholique, victorieuse des erreurs qui travaillent &#224; cette heure l'&#201;glise et la soci&#233;t&#233; civile, briller d'un &#233;clat nouveau et illuminer le monde de ses &#233;ternelles splendeurs.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;4) Indications et directions pour l'&#233;tude de la religion dans l'histoire de l'Eglise&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;137. Nous voici au terme de notre abr&#233;g&#233;, car il ne nous est pas possible de suivre pas &#224; pas les vicissitudes de l'Eglise dans la complication des &#233;v&#233;nements politiques, sans dire des choses qui seraient moins &#224; la port&#233;e des intelligences ordinaires et sans manquer le but de ces pages.
Que le fid&#232;le de bonne volont&#233; se procure un bon abr&#233;g&#233; d'histoire de l'Eglise fait par un auteur catholique. Qu'il lise en esprit de simplicit&#233; et d'humilit&#233; chr&#233;tiennes, et il verra l'Eglise sa M&#232;re resplendir des caract&#232;res dont Notre-Seigneur J&#233;sus-Christ a orn&#233; la seule et v&#233;ritable Eglise fond&#233;e par lui, qui sont d'&#234;tre Une, Sainte, Catholique et Apostolique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;138. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une&lt;/strong&gt;. &#8212; L'unit&#233; de l'Eglise, il la verra resplendir dans l'exercice continu de la foi, de l'esp&#233;rance et de la charit&#233;. Il verra, en vingt si&#232;cles d'une vie toujours jeune et florissante que compte l'&#201;glise, tant de g&#233;n&#233;rations, tant de multitudes d'hommes diff&#233;rents de temp&#233;rament, de nation, de langue, r&#233;unis en une soci&#233;t&#233; gouvern&#233;e toujours par une m&#234;me et perp&#233;tuelle hi&#233;rarchie, professer les m&#234;mes croyances, s'appuyer sur les m&#234;mes esp&#233;rances, participer aux m&#234;mes pri&#232;res, aux m&#234;mes sacrements, sous la direction des l&#233;gitimes Pasteurs. Il verra la hi&#233;rarchie eccl&#233;siastique, form&#233;e de tant de milliers d'Ev&#234;ques et de Pr&#234;tres, resserr&#233;e par le lien de l'unit&#233; dans la communion et l'ob&#233;issance du Pontife Romain qui est son chef divinement constitu&#233;, et recevant de lui les divins enseignements pour les communiquer au peuple avec une parfaite unit&#233; de doctrine. D'o&#249; vient donc une telle merveille d'union ? De la pr&#233;sence, de l'assistance de J&#233;sus-Christ qui avait dit aux Ap&#244;tres : &#171; Voici que je suis avec vous jusqu'&#224; la consommation des si&#232;cles. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;139. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sainte&lt;/strong&gt;. &#8212; Le fid&#232;le qui lira avec un c&#339;ur droit l'histoire de l'Eglise, verra resplendir la saintet&#233; de l'&#201;glise, non seulement dans la saintet&#233; essentielle de son Chef invisible J&#233;sus-Christ, dans la saintet&#233; des sacrements, de la doctrine, des corporations religieuses, de beaucoup de ses membres, mais encore dans l'abondance des dons c&#233;lestes des saints charismes , des proph&#233;ties et des miracles par lesquels le Seigneur qui les refuse &#224; toutes les autres soci&#233;t&#233;s religieuses fait briller &#224; la face du monde le privil&#232;ge de saintet&#233; dont seule est orn&#233;e son Eglise.
Celui qui lit l'histoire de l'&#201;glise avec une &#226;me droite est p&#233;n&#233;tr&#233; d'admiration en contemplant l'action visible de la Providence divine qui communique &#224; l'&#201;glise la saintet&#233; et la vie et veille &#224; sa conservation. C'est elle qui, d&#232;s les premiers si&#232;cles, suscitait ces grands hommes, gloire immortelle du christianisme, qui, remplis d'une sagesse et d'une force surhumaines, combattirent victorieusement les h&#233;r&#233;sies et les erreurs &#224; mesure qu'elles s'&#233;levaient ; saints P&#232;res et Docteurs qui brilleront comme des &#233;toiles, selon la parole de l'Ecriture, dans les perp&#233;tuelles &#233;ternit&#233;s. C'est leur consentement universel et unanime qui fait toujours reconna&#238;tre &#224; l'&#201;glise la Tradition et le sens des Saintes &#201;critures.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On est &#233;galement frapp&#233; quand on voit surgir providentiellement, en temps et lieu opportuns, ces Ordres R&#233;guliers, ces Familles Religieuses, approuv&#233;es et b&#233;nies par l'&#201;glise, dans lesquelles depuis le quatri&#232;me si&#232;cle on a vu fleurir la vie chr&#233;tienne et les aspirations vers la perfection &#233;vang&#233;lique, dans la pratique des conseils divins par les saints v&#339;ux de chastet&#233;, de pauvret&#233; et d'ob&#233;issance.
L'histoire nous montre qu'au cours des si&#232;cles ces Familles Religieuses sont toujours all&#233;es et vont toujours se succ&#233;dant et se renouvelant, avec un but toujours adapt&#233; &#224; la diversit&#233; des temps et de leurs besoins : ou la pri&#232;re, ou l'enseignement, ou l'exercice du minist&#232;re apostolique, ou l'accomplissement vari&#233; et multiple des oeuvres de charit&#233;. Elles sont en butte, comme leur sainte M&#232;re l'&#201;glise, &#224; des pers&#233;cutions furieuses qui, souvent et pendant quelque temps, les &#233;crasent. Mais parce que ces instituts appartiennent &#224; l'essence de l'&#201;glise pour la r&#233;alisation des conseils &#233;vang&#233;liques, ils ne peuvent pas p&#233;rir tout &#224; fait. Et il est prouv&#233; que les tribulations les purifient et les rajeunissent ; et, renaissant ailleurs, ils se multiplient et produisent des fruits plus abondants et restent toujours une source in&#233;puisable de la saintet&#233; de l'&#201;glise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;140. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Catholique&lt;/strong&gt;. &#8212; Le fid&#232;le lira avec tristesse qu'au cours des si&#232;cles de trop grandes multitudes de chr&#233;tiens, parfois des nations enti&#232;res, furent mis&#233;rablement d&#233;tach&#233;es de l'unit&#233; de l'&#201;glise ; mais il verra aussi que, successivement, Dieu envoyait &#224; d'autres peuples, &#224; d'autres nations la lumi&#232;re de l'Evangile par des hommes apostoliques charg&#233;s express&#233;ment par lui, comme le furent les Ap&#244;tres, de guider les &#226;mes vers le salut. &#8212; Et il se consolera en reconnaissant que cet apostolat, le Seigneur a daign&#233; le confier dans notre si&#232;cle &#224; des centaines et des milliers de pr&#234;tres, de religieux de tout ordre, des vierges consacr&#233;es qui, sur les bateaux &#224; vapeur et sur les voies ferr&#233;es, parcourent la terre et les mers de l'ancien et du nouveau monde pour &#233;tendre le r&#232;gne de J&#233;sus-Christ.
Ce serait donc une erreur d'ajouter foi aux vanteries des incr&#233;dules : que le catholicisme va s'&#233;teignant dans le monde et que les hommes ne se pr&#233;occupent plus que du progr&#232;s des sciences et des arts. Il r&#233;sulte ait contraire bien clairement des statistiques que, dans l'ensemble, le nombre des catholiques, dans les cinq parties du monde, malgr&#233; les pers&#233;cutions et les difficult&#233;s de toute sorte, s'accro&#238;t tous les ans, et il y a lieu d'esp&#233;rer que les moyens de communication devenant de plus en plus faciles, il n'y aura plus d&#233;sormais une terre accessible o&#249; il n'y ait pas dans une modeste &#233;glise, autour d'un pauvre missionnaire, un groupe de chr&#233;tiens unis d'esprit et de c&#339;ur avec leurs fr&#232;res du monde entier, et par le moyen des Ev&#234;ques ou des Vicaires apostoliques l&#233;gitimement envoy&#233;s par le Saint-Si&#232;ge, reli&#233;s avec lui dans l'unit&#233; de foi et de communion. &#8212; C'est l&#224; ce qu'on appelle la catholicit&#233; de l'&#201;glise. Elle seule peut se dire catholique ou universelle, c'est-&#224;-dire de tous les temps et de tous les lieux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;141. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Apostolique&lt;/strong&gt;. &#8212; Le fid&#232;le verra, en parcourant l'histoire de l'&#201;glise, se succ&#233;der, au milieu d'innombrables difficult&#233;s, les Pontifes Romains, tous rev&#234;tus en la personne de Pierre des pr&#233;rogatives m&#234;mes que J&#233;sus-Christ lui donnait. Ils transmettent la juridiction &#224; ceux qui sont, eux aussi, les successeurs des Ap&#244;tres. Et de m&#234;me que nul d'entre les Ap&#244;tres ne se s&#233;para jamais de Pierre, ainsi aujourd'hui nul ne pourrait se s&#233;parer du Si&#232;ge de Rome sans cesser d'appartenir &#224; l'&#201;glise, qui d&#232;s lors se dit et est r&#233;ellement apostolique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;142. Dans l'histoire de l'&#201;glise le fid&#232;le apprendra &#224; conna&#238;tre et &#224; &#233;viter les ennemis de l'Eglise et de la foi. Au cours des si&#232;cles, il rencontrera des associations ou soci&#233;t&#233;s t&#233;n&#233;breuses et secr&#232;tes qui, sous diff&#233;rents noms, se form&#232;rent non pour glorifier le Dieu &#233;ternel, tout-puissant et bon, mais pour abattre son culte et y substituer (chose incroyable et pourtant r&#233;elle) le culte du d&#233;mon.
Il ne s'&#233;tonnera pas que les successeurs l&#233;gitimes de saint Pierre, sur lequel J&#233;sus-Christ fonda son Eglise, aient &#233;t&#233; ou soient encore aujourd'hui, pour les h&#233;r&#233;tiques et les incr&#233;dules, un objet de haine, de moquerie et d'aversion, car ils doivent ressembler de plus pr&#232;s au divin Ma&#238;tre, qui disait : S'ils m'ont pers&#233;cut&#233;, ils vous pers&#233;cuteront vous aussi. Mais la v&#233;rit&#233; qu'il verra r&#233;sulter de l'histoire est celle-ci : que, pendant plusieurs si&#232;cles, les premiers Papes furent justement &#233;lev&#233;s aux honneurs des autels, car beaucoup vers&#232;rent leur sang pour la foi ; que presque tous les autres brill&#232;rent par de remarquables dons de sagesse et de vertu, toujours ardents &#224; instruire, d&#233;fendre et sanctifier le peuple chr&#233;tien, toujours pr&#234;ts, comme leurs pr&#233;d&#233;cesseurs, &#224; donner leur vie pour rendre t&#233;moignage &#224; la parole de Dieu. ; &#8212; Qu'importe d&#232;s lors (puisque malheureusement il y eut parmi les douze un ap&#244;tre criminel), qu'importe si un petit nombre parmi tant de pontifes furent moins dignes de monter sur le Si&#232;ge supr&#234;me o&#249; la moindre tache parait tr&#232;s grave ? Dieu l'a permis pour faire conna&#238;tre sa puissance &#224; soutenir l'&#201;glise, puisqu'il a gard&#233; un homme infaillible dans son enseignement malgr&#233; les d&#233;faillances de sa conduite personnelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les assauts de Moscou contre le Vatican</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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<category domain="http://meurgues.fr/spip/spip.php?rubrique1">Catholicisme</category>


		<description>L'Union Sovi&#233;tique n'a jamais appr&#233;ci&#233; de vivre dans le m&#234;me monde que le Vatican. Les plus r&#233;centes d&#233;couvertes montrent que le Kremlin &#233;tait pr&#234;t &#224; tout pour combattre l'anticommunisme ferme de l'&#201;glise Catholique. &lt;br /&gt;En mars 2006, une commission parlementaire italienne concluait &#171; au-del&#224; de tout doute raisonnable que les dirigeants de l'Union Sovi&#233;tique avaient pris l'initiative d'&#233;liminer le pape Karol Wojtyla, &#187; en repr&#233;sailles de son soutien en Pologne au mouvement dissident Solidarno&#347;&#263;. En janvier (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://meurgues.fr/spip/IMG/arton2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;149&quot; height=&quot;212&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Union Sovi&#233;tique n'a jamais appr&#233;ci&#233; de vivre dans le m&#234;me monde que le Vatican. Les plus r&#233;centes d&#233;couvertes montrent que le Kremlin &#233;tait pr&#234;t &#224; tout pour combattre l'anticommunisme ferme de l'&#201;glise Catholique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En mars 2006, une commission parlementaire italienne &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/international/20060302.WWW000000403_lurss_voulait_tuer_le_pape.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;concluait&lt;/a&gt; &#171; au-del&#224; de tout doute raisonnable que les dirigeants de l'Union Sovi&#233;tique avaient pris l'initiative d'&#233;liminer le pape Karol Wojtyla, &#187; en repr&#233;sailles de son soutien en Pologne au mouvement dissident Solidarno&#347;&#263;. En janvier 2007, quand des documents d&#233;voilent que le nouvellement nomm&#233; archev&#234;que de Varsovie Stanislas Wielgus a collabor&#233; avec la police politique de l'&#232;re communiste de Pologne, il admet les accusations et d&#233;missionne. Le jour suivant, le recteur de la cath&#233;drale Wawel de Kracovie, site fun&#233;raire des rois et reines polonais, &lt;a href=&quot;http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/europe/20070108.OBS5974/larcheveque_de_varsovie_demissionne.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;d&#233;missionnait&lt;/a&gt; pour la m&#234;me raison. On a alors appris que &lt;a href=&quot;http://www.catho.be/newsletter/e-news_detail.asp?id_n=10699&amp;id_c=147&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Michal Jagosz&lt;/a&gt;, un membre du tribunal du Vatican pour la b&#233;atification du pape Jean-Paul II, est accus&#233; d'&#234;tre un ancien agent secret communiste ; selon les m&#233;dias polonais, il avait &#233;t&#233; recrut&#233; en 1984 avant de quitter la Pologne pour prendre poste au Vatican. Aujourd'hui, un livre est sur le point d'&#234;tre publi&#233; qui identifiera 39 autres pr&#234;tres dont les noms ont &#233;t&#233; trouv&#233;s dans les fichiers de la police secr&#232;te de Kracovie, et dont certains sont actuellement &#233;v&#234;ques. De plus, il semble que cela ne fait qu'effleurer la surface des choses. Une commission sp&#233;ciale va bient&#244;t commencer des investigations sur le pass&#233; de tous les religieux durant l'&#232;re communiste, car des centaines d'autres pr&#234;tres catholiques de ce pays sont soup&#231;onn&#233;s d'avoir collabor&#233; avec la police secr&#232;te. Et il ne s'agit que de la Pologne - les archives du KGB et celles de la police politique du reste de l'ancien bloc sovi&#233;tique restent &#224; ouvrir sur les op&#233;rations men&#233;es contre le Vatican.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans mon autre vie, lorsque j'&#233;tais au centre des guerres de Moscou contre les services secrets &#233;trangers, j'ai moi-m&#234;me &#233;t&#233; impliqu&#233; dans un effort d&#233;lib&#233;r&#233; du Kremlin pour calomnier le Vatican en d&#233;crivant le Pape Pie XII comme un sympathisant nazi au coeur dur. Finalement, l'op&#233;ration n'a pas caus&#233; de dommage durable, mais elle a laiss&#233; un mauvais arri&#232;re go&#251;t dont il est difficile de se d&#233;barrasser. Cette histoire n'a encore jamais &#233;t&#233; racont&#233;e auparavant.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Combattre l'&#201;glise&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En f&#233;vrier 1960, Nikita Khrushchev approuve un plan ultra-secret pour d&#233;truire l'autorit&#233; morale du Vatican en Europe de l'Ouest. L'id&#233;e est n&#233;e du cerveau du patron du KGB Alexandre Shelepin et d'Aleksey Kirichenko, le membre du Politburo responsable des op&#233;rations internationales. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, le KGB avait combattu son &#171; ennemi mortel &#187; en Europe de l'Est, o&#249; le Saint-Si&#232;ge avait &#233;t&#233; cruellement attaqu&#233; comme un rep&#232;re d'espions &#224; la solde de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, et ses repr&#233;sentants sommairement emprisonn&#233;s comme espions. Maintenant, Moscou voulait que le Vatican soit discr&#233;dit&#233; par ses propres pr&#234;tres, sur son propre territoire, en tant que bastion du nazisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Eugenio Pacelli, le Pape Pie XII, fut choisi comme cible principale du KGB, son incarnation du mal, parce qu'il &#233;tait d&#233;c&#233;d&#233; en 1958. &#171; Les morts ne peuvent pas se d&#233;fendre &#187; &#233;tait le dernier leitmotiv du KGB. Moscou venait juste de se faire regarder de travers pour avoir mont&#233; une machination et emprisonn&#233; un pr&#233;lat vivant du Vatican, le cardinal J&#242;zsef Mindszenty, Primat de Hongrie, en 1948. Pendant la r&#233;volution politique hongroise de 1956, il s'&#233;tait &#233;chapp&#233; de sa d&#233;tention et trouva asile &#224; l'ambassade des &#201;tats-Unis de Budapest, o&#249; il commen&#231;a &#224; r&#233;diger ses m&#233;moires. Quand les d&#233;tails de la machination dont il avait &#233;t&#233; victime furent d&#233;voil&#233;e aux journalistes occidentaux, il fut consid&#233;r&#233; par la plupart comme un h&#233;ro et un martyr.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme Pie XII avait &#233;t&#233; le nonce apostolique &#224; Munich et &#224; Berlin lorsque les nazis commenc&#232;rent leur tentative d'acc&#232;s au pouvoir, le KGB a voulu le d&#233;crire comme un antis&#233;mite qui avait encourag&#233; l'Holocauste d'Hitler. La difficult&#233; r&#233;sidait dans le fait que l'op&#233;ration ne devait pas permettre qu'on soup&#231;onne si peu que ce soit l'implication du bloc sovi&#233;tique. Tout le sale boulot devait &#234;tre pris en charge par des mains occidentales en utilisant des preuves venant du Vatican lui-m&#234;me. Cela &#233;viterait de reproduire une autre erreur commise dans le cas Mindszenty, qui avait &#233;t&#233; accus&#233; sur la base de faux documents sovi&#233;tiques et hongrois [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb2-1&quot; name=&quot;nh2-1&quot; id=&quot;nh2-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Le 6 f&#233;vrier 1949, quelques jours seulement avant la fin du proc&#232;s, Hanna (...)' &gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour &#233;viter une nouvelle catastrophe comme celle de Mindszenty, le KGB avait besoin de plusieurs documents originaux du Vatican, m&#234;me n'ayant qu'un lointain rapport avec Pie XII, que les experts en d&#233;sinformation pourrait l&#233;g&#232;rement modifier et projeter sous une &#171; lumi&#232;re appropri&#233;e &#187; pour montrer la &#171; v&#233;ritable image &#187; du Pape. Le probl&#232;me &#233;tait que le KGB n'avait pas acc&#232;s aux archives du Vatican et c'est l&#224; que le DIE dont je faisais partie, les services secrets roumain, entrait en jeu. Le nouveau chef des services secrets sovi&#233;tiques, le g&#233;n&#233;ral Alexandre Sakharovsky avait cr&#233;&#233; le DIE en 1949 et avait &#233;t&#233; jusqu'&#224; peu notre conseiller en chef sovi&#233;tique ; il savait que le DIE &#233;tait en excellente position pour contacter le Vatican et obtenir les autorisations pour faire des recherches dans ses archives. En 1959, quand j'avais &#233;t&#233; affect&#233; &#224; l'Allemagne de l'Ouest sous la couverture de porte-parole de la Mission Roumaine, j'ai organis&#233; un &#233;change d'espions o&#249; deux officiers du DIE (le colonel Gheorghe Horobet et le major Nicolae Ciuciulin), qui avaient &#233;t&#233; pris sur le fait en Allemagne de l'Ouest, ont &#233;t&#233; &#233;chang&#233;s contre l'&#233;v&#234;que catholique Augustin Pacha, emprisonn&#233; par le KGB sur la fausse accusation d'espionnage et qui fut finalement rendu au Vatican via l'Allemagne de l'Ouest.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Infiltrer le Vatican&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Si&#232;ge-12 &#187; &#233;tait le nom de code donn&#233; &#224; cette op&#233;ration contre Pie XII, et j'en devins l'homme-clef en Roumanie. Pour faciliter mon travail, Sakharovsky m'avait autoris&#233; &#224; informer (faussement) le Vatican que la Roumanie &#233;tait pr&#234;te &#224; renouer ses relations interrompues avec le Saint-Si&#232;ge, en &#233;change de l'acc&#232;s &#224; ses archives et d'un pr&#234;t sans int&#233;r&#234;t sur 25 ans d'un milliard de dollars [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb2-2&quot; name=&quot;nh2-2&quot; id=&quot;nh2-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Les relations de la Roumanie avec le Vatican avaient &#233;t&#233; rompues en 1951, (...)' &gt;2&lt;/a&gt;]. L'acc&#232;s aux archives du Pape, devais-je expliquer au Vatican, &#233;tait n&#233;cessaire pour trouver des racines historiques permettant au gouvernement roumain de justifier publiquement son revirement &#224; l'&#233;gard du Saint-Si&#232;ge. Le milliard (non, ce n'est pas une faute typographique), m'a-t-on dit, a &#233;t&#233; mis en jeu pour rendre plus plausible la soi-disant volte-face de la Roumanie. &#171; S'il y a une chose que les moines comprennent, c'est l'argent &#187; faisait remarquer Sakharovsky.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mon implication r&#233;cente dans l'&#233;change de Mgr Pacha contre les deux officiers du DIE m'ouvrit en effet des portes. Un mois apr&#232;s avoir re&#231;u les instructions du KGB, j'ai eu mon premier contact avec un repr&#233;sentant du Vatican. Pour des raisons de confidentialit&#233;, cette r&#233;union &#8212; et la plupart de celles qui ont suivi &#8212; se tint en Suisse dans un h&#244;tel de Gen&#232;ve. J'y fut pr&#233;sent&#233; &#224; un &#171; membre influent du corps diplomatique &#187; qui, m'avait-on dit, avait commenc&#233; sa carri&#232;re en travaillant aux archives du Vatican. Il s'appelait Agostino Casaroli, et j'appris bient&#244;t qu'il &#233;tait effectivement influent. Il me donna sur le champ acc&#232;s aux archives du Vatican, et bient&#244;t, trois jeunes officiers du DIE se faisant passer pour des pr&#234;tres roumains &#233;pluch&#232;rent les archives papales. Casaroli acquies&#231;a aussi &#171; sur le principe &#187; &#224; la demande de Bucarest pour le pr&#234;t sans int&#233;r&#234;t, mais d&#238;t que le Vatican d&#233;sirait y mettre certaines conditions [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb2-3&quot; name=&quot;nh2-3&quot; id=&quot;nh2-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] En 1978, lorsque j&amp;#39;ai quitt&#233; d&#233;finitivement la Roumanie, j&amp;#39;&#233;tais encore en (...)' &gt;3&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant les ann&#233;es 1960 &#224; 1962, le DIE parvint &#224; d&#233;rober des centaines de documents li&#233;s de pr&#232;s ou de loin au pape Pie XII venant des archives du Vatican ou de la biblioth&#232;que apostolique. Tout &#233;tait imm&#233;diatement envoy&#233; au KGB par courrier sp&#233;cial. En r&#233;alit&#233;, aucun document compromettant contre le pontife ne fut trouv&#233; dans tous ces documents photographi&#233;s en secret. Il s'agissait principalement de copies de lettres personnelles et de transcriptions de r&#233;unions et de discours, toutes r&#233;dig&#233;es dans le monotone jargon diplomatique auquel on peut s'attendre. N&#233;anmoins, le KGB continua de demander d'autres documents. Et nous leur en avons envoy&#233;s d'autres.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le KGB produit une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1963, le g&#233;n&#233;ral Ivan Agayant, le c&#233;l&#232;bre chef du d&#233;partement de d&#233;sinformation du KGB, atterrit &#224; Bucarest pour nous remercier de notre aide. Il nous d&#238;t que &#171; Si&#232;ge-12 &#187; avait abouti &#224; une efficace pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre attaquant le pape Pie XII, intitul&#233;e &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Vicaire&lt;/i&gt; (The Deputy), une r&#233;f&#233;rence indirecte au Pape comme repr&#233;sentant du Christ sur Terre. Agayants se vantait d'avoir invent&#233; lui-m&#234;me les grandes lignes de la pi&#232;ce et nous dit qu'elle avait un volumineux appendice de documents r&#233;unis par ses experts gr&#226;ce aux documents que nous avions d&#233;rob&#233;s au Vatican. Agayants nous d&#238;t aussi que le producteur du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vicaire&lt;/i&gt;, Erwin Piscator, &#233;tait un communiste d&#233;vou&#233; qui avait des liens de longue date avec Moscou. En 1929, il avait fond&#233; le Th&#233;&#226;tre Prol&#233;taire &#224; Berlin, puis avait demand&#233; l'asile politique &#224; l'Union Sovi&#233;tique lorsqu'Hitler &#233;tait arriv&#233; au pouvoir, et avait &#171; &#233;migr&#233; &#187; quelques ann&#233;es plus tard aux &#201;tats-Unis. En 1962, Piscator &#233;tait de retour &#224; Berlin Ouest pour produire &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Vicaire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant toutes mes ann&#233;es en Roumanie, j'ai toujours pris ce que me disaient mes patrons du KGB avec pr&#233;caution, parce qu'ils avaient l'habitude de manipuler les faits de mani&#232;re &#224; faire de l'espionnage sovi&#233;tique l'origine de tout. Mais j'avais des raisons de croire les fanfaronnades d'Agayants. C'&#233;tait une l&#233;gende vivante dans le domaine de la d&#233;sinformation. En 1943, alors qu'il r&#233;sidait en Iran, Agayants lan&#231;a un rapport de d&#233;sinformation disant qu'Hitler avait entra&#238;n&#233; une &#233;quipe sp&#233;ciale pour kidnapper le pr&#233;sident Franklin Roosevelt &#224; l'ambassade am&#233;ricaine &#224; Teh&#233;ran, pendant un sommet alli&#233; qui devait s'y tenir. Le r&#233;sultat fut que Roosevelt accepta d'installer son quartier g&#233;n&#233;ral dans une villa &#224; l'int&#233;rieur du p&#233;rim&#232;tre de &#171; s&#233;curit&#233; &#187; de l'ambassade sovi&#233;tique, gard&#233;e par un grosse unit&#233; militaire. Tout le personnel sovi&#233;tique affect&#233; &#224; la villa &#233;tait constitu&#233; d'officiers du renseignement sous couverture qui parlaient anglais mais qui, &#224; de rares exceptions pr&#232;s, l'avaient cach&#233; pour pouvoir &#233;couter ce qui se disait. M&#234;me avec les moyens techniques limit&#233;s de l'&#233;poque, Agayants a &#233;t&#233; capable de fournir heure par heure &#224; Staline des rapports sur ses h&#244;tes am&#233;ricains et britanniques. Ceux-ci aid&#232;rent Staline &#224; obtenir de Roosevelt l'accord tacite de conserver les pays baltes et le reste des territoires occup&#233;s par l'Union Sovi&#233;tique en 1939-40. On raconte qu'Agayants avait aussi incit&#233; Roosevelt &#224; appel&#233; famili&#232;rement Staline &#171; Oncle Joe &#187; pendant le sommet. Selon Sakharovsky, Staline y trouva encore plus de plaisir qu'en ses gains territoriaux. On dit qu'il s'esclama joyeusement &#171; L'infirme est &#224; moi ! &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un an avant la sortie du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vicaire&lt;/i&gt;, Agayants r&#233;ussit un autre coup de ma&#238;tre. Il fabriqua de toutes pi&#232;ces un manuscrit con&#231;u pour convaincre l'Occident que le Kremlin avait profond&#233;ment une haute opinion des Juifs ; il fut publi&#233; en Europe de l'ouest avec un grand succ&#232;s populaire, sous le titre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Notes for a journal&lt;/i&gt;. Le manuscrit fut attribu&#233; &#224; Maxim Litvinov [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb2-4&quot; name=&quot;nh2-4&quot; id=&quot;nh2-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] NdT : voir la revue fran&#231;aise de science politique .' &gt;4&lt;/a&gt;] n&#233; Meir Walach, un ancien commissaire sovi&#233;tique aux affaires &#233;trang&#232;res, qui avait &#233;t&#233; limog&#233; en 1939 lorsque Staline a purg&#233; son appareil diplomatique des Juifs en pr&#233;paration du pacte de &#171; non agression &#187; avec Hitler [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb2-5&quot; name=&quot;nh2-5&quot; id=&quot;nh2-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Le pacte de non agression entre Staline et Hitler fut sign&#233; le 23 ao&#251;t (...)' &gt;5&lt;/a&gt;]. Ce livre d'Agayants &#233;tait si parfaitement contrefait que l'historien britannique sp&#233;cialiste de la Russie sovi&#233;tique le plus &#233;minent, Edward Hallet Carr, fut totalement convaincu de son authenticit&#233; et en &#233;crivit m&#234;me la pr&#233;face [&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nb2-6&quot; name=&quot;nh2-6&quot; id=&quot;nh2-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] Carr a &#233;crit une histoire de la Russie sovi&#233;tique en dix volumes.' &gt;6&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Vicaire&lt;/i&gt; vit le jour en 1963 comme le travail d'un allemand de l'ouest inconnu nomm&#233; Rolf Hochhuth, sous le titre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Der Stellvertreter christliches Trauerspiel&lt;/i&gt; (Le Vicaire, une trag&#233;die chr&#233;tienne). Sa th&#232;se centrale &#233;tait que Pie XII avait soutenu Hitler et encourag&#233; l'Holocauste. Elle provoqua imm&#233;diatement une grande controverse sur Pie XII, qui &#233;tait d&#233;crit comme un homme froid et sans c&#339;ur plus pr&#233;occup&#233; par les propri&#233;t&#233;s du Vatican que par le sort des victimes d'Hitler. Le texte original est une pi&#232;ce de huit heures, termin&#233;e par 40 &#224; 80 pages (selon l'&#233;dition) de ce que Hochhuth appelait &#171; documentation historique &#187;. Dans un article de journal publi&#233; en Allemagne en 1963, Hochhuth d&#233;fend son portrait de Pie XII en disant : &#171; Les faits sont l&#224; : quarante pages serr&#233;es de documentation dans l'appendice de ma pi&#232;ce. &#187; Dans une interview radiophonique donn&#233;e &#224; New York en 1964, lorsque &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Vicaire&lt;/i&gt; y fut jou&#233; pour la premi&#232;re fois, Hochhuth dit : &#171; J'ai trouv&#233; n&#233;cessaire d'ajouter &#224; la pi&#232;ce un appendice historique, cinquante &#224; quatre-vingt pages (selon la taille de l'impression). &#187; Dans l'&#233;dition originale, l'appendice est intitul&#233;e &#171; Historische Streiflichter &#187; (&#233;clairage historique). &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Vicaire&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; traduit en pr&#232;s de 20 langues, coup&#233; drastiquement et l'appendice souvent omise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant d'&#233;crire &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Vicaire&lt;/i&gt;, Hochhuth, qui n'avait pas le baccalaur&#233;at (Abitur), avait travaill&#233; &#224; diff&#233;rents postes insignifiants pour la maison d'&#233;dition Bertelsmann. Dans des interviews, il d&#233;clarait qu'il avait pris un cong&#233; en 1959 pour aller &#224; Rome o&#249; il passa trois mois &#224; parler aux gens puis &#224; r&#233;diger la premi&#232;re &#233;bauche de la pi&#232;ce, et o&#249; il posa &#171; une s&#233;rie de questions &#187; &#224; un &#233;v&#234;que dont il refusait de dire le nom. Tr&#232;s peu vraisemblable ! &#192; peu pr&#232;s au m&#234;me moment, je rendais des visites r&#233;guli&#232;res au Vatican comme messager accr&#233;dit&#233; d'un chef d'&#201;tat, et je n'ai jamais pu entra&#238;ner dans un coin un quelconque &#233;v&#234;que bavard &#8212; et ce n'est pas faute d'avoir essay&#233;. Les officiers clandestins du DIE que nous avions infiltr&#233;s au Vatican rencontr&#232;rent aussi des difficult&#233;s insurmontables pour p&#233;n&#233;trer dans les archives secr&#232;tes du Vatican, alors m&#234;me qu'ils avaient une couverture de pr&#234;tres en b&#233;ton.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant mes derniers jours au DIE, si je demandais &#224; mon chef du personnel, le g&#233;n&#233;ral Nicolae Ceausescu (le fr&#232;re du dictateur), de me donner un r&#233;capitulatif du dossier d'un subordonn&#233;, il me demandait &#224; chaque fois &#171; Promotion ou d&#233;ch&#233;ance ? &#187; Pendant ses dix premi&#232;res ann&#233;es, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Vicaire&lt;/i&gt; eu plut&#244;t pour effet le d&#233;ch&#233;ance du Pape. La pi&#232;ce suscita une rafale de livres et d'articles, certains accusant et d'autres d&#233;fendant le pontife. Certains all&#232;rent jusqu'&#224; rejeter la responsabilit&#233; des atrocit&#233;s d'Auschwitz sur les &#233;paules du pape, certains d&#233;molirent m&#233;ticuleusement les arguments de Hochhuth, mais tous contribu&#232;rent &#224; attirer l'attention qu'on portait alors &#224; cette pi&#232;ce plut&#244;t snob. Aujourd'hui, beaucoup de personnes qui n'ont jamais entendu parl&#233; du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vicaire&lt;/i&gt; sont sinc&#232;rement convaincues que Pie XII &#233;tait un homme froid et m&#233;chant qui d&#233;testait les Juifs et aida Hitler &#224; s'en d&#233;barrasser. Comme avait l'habitude de me dire Yuri Andropov, l'incomparable ma&#238;tre de la tromperie sovi&#233;tique, les gens sont plus prompts &#224; croire la salet&#233; que la saintet&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les mensonges d&#233;voil&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vers le milieu des ann&#233;es 1970, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Vicaire&lt;/i&gt; commen&#231;a &#224; s'essouffler. En 1974, Andropov nous avoua que si l'on avait su alors ce qu'on sait aujourd'hui, nous n'aurions jamais d&#251; nous en prendre &#224; Pie XII. Ce qui fit alors la diff&#233;rence fut la parution de nouvelles informations montrant qu'Hitler, loin d'&#234;tre ami avec Pie XII, avait en fait conspir&#233; contre lui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques jours seulement avant l'aveu d'Andropov, l'ancien commandant supr&#234;me de l'escadron SS en Italie pendant la Seconde Guerre Mondiale, le g&#233;n&#233;ral Karl Friedrich Otto Wolff, &#233;tait relach&#233; de prison et confessait qu'en 1943, Hitler lui avait donn&#233; l'ordre d'enlever le pape Pie XII au Vatican. Cet ordre &#233;tait si confidentiel qu'il n'est jamais apparu apr&#232;s la guerre dans aucune archive nazie ni n'est ressorti d'aucun interrogatoire par les alli&#233;s des officiers SS et de la Gestapo. Dans sa confession, Wolff d&#233;clare qu'il avait r&#233;pondu &#224; Hitler qu'il lui faudrait six semaines pour mettre l'ordre &#224; ex&#233;cution. Hitler, qui rendait responsable le pape du renversement du dictateur italien Benito Mussolini, voulait que ce soit fait sur le champ. Finalement, Wolff persuada Hitler que les cons&#233;quences d'un tel plan seraient tr&#232;s n&#233;gative et le F&#252;rher y renon&#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est seulement dans l'ann&#233;e 1974 que le cardinal Mindszenty publia ses m&#233;moires, qui d&#233;crivaient avec force d&#233;tails le coup mont&#233; dans dont il avait &#233;t&#233; victime dans la Hongrie communiste. Sur la foi de documents fabriqu&#233;s, il fut accus&#233; de &#171; trahison, abus de devises &#233;trang&#232;res et conspiration &#187;, accusations &#171; toutes punissables de mort ou d'emprisonnement &#224; vie &#187;. Il d&#233;crivit aussi comment ses &#171; confessions &#187; falsifi&#233;es prirent vie d'elles-m&#234;mes. &#171; Il me semblait que tout le monde reconna&#238;trait imm&#233;diatement que ce document &#233;tait une grossi&#232;re contrefa&#231;on, tellement il &#233;tait l'&#339;uvre d'un esprit maladroit et inculte &#187; &#233;crit le cardinal. &#171; Mais quand par la suite j'ai pris connaissance des livres, journaux et magazines &#233;trangers qui parlaient de mon affaire et commentaient mes &quot;confessions&quot;, j'ai r&#233;alis&#233; que le publique avait d&#251; conclure que la &quot;confession&quot; avait bien &#233;t&#233; &#233;crite par moi, bien que dans un &#233;tat de semi-conscience et sous l'influence d'un lavage de cerveau... Que la police ait publi&#233; un document qu'ils avaient eux-m&#234;mes cr&#233;&#233; paraissait finalement trop gros pour &#234;tre cru. &#187; De plus, Hanna Sulner, l'expert en graphologie hongroise utilis&#233;e pour circonvenir le cardinal, qui s'est &#233;chapp&#233;e &#224; Vienne, a confirm&#233; qu'elle avait fabriqu&#233; de toutes pi&#232;ces la &#171; confession &#187; de Mindszenty.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques ann&#233;es plus tard, le pape Jean-Paul II ouvrit le proc&#232;s en canonisation de Pie XII, et les t&#233;moins du monde entier ont implacablement prouv&#233; que Pie XII &#233;tait un ennemi d'Hitler, et non un ami. Israel Zoller, le grand rabbin de Rome entre 1943 et 1944, lorsqu'Hitler reprit la ville, consacra un chapitre entier de ses m&#233;moires &#224; louer le gouvernement de Pie XII. &#171; Le Saint P&#232;re r&#233;digea de sa main une lettre aux &#233;v&#234;ques leur donnant l'instruction renforcer les barri&#232;res des couvents et monast&#232;re, afin qu'ils puissent devenir des refuges pour les Juifs. Je connais un couvent o&#249; les soeurs dorment dans la cave pour donner leurs lits aux r&#233;fugi&#233;s juifs. &#187; Le 25 juillet 1944, Zoller a &#233;t&#233; re&#231;u par le pape Pie XII. Les notes prises par le secr&#233;taire d'&#201;tat [NdT : en fait pro-secr&#233;taire d'&#201;tat] du Vatican Giovanni Battista Montini (qui deviendra le pape Paul VI) montrent que Rabbi Zoller remerciait le Saint P&#232;re pour tout ce qu'il avait fait pour la communaut&#233; juive de Rome &#8212; et ces remerciements furent retransmis &#224; la radio. Le 13 f&#233;vrier 1945, Rabbi Zoller &#233;tait baptis&#233; par l'&#233;v&#234;que auxiliaire de Rome Luigi Traglia dans l'&#233;glise Sainte Marie des Anges. Pour exprimer sa gratitude envers Pie XII, Zoller prit le nom chr&#233;tien d'Eugenio (le nom du pape). Un an plus tard, la femme et la fille de Zoller furent aussi baptis&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;David G. Dalin, dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/The_Myth_of_Hitler%27s_Pope&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Le mythe du pape d'Hitler : Comment le pape Pie XII a sauv&#233; des Juifs des nazis&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, publi&#233; il y a quelques mois, a rassembl&#233; d'autres preuves incontestables de l'amiti&#233; d'Eugenio Pacelli pour les Juifs qui a commenc&#233; bien avant qu'il ne soit pape. Au d&#233;but de la Seconde Guerre Mondiale, la premi&#232;re encyclique du pape Pie XII &#233;tait tellement anti-hitl&#233;rienne que la Royal Air Force et l'Arm&#233;e de l'Air fran&#231;aise en ont l&#226;ch&#233; 88.000 exemplaires au-dessus de l'Allemagne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Durant les 16 derni&#232;res ann&#233;es, la libert&#233; de religion a &#233;t&#233; restaur&#233;e en Russie et une nouvelle g&#233;n&#233;ration s'est battu pour d&#233;velopper une nouvelle identit&#233; nationale. On peut seulement esp&#233;rer que le pr&#233;sident Vladimir Poutine prendra conscience de l'utilit&#233; d'ouvrir les archives du KGB et de les &#233;taler au grand jour pour que tout le monde puisse voir comment les communistes ont calomni&#233; l'un des plus grand papes du si&#232;cle dernier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh2-1&quot; name=&quot;nb2-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 2-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Le 6 f&#233;vrier 1949, quelques jours seulement avant la fin du proc&#232;s, Hanna Sulner, l'experte en graphologie hongroise qui avait fabriqu&#233; les &#171; preuves &#187; utilis&#233;es contre le cardinal s'est &#233;chapp&#233; &#224; Vienne et a montr&#233; des microfilms des &#171; documents &#187; sur lesquels le proc&#232;s &#233;tait fond&#233;, qui &#233;taient tous des documents fabriqu&#233;s, &#171; certains ostensiblement dans les mains du cardinal, d'autre portant sa soi-disant signature &#187;, produit par elle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh2-2&quot; name=&quot;nb2-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 2-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Les relations de la Roumanie avec le Vatican avaient &#233;t&#233; rompues en 1951, lorsque Moscou avait accus&#233; la nonciature apostolique de Roumanie d'&#234;tre la couverture d'un avant-poste de la CIA et avait ferm&#233; ses bureaux. Les locaux de la nonciature &#224; Bucarest sont devenus ceux du DIE, et abritent aujourd'hui une &#233;cole de langues &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh2-3&quot; name=&quot;nb2-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 2-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] En 1978, lorsque j'ai quitt&#233; d&#233;finitivement la Roumanie, j'&#233;tais encore en train de n&#233;gocier ce pr&#234;t, qui s'&#233;tait alors r&#233;duit &#224; 200 millions de dollars.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh2-4&quot; name=&quot;nb2-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 2-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] NdT : voir &lt;a href=&quot;http://www.persee.fr/showPage.do?urn=rfsp_0035-2950_1956_num_6_1_402683_t1_0194_0000_000&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la revue fran&#231;aise de science politique&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh2-5&quot; name=&quot;nb2-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 2-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Le pacte de non agression entre Staline et Hitler fut sign&#233; le 23 ao&#251;t 1939 &#224; Moscou. Il contenait un protocole secret qui partageait la Pologne entre les deux signataires et donnait aux sovi&#233;tiques le champ libre en Estonie, L&#233;tonie, Finlande, Bessarabie et la Bukovine du Nord&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://meurgues.fr/spip/#nh2-6&quot; name=&quot;nb2-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;info notes 2-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] Carr a &#233;crit une histoire de la Russie sovi&#233;tique en dix volumes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;Le g&#233;n&#233;ral Ion Mihai Pacepa est le plus haut grad&#233; de tous les espions qui ont jamais fuit le bloc sovi&#233;tique. Son livre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Red Horizons&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; publi&#233; dans 27 pays.
Cet article est la traduction d'&lt;a href=&quot;http://article.nationalreview.com/?q=YTUzYmJhMGQ5Y2UxOWUzNDUyNWUwODJiOTEzYjY4NzI&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;un article de National Review Online&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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